Carrie : un film sur l’horreur d’être une femme ? (Carrie au bal du diable, Brian de Palma, 1976)

Nous sommes au mois d’octobre, qui dit octobre dit Halloween, et qui dit Halloween dit film d’horreur. Et même quand cela fait (littéralement) des mois que la Question du Vendredi Soir est resté sans nouvel article, c’est une occasion que l’on ne peut absolument pas manquer. 

Ainsi donc, bonjour / bonsoir chers lecteur·ice·s, il est l’heure de parler d’un film d’horreur… Qui ne fait pas vraiment peur, ok, j’avoue. Qui est absolument génial par définition, car réalisé par Brian de Palma (aussi connu en ces contrées sous le nom de Baerian, comme vous l’avez peut-être lu dans notre article sur Blow Out), mais qui ne fait pas vraiment peur ; ou du moins pas à tout le monde.

Carrie au bal du diable, ou plus simplement Carrie dans la langue de Stephen King, est justement la première d’une longue série d’adaptations cinématographiques d’un roman dudit Stephen King. Il s’agit de l’histoire d’une jeune femme qui se fait rejeter par ses camarades de classe à l’école parce qu’elle est jugée étrange, et qui vit avec sa mère intégriste religieuse chrétienne qui la punit parce qu’elle commence sa puberté… Et comme il s’agit de Stephen King, elle a aussi des pouvoirs télékinétiques. Vous êtes prêt·e·s à aller plus loin ?

                …

Je prends ça comme un oui !

Le problème avec Stephen King

Autant commencer par les sujets qui fâchent : Stephen King ne fait pas peur. Ou plutôt, Stephen King ne fait pas peur au cinéma, à moins d’un travail d’adaptation monumental qui n’a été fait à mon sens que par Kubrick jusqu’ici. Et malheureusement, même Brian de Palma (qui a, vous devez le savoir, sauvé Star Wars en mangeant des dumplings) n’a pas réussi à faire de miracles sur ce point.

Je pense que la phobie ultime de Stephen King, ce sont les lances à incendie qui prennent vie. Ici dans Carrie, avec un bel exemple du split screen si cher à De Palma.

C’est en grande partie ce qui me fait dire que Carrie n’est pas effrayant : la plupart des éléments d’horreurs sont censés venir du fait que l’héroïne est télékinésiste, c’est-à-dire qu’elle peut bouger des objets par la force de sa pensée. Ainsi, elle va casser un cendrier, un miroir, lancer des couteaux, et faire s’animer une lance à incendie. Et malheureusement, cela ne fait pas peur : peut-être sommes-nous trop habitués par le cinéma à voir de tels effets, je ne sais pas, après tout on a tous été gavés de tellement de Harry Potter il y a quelques années que tout ce qui s’approche de près ou de loin à de la magie est vu comme inoffensif. Donc autant le dire clairement : si vous cherchiez du frisson, ce n’est pas Carrie que vous avez envie de voir.

Scène de danse au bal de promo, Carrie, Brian de Palma (1976)
Tommy et Carrie ont l’air ici seuls au monde (alors qu’ils sont entourés de leurs camarades), mais le mouvement de la caméra leur interdit toute issue.

Ce n’est as pour autant que cela en fait un mauvais film : il y a des plans absolument géniaux dans ce film. Ce sont ceux qui servent à faire monter la tension chez le spectateur, qui laissent sentir que quelque chose va arriver. Je pense au moment où Carrie danse au bal de promo avec Tommy, où la caméra est en contre-plongée, les personnages ont l’air seuls au monde, mais la caméra les enferme dans un mouvement circulaire qui dure juste un peu trop longtemps, ce qui fait comprendre que le bal de Carrie n’aura pas une fin heureuse. Lorsque notre héroïne rentre chez elle après le bal : la caméra la filme entrer dans sa maison qui la domine totalement, on la voit se rendre à la salle de bain, on devine sa mère qui se cache dans la maison, et de même, tous ces plans durent juste assez longtemps pour donner un sentiment de malaise au spectateur.

Sue devant le panneau "A vendre" de ce qu'était la maison de Carrie.
Il s’agit d’une scène onirique, dans laquelle Sue porte une robe virginale ; et on peut noter le panneau « A vendre » qui prend la forme d’une croix.

Et enfin, pour finir avec les scènes qui parviennent à donner la chair de poule, impossible de ne pas mentionner la fin du film. Sue (jouée par Amy Irving), qui avait fini par avoir pitié de Carrie au point de renoncer au bal de promo pour lui permettre d’y aller, se rend en rêve là où la maison de sa camarade de classe la tenait pour déposer des fleurs au pied d’un panneau qui perpétue les insultes à l’encontre de Carrie même après sa disparition. Tout ce qui récompense Sue, cependant, pour cette gentillesse trop tardive, et ce soutien trop faible, c’est la main décharnée de Carrie qui sort du sol pour s’emparer de son bras, comme pour l’attirer elle aussi dans son malheur.

La puberté, ou l’horreur d’être une femme en société

Cette dernière scène m’amène au cœur du sujet : l’horreur dans Carrie ne réside absolument pas dans ses visuels, ou dans des péripéties qui seraient horrifiques. Il s’agit d’un film placé sous le signe de la puberté (ce qui en soi est bien assez terrifiant), de ce que cela représente pour une jeune femme, et du cercle vicieux que représentent les femmes de l’entourage à ce moment-là. Attention, on va parler menstrues.

Scène des vestiaires des filles et générique de début, Carrie, Brian de Palma (1976)
Les crédits de début de film passent sur fond de voyeurisme dans les vestiaires des filles, parce que Brian de Palma veut vous rappeler une chose : en tant que spectateur de cette histoire, vous vous comportez également en voyeur.

Le film commence sur une scène de harcèlement scolaire : après leur cours de sport, les filles vont aux vestiaires et à la douche, non sans avoir déjà rappelé à Carrie à quel point elle était méprisée en lui envoyant une balle au visage. La jeune fille semble habituée à ces comportements, et on la retrouve sous la douche, seule, où de Palma la filme tout en sensualité mais également comme la jeune fille innocente qu’elle est, et c’est là que le malheur arrive. Carrie a ses premières règles : mais elle ne sait pas ce dont il s’agit, elle pense qu’elle est en train de mourir, elle prend peur, et ses camarades se moquent d’elle, une fois de plus, tandis qu’elle est recroquevillée sous la douche, visiblement en pleine crise de panique. Si vous aviez besoin de plus clair pour comprendre que le film va traiter de la puberté et du rapport difficile aux pairs au cours de cette période, je ne sais pas ce qu’il vous faut.

Carrie se fait jeter des serviettes hygiéniques au visage.
Cette scène est également à mettre en parallèle avec la scène de fin : ici, Carrie est filmée assise et en plongée, et est victime du harcèlement de ses camarades, là où à la fin, quand elle est couverte de sang des pieds à la tête, elle est filmée debout et en contre-plongée (ce qui donne l’impression qu’elle domine totalement la salle).

En effet, cette première scène des vestiaires nous montre les camarades de Carrie, menées par Chris (interprétée par la ô combien magnifique Nancy Allen #WomanCrush), qui lui jettent au visage des protections hygiéniques en se moquant de son ignorance. On y voit également la prof de sport qui intervient pour s’agacer de cette naïveté constante de Carrie, et de son incapacité à se calmer face à un phénomène absolument naturel, et qui lui semble banal. On comprend ainsi que Carrie, qui est ostracisée par rapport à son étrangeté, va représenter la jeune femme étrangère à son propre corps au moment où celui-ci commence à changer, et qui pourtant subit les injonctions à l’accepter tel quel.

Ceci est exacerbé par le fait que le bal de promotion approche à grands pas, et qu’il s’agit pour les camarades de Carrie de l’événement le plus important de leurs jeunes vies, semble-t-il : et évidemment, Carrie n’y est pas invitée, ce qui est une autre source de moqueries. Cela touche énormément la prof de sport, et celle-ci encourage Carrie à se faire plus jolie et désirable pour la gent masculine, au prétexte qu’elle est désormais pubère. La jeune fille se prend au jeu, d’autant que l’un de ses camarades de classe ne la laisse pas indifférente : surtout, elle a envie de s’intégrer, d’avoir des amis, et en somme de faire partie de ce groupe qui semble alors potentiellement s’ouvrir à elle.

Chris face à la prof de sport.
Chris, étant la fille la plus populaire du lycée, n’a pas l’habitude qu’on la contredise ou qu’on lui refuse quoi que ce soit.

Sue, que j’ai évoquée plus haut, se veut bienveillante elle aussi, parce que Carrie lui fait pitié. Elle demande alors à son petit ami et cavalier Tommy de demander à Carrie de l’accompagner au bal, acceptant de sacrifier ce moment afin de permettre à sa camarade de le vivre, elle qui n’a jamais vraiment connu d’adolescence. Ceci met Chris, la fille la plus populaire de l’école, en rage, d’autant que son refus de se montrer gentille envers Carrie et de faire ses heures de colle pour l’avoir harcelée dans les vestiaires lui ont valus d’être privée de bal de fin d’année. La jalousie de Chris la pousse à se venger, ce qui mène à la célèbre scène où Carrie reçoit un seau de sang de porc en même temps que sa couronne de reine du bal.

« AAAAH NON PAS LE PREMIER JOUR DES REGLES ! » (Je ne suis pas désolée.)

Ainsi, la cause de son horreur au début du film, le sang, le termine aussi : sauf que là où les règles peuvent rester cachées, elles sont ici révélées au grand jour. Carrie qui devient reine du bal devient également aux yeux de tous et de façon évidente et humiliante une femme : et les yeux qui se posent sur elle au moment de cette révélation semblent lui vouloir du mal, la juger, ou être moqueurs. C’est ce qui va mener Carrie au massacre de ses camarades et professeurs, mais ce n’est pas ça le point important.

En effet, cet aspect du regard des autres qui vient juger la jeune femme pubère est à mon sens bien plus important : j’irai même jusqu’à refaire comme dans Mad Max : Fury Road et à parler d’un problème de patriarcat, ici. Carrie, quand elle est une enfant (non pubère), est jugée parce qu’elle n’est pas une femme : quand il apparaît évident qu’elle est une femme, elle subit un autre type de pression, parce qu’il aurait mieux valu qu’elle reste une enfant. Carrie (mais cela peut s’étendre aux jeunes femmes en général) se retrouve ainsi dans un entre-deux dont elle ne peut pas sortir : et c’est d’autant plus terrible que ce sont en fait des femmes qui l’y maintiennent, et qui s’y trouvent également. On a ainsi Chris, l’archétype de la poupée par excellence ; la prof de sport qui, et c’est sous-entendu par son métier, est enfermée dans un modèle du corps parfait ; mais également, et peut-être surtout, la mère de Carrie.

La prof de sport dit à Carrie qu'elle doit faire plus attention à son apparence.
La prof de sport est par ailleurs un personnage assez sympathique du film, dont on a l’impression qu’elle ne demande qu’à aider Carrie et lui donner confiance en elle. Mais notez comme sa main se resserre autour de la chevelure de l’héroïne : si le miroir montre une figure souriante et rassurante, la caméra révèle également la pression que celle-ci exerce.

L’impossible contrôle du corps

Mrs White, interprétée par Piper Laurie, est par ailleurs l’un des personnages les plus impressionnants que vous verrez dans un film (parce qu’évidemment, vous allez voir ce film.)

Il faut en effet ajouter à ce tableau la touche finale : la mère de Carrie, qui lui donne des injonctions contraires. Mrs. White est un personnage de chrétienne intégriste, qui fait du porte à porte pour prêcher la bonne parole à ses voisins, et qui se montre extrêmement sévère envers sa fille, en prétendant qu’elle ne cherche qu’à la protéger (ce qui pourrait bien être vrai, d’une certaine façon). Quand l’école de Carrie l’appelle pour lui annoncer que sa fille a ses règles, et qu’il serait bon de lui en parler, celle-ci accueille sa fille avec beaucoup de colère et de déception.

Elle espérait en effet faire de Carrie une seconde Marie : elle l’accueille d’un ton sévère en lui annonçant « you’re a woman now » (« Tu es une femme, maintenant »), avant de lui faire répéter la faiblesse d’Eve à multiple reprises. Elle explique en effet à sa malheureuse fille, qui ne cesse de lui demander pourquoi elle ne l’a jamais prévenue et de lui dire qu’elle avait eu peur, que sa puberté ne serait jamais arrivée si elle n’avait pas eu de pensée impure, à l’image d’Eve. Mrs. White traite donc pour le reste du film sa fille comme une condamnée : elle la force d’autant plus à la prière qu’il s’agirait de sa seule chance de rédemption pour le péché d’être une femme.

D’ailleurs, j’en profite pour vous transmettre un petit #RandomBitOfKnowledge à ce sujet : si Eve est associée aux menstrues, par opposition, le personnage de Marie est associée au lait maternel, jugé plus pur. Et sa pureté est également soulignée dans plusieurs textes religieux gallois (et sûrement d’autres provenances, mais c’est hors de mon domaine) par le fait qu’elle n’a pas de menstrues, puisque celles-ci seraient le résultat direct de la punition d’Eve pour avoir commis le péché originel.
Mrs. White s'apprêtant à poignarder Carrie dans le dos.
Et cette tentative de meurtre nous vaut encore une fois un plan magnifique, parce que Brian de Palma.

Les choses empirent donc, puisque Carrie demande ensuite à aller au bal de promo, et parle de son cavalier en disant que c’est un gentil garçon : Mrs. White désespère de voir sa fille non seulement touchée par le péché originel, mais en plus de la voir lui résister, ce qui lui fait songer qu’elle est définitivement condamnée. La robe rose de Carrie se transforme en robe évidemment rouge aux yeux de sa mère (ce qu’elle deviendra quelques scènes plus tard), symbole encore une fois que sa fille est une nouvelle Eve à ses yeux. La mère se résout à tuer sa fille lorsque celle-ci rentre de sa soirée.

C’est au moment de la tentative de meurtre que l’on nous donne la raison pour laquelle Mrs. White est si obsédée par la puberté de sa fille qu’elle vit comme une malédiction. On apprend en effet que Carrie est née d’un viol conjugal, dans lequel Mrs. White estime avoir une part de responsabilité, puisqu’elle a aimé cette étreinte forcée. Carrie était déjà un symbole constant de cette impureté qu’elle n’a eu de cesse d’essayer de laver en devenant pieuse, et en empêchant sa fille de faire les mêmes erreurs : il y a pour Mrs. White cette horreur de se rendre compte alors que le genre féminin est bel et bien condamné, en accord avec ce qu’elle interprète de la Bible. Sous-jacent est le rejet des hommes, mais plus parce qu’ils accompagnent le péché que parce qu’ils le provoquent, ou parce qu’ils violent. Au cours d’un dialogue, la mère déclare en effet « qu’après le sang viennent les garçons » : il est assez évident qu’à son sens, et malgré ce qu’elle a vécu avec le père de Carrie, c’est d’abord le péché de la femme (« la, » puisqu’il s’agit des femmes aussi bien que d’Eve ici) qui entraîne celui de l’homme, exactement comme dans la Genèse.

Plus troublant encore, le fait que la mère meure dans une position à mi-chemin entre le Christ en croix et la représentation de Saint Sébastien (patron pour l’Eglise catholique de la mort sainte, entre autres) présente dans le film. Je mets l’image ici, mais je n’ai pas vraiment d’interprétation intéressante à ce sujet, donc si vous en avez une, les commentaires sont ouverts !

Ce qui peut être troublant, c’est que même si Carrie tue sa mère avec ses pouvoirs télékinétiques dans le but de se défendre, le film pourrait donner l’impression de donner raison à Mrs. White. Carrie tombe dans les bras de sa mère en lui disant qu’elle avait raison ; Chris, qui est l’agent du malheur de Carrie, est un personnage hypersexualisé, qui obtient des faveurs des hommes (en la personne de Bobby) à travers un chantage érotique ; la fin tragique du film vient du fait que l’héroïne est tombée sous le charme de son cavalier de bal. Enfin, lorsque la maison s’effondre en réponse à la détresse de Carrie, celle-ci amène sa mère dans son « placard à prière » (où elle est enfermée plusieurs fois dans le film avec une statue de Saint Sébastien), au moment où la maison s’enfonce dans le sol ; le panneau « à vendre » à la fin du film, que j’évoquais en parlant de la dernière scène avec Sue, indique d’ailleurs que Carrie serait désormais en Enfer, et le sort réservé à tous les personnages du film qui étaient en désaccord avec les idées de la mère n’est pas plus heureux que celui de cette dernière.

Pourtant, je pense qu’il faut y voir une réflexion sur la vertu du juste milieu : d’un côté, à l’école, les pairs exigent de la jeune fille pubère qu’elle soit attirante et désirable ; de l’autre, sa mère exige qu’elle demeure pure, et ne soit ainsi jamais femme. Au milieu, Carrie n’est qu’une victime : des deux côtés on lui demande de contrôler son corps, et elle se plie alternativement à ces deux injonctions contraires, sans qu’aucune ne convienne, puisque son corps de femme n’est pas pliable à sa volonté.

La première chose que Carrie fait en rentrant chez elle, c’est prendre un bain pour se laver du sang et du massacre à la fois – ce qui créé un parallèle avec la scène sous la douche, où le sang la « salit » pour la première fois, et permet ainsi au film de se diriger vers sa conclusion.

Cela peut expliquer le parallèle avec ses pouvoirs télékinétiques, sur lesquels elle va se renseigner à la bibliothèque pour tenter de les maîtriser : cela peut n’apparaître que comme un élément permettant d’amener le final spectaculaire du film, mais je pense qu’il y a plus à y voir. Carrie est en effet probablement née avec ces pouvoirs, même s’ils ne se manifestent qu’à l’adolescence : elle n’y peut rien. De façon intéressante, à la fin du film, elle perd symboliquement tout contrôle de son corps, avec la révélation symbolique et publique de ses règles, alors qu’elle montre sa maîtrise de la télékinésie pour se venger de ses camarades. Sauf qu’aucun des deux éléments n’est positif : évidemment, la honte que le sang sur elle provoque ne pouvait pas l’être, mais le fait de massacrer des centaines de personne est également traumatique pour elle.

Il n’y a donc pas vraiment de « méchant » à chercher dans Carrie : ce n’est sûrement pas Carrie elle-même (comme certaines affiches peuvent le laisser croire) ; ce ne sont pas ses camarades ainsi que ses professeurs (qui sont également victimes de ce qu’ils lui imposent, puisqu’ils en meurent et / ou en deviennent fous, à l’instar de Sue) ; ce n’est pas non plus sa mère ou la religion de celle-ci, puisque Mrs. White est également une victime du fait de son corps de femme, puisqu’elle a été violée pour cela, et la religion n’est que ce qui lui permet de faire du sens de cette agression, qui l’a laissée traumatisée – ce qu’elle rejette sur sa fille, presque involontairement.

C’est là toute l’horreur de Carrie : j’ai vu beaucoup de personnes, et notamment des femmes, qui disaient que loin de faire peur, le film leur avait plutôt inspiré beaucoup de tristesse. Mais pour quelle raison, si ce n’est que le film n’est que le miroir grossissant d’un phénomène que nous avons vécu, et d’injonctions que nous avons intériorisées ?

Je pouvais pas vous laisser partir sans vous montrer cette photo de Brian de Palma pleine de petites étoiles qui brillent.

Manon.


Crédit images

Stanley Kubrick, The Shining, Warner Bros., 1980.

Brian de Palma, Carrie, United Artists, 1976.

Leonard de Vinci, Madonna Litta, Hermitage Museum Saint Petersburg, c.1490-1.

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