Baby Driver – Le billet du mercredi

Quatre ans après la sortie du Dernier Pub avant la fin du monde et la fin de sa trilogie du Cornetto, Edgar Wright nous revient avec son dernier bébé (pun intended), Baby Driver. Il s’éloigne pour cela quelque peu du genre de la comédie : cela lui réussit-il ?

Oui, cent fois oui, et on ne peut que vous conseiller d’aller le voir, vous passerez forcément un bon moment, voilà, des bisous.

Vous êtes encore là ? Bon, d’accord, on va aller un peu plus loin.

Bon, Baby joue avec des voitures bien plus grosses pendant tout le film, mais ce plan est magnifique.

Baby Driver, c’est l’histoire d’un adolescent qui travaille malgré lui avec des braqueurs de banque qui mettent à profit son talent monstrueux pour la conduite. Il a pour particularité supplémentaire le fait de souffrir d’acouphènes depuis l’enfance, ce qui le mène à vivre avec de la musique dans les oreilles en permanence : et c’est là que le génie d’Edgar Wright intervient.

Et je ne parle pas de la scène de course poursuite en elle-même, qui alterne plans à l’intérieur et à l’extérieur de la voiture en jouant énormément des rétroviseurs, en utilisant ceux-ci comme un vrai conducteur de la vie réelle (j’insiste) le ferait pour surveiller où en sont ses poursuivants. Autant dire que ça n’a pas aidé mes problèmes de conduite, entre ça et Mad Max.

La musique est présente tout au long du film, mais ce n’est ni étonnant, ni la première fois qu’un réalisateur a l’idée de le faire : par contre, que chaque scène soit chorégraphiée très précisément par rapport aux chansons qui passent, sans qu’il ne s’agisse jamais de danse, c’est quelque chose qu’on a beaucoup moins vu, et c’est très impressionnant. Le film débute sur une course poursuite, et en plus d’être excellente, celle-ci est parfaitement calée sur ce que Baby a dans les oreilles à ce moment-là : et surtout, elle donne le ton pour tout ce qui va suivre. Parce que oui, toute la musique que l’on entend dans Baby Driver (et je ne pense pas exagérer en disant cela) est intra-diégétique, évidemment, sinon ce n’est pas drôle.

L’idée de caler le rythme de l’action sur une musique présente dans l’univers du film n’est pas nouvelle chez Edgar Wright puisqu’on la retrouve déjà dans une scène de Shaun of the Dead, lorsque les héros doivent faire face à des zombies, sur fond de « Don’t stop me now » de Queen.

Les choix de casting sont sublimes, avec Kevin Spacey qui est toujours aussi jouissif à regarder jouer, Ansel Elgort que l’on découvrait avec ce film sur LaQvs (et qui est un an plus jeune que nous, je ne m’en remets pas) tout en subtilité, et Jamie Foxx qui vole absolument toutes les scènes où il est – et dont le nom du personnage est, nous en sommes convaincus, une référence aux Affranchis de Scorsese, qui se trouve être l’un des films favoris de Wright et qui est une source d’inspiration assumée de Baby Driver. Et il y a aussi un caméo que je ne spoilerai pas dans ce film : je dirai juste qu’il me remplit d’une joie sans limite et que j’ose espérer que ce sera pareil pour vous (je sais que ce ne sera pas le cas, mais j’avais envie de partager ce petit bonheur).

L’équipe de braqueurs que l’on suit dans le film, pendant l’une des meilleures scènes du film, oui c’est en partie à cause du caméo que j’évoque dans le paragraphe à côté, non je n’ai pas honte.

Cependant un dernier point sur Baby Driver et la comédie, parce que j’ai l’impression que certains sont un peu perdus : Edgar Wright s’est en effet avant tout illustré dans ce genre, en le mêlant souvent à d’autres (exemple le plus simple, Shaun of the Dead qui est une comédie d’horreur). Ce qui ne veut pas dire que tout film qu’il réalise est nécessairement une comédie : et ici, quand bien même l’humour n’est pas proscrit, je pense que Baby Driver est avant tout un film d’action. On passe le plus clair de son temps accroché à son siège devant ce film, plutôt que détendu à attendre la prochaine blague – et celles-ci sont d’autant plus les bienvenues que les moments de tension peuvent être intenses. Faire un film d’action ne veut pas dire que le rire doit en être banni – je vous renvoie à l’intégralité des James Bond pour exemple –, et ce n’est pas parce qu’un réalisateur excelle dans un genre qu’il doit s’y contenir.

Pour avoir un exemple d’un film qui tient plus de la comédie de l’action, il suffit de regarder dix ans en arrière dans la filmographie d’Edgar Wright et de s’intéresser à Hot Fuzz, qui parodie les films d’action et le style si particulier de Michael Bay (puisque chacun des films de la trilogie du Cornetto parodie un genre cinématographique, à savoir l’horreur/zombie, l’action, et la SF.)

Que dire de plus ? Si vous allez voir Baby Driver, vous serez accrochés à vos sièges, et vous aurez quand même de quoi rire, vous verrez un beau film bien fait qui ne vous demande pas de réflexion intensive, bref, vous avez le meilleur des deux mondes juste en posant vos fesses devant un grand écran. Aussi : allez voir Baby Driver.

Manon.


Crédit images

Edgar Wright, Baby Driver, Sony Pictures, 2017.

Edgar Wright, Shaunf of the Dead, Mars Distribution, 2004.

Edgar Wright, Hot Fuzz, Universal Pictures, 2007.

Qu'en pensez-vous ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s