Wonder Woman – Le Billet du Mercredi

Après Batman v. Superman et Suicide Squad, Warner continue l’expansion du DC Cinematic Universe avec Wonder Woman. Est-ce un troisième mauvais film pour Warner à l’image des deux qu’on a cité, ou un deuxième moyen et du niveau de Man of Steel ? Il semblerait que non.

Briser la malédiction DC-Warner ? Facile.

De façon assez extraordinaire et inattendue, Wonder Woman parvient à se hisser au-dessus de ses très musculeux camarades, et enfin le DCCU peut se permettre, avec ce film, d’imaginer un jour regarder Marvel vaguement dans les yeux, et de leur faire concurrence avec un film du niveau de ceux auxquels le studio de Mickey nous a habitués. Pour continuer les comparaisons, l’Amazone se place bien au-dessus des films Avengers, pour arriver au niveau d’un sympathique Iron Man assez facilement. Venant de Warner, c’est un petit miracle, et rien que pour ça, on applaudit.

Comment Wonder Woman a-t-elle donc réussi là où tous les autres ont échoué ? Mon premier élément de réponse serait que le film s’éloigne ENFIN du ton trodark serious business des précédents, sans pour autant arriver à un résultat fouillis comme cela avait été le cas avec Suicide Squad. Il y a quelques moments d’humour, le ton se permet d’être plus léger, sans pour autant que le film ne se transforme en vaste blague – et il y a d’ailleurs des scènes assez touchantes pour avoir donné une petite larme à l’œil de l’autrice de cet article. De même, il semblerait que Patty Jenkins (la réalisatrice) aie décidé de jeter à la poubelle le filtre gris crade qu’avait choisi Zack Snyder pour ses précédents films, malgré que l’intrigue se déroule durant la Première Guerre Mondiale et que l’ambiance soit assez sombre : encore une fois, c’est rafraîchissant.

Ceci dit les réalisateurs de Captain America: The Winter Soldier avaient bien pensé qu’embaucher des acteurs Québécois pour jouer des Français ça se verrait pas.

Le film garde cependant un traitement typique made in Hollywood. Les soldats qu’on nous montre ont un peu de boue barbouillée sur le visage (et sont beaux gosses), les tranchées sont assez propres et faciles d’accès, on y trouve des femmes et des enfants (et le montage laisse comprendre qu’ils sont en première ligne)… Et même les blessés de guerre ont l’air de n’avoir que quelques égratignures. On se plaint déjà que les Américains aient une culture douteuse et superficielle, et le film n’aide pas. Après, il est grand public, ce qui peut expliquer le côté très lisse et propre donné à une guerre pourtant si meurtrière. De même, je trouve qu’en tant que Français il est difficile de garder son sérieux devant le film, avec une partie de l’intrigue qui se passe dans un village très cliché touché par la guerre, où l’on entend un petit accent bien du sud parmi les figurants et une musique qui ressemble furieusement à du Edith Piaf. Bref, une vision très édulcorée et fantasmée de l’Europe du XXème siècle, quitte à tomber dans l’anachronisme.

Non je suis toujours pas remise. CLARK ENFIN ON VOIT QUE C’EST PAS TOI QUI NETTOIE FLÛTE.

On pardonne assez facilement ceci dit ces quelques éléments à un film qui propose enfin une héroïne forte, sans tomber dans des stéréotypes – elle n’est ni hyper-masculinisée, ni une faible femme. Ceci n’empêche pas Diana Prince d’être un personnage beaucoup plus fort que Clark Kent et Bruce Wayne : là où les deux mâles sont encore en plein complexe d’Œdipe, Diana apprend à quitter le monde qu’elle a toujours connu, ainsi que sa maman, avec difficulté certes, mais résolution. De plus, contrairement à ses petits camarades, elle est absolument dénuée d’égoïsme : elle fait passer le monde qu’elle veut sauver avant ses sentiments, contrairement à un Superman qui va chercher Loïs Lane juste pour le plaisir de foutre ses chaussures sales dans sa baignoire quelques mois plus tard.

Bon, ma version de la Justice League. On laisse Wonder Woman faire le taf parce qu’elle a des pouvoirs et pas de kryptonite, et les garçons font le ménage au QG. Ça me semble pas mal.
Et la jeune Diana est trop choupette. Il fallait que je vous la montre.

De plus, Wonder Woman semble avoir une vision plus large que celle de Batman et Superman ; son ennemi principal dans le film est Arès (et d’ailleurs, il est aussi le meilleur méchant du DCCU pour le moment), le dieu de la guerre lui-même, mais pas parce qu’elle en a fait une affaire personnelle. Elle pense en effet que si elle parvient à le vaincre, il n’y aura plus de guerres dans le monde, et ainsi des innocents n’auraient plus à mourir par milliers du fait des sombres desseins du dieu. La conclusion cependant n’est pas qu’Arès est un vilain méchant pas beau, ou que les humains ne méritent pas d’être sauvés, ou que les parents de Bruce Wayne sont morts et que ça mérite qu’on nous l’explique à chaque fois qu’il apparaît à l’écran : à la fin du film, la conclusion de Diana est qu’il n’y a pas d’humains foncièrement bons ou mauvais, qu’il y a un peu des deux en chacun, mais qu’ils méritent tous d’être sauvés et aimés.

Et je trouve que dans ce monde dans lequel nous vivons, ce genre de notes positives dans des films grand public, c’est important.

Manon.


Crédit images

Poster Wonder Woman DC Bombshell, DC Comics.

Patty Jenkins, Wonder Woman, Warner Bros., 2017.

Anthony & Joe Russo, Captain America: Le Soldat de l’Hiver, Marvel Studios, 2014.

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