Atlantide : l’empire perdu ? (Gary Trousdale & Kirk Wise, Atlantide : l’empire perdu, 2001)

Résumé

Le jeune et enthousiaste Milo Thatch, cartographe et linguiste (ce qui fait de lui l’un des meilleurs héros de l’histoire de la fiction), rêve de découvrir la mythique Atlantide mais ne trouve personne pour financer ses recherches. Heureusement, un vieil ami de son grand-père decide de sortir de nulle part, au hasard, en lui disant qu’il sait tout de sa vie depuis toujours, et lui paye une équipe et un sous-marin gigantesque pour partir à la recherche d’une cité perdue dont personne n’est réellement certain qu’elle existe.

Ça faisait longtemps que nous n’avions pas parlé d’un film des studios d’animation Disney sur ce blog, et ça faisait également un petit moment que j’envisageais de parler d’Atlantide. Celui-ci fait partie de ces dessins animés sortis de chez Mickey au début des années 2000, après la fin du second âge d’or de Disney. On s’en souvient beaucoup moins que les plus classiques La Petite Sirène ou Hercule, et ils ne sont pourtant pas de plus mauvaise qualité ou moins intéressants. Il était temps qu’on se souvienne de leur existence avec vous !

Mais regardez ce jeune héros d’un pourtant très sympathique film, déçu que vous l’ignoriez au profit de La Reine des Neiges!

Atlantide doit peut-être son oubli relatif au fait qu’il s’agit de ces Disney qui ne parlent pas de princesses, et n’ont pas pris le parti d’être une avalanche de couleurs vives pour garder l’attention de vos enfants devant la télé pendant que vous faites une sieste. Il le doit peut-être à son héros auquel personne n’a envie de s’identifier, sauf l’auteur de cet article, parce qu’il est maigre, a des grosses lunettes, est socially awkward et ne s’intéresse pas à grand-chose d’autres qu’aux langues mortes. Peut-être, enfin, que c’est parce que l’histoire n’est peut-être pas aussi simple à suivre que ce à quoi on est habitué dans un dessin animé en occident.

Ainsi donc et sans plus attendre : que peut-on encore dire d’Atlantide, seize ans après sa sortie ?

Disney s’aventure sur le terrain de la science-fiction

Mulan (1998) verse du thé à côté de sa tasse.
D’ailleurs, le premier film dont a été entièrement chargé le studio en Floride fut Mulan, et ceci est une illustration de ma tête quand je l’ai appris.

Atlantide est sorti en 2001, à un moment où le studio commence à s’essayer à l’animation 3D depuis quelques années (après avoir acquis Pixar et produit 1001 Pattes en 1996). Les dessins animés en 2D ont arrêté d’être produits aux studios de Burbank en Californie ainsi été relégués aux studios Disney en Floride, qui jusque-là étaient chargés de travaux d’animations de moindre importance. Ils ont eu carte blanche pour leurs films : et c’est ainsi que Disney sort au cinéma des choses aussi inhabituelles pour eux que Tarzan (1999), Lilo et Stitch (2002), ou pour ce qui nous intéresse aujourd’hui, Atlantide.

L'Ecole d'Athènes, fresque de Raphaël (1509x1511)
« Et c’est pour ça qu’moi j’dis qu’on nous cache des trucs, et qu’en vrai les Atlantes c’tait des zitis mais les Illuminatis veulent pas qu’on sache, tu vois? » – Platon le premier théoricien du complot.

Jusqu’à la sortie de ce film, les studios Disney s’étaient tenus à distance de la science-fiction, avec notamment une exception en 1982 pour Tron. Le pari semble d’autant plus risqué que le scénario repose sur une théorie digne des plus grands théoriciens du complot, sauf qu’elle nous vient de Platon (dans le Timée et le Critias). Selon cette théorie, 9000 ans avant l’époque du philosophe, l’Atlantide était une île abritant une civilisation ultradéveloppée et qui aurait été engloutie par les eaux lors d’un cataclysme. Allez en faire un film d’animation pensé en grande partie pour des enfants.

Pourtant, ils ont réussi. Je ne dirais pas que le film est aussi facile d’accès pour des bouts de chou que quelque chose comme Le Bossu de Notre-Dame (lui aussi adapté d’un roman qui est pourtant tellement fucked up qu’on se demande qui a pu avoir l’idée d’en faire un dessin animé), mais il fonctionne plutôt bien. Surtout avec des enfants en âge de lire du Jules Verne, donc à partir de dix ans.

Comparaison de Hellboy et d'un concept art pour Atlantide par Mike Mignola
Puisqu’on va parler de l’esthétique du film, sachez que le dessinateur Mike Mignola (Hellboy) a travaillé sur Atlantide pour lui trouver une identité graphique.

Ce qui tombe bien, puisque l’esthétique du film s’inspire énormément de Jules Verne. Cela est dû au fait que l’intrigue se déroule en 1914 : impossible donc d’avoir des éléments ultra-modernes pour aider notre expédition en quête de l’île engloutie, on se retrouve donc avec beaucoup d’éléments rétro-futuristes que l’on qualifierait de steampunk aujourd’hui, notamment le sous-marin. Et normalement, si je vous dit « Jules Verne » et « sous-marin », vous me répondez 20.000 lieues sous les mers et Nautilus. Il se trouve que j’ai omis un film dans lequel Disney s’est attaqué à la science-fiction avant Tron, parce que sinon ça ruinait un peu mon effet : en 1954 est sorti l’adaptation de ce roman de Jules Verne, toujours chez Disney.

Photo de l'attraction Space Mountain et des Mystères du Nautilus à Disneyland Paris, de nuit.
C’est d’ailleurs à cela que nous devons l’aspect unique de la version française de Tomorrowland dans le parc Disneyland, nommée chez nous Discoveryland, qui a sa propre réplique du Nautilus, et dans lequel on trouve Space Mountain dont la première version adaptait en montagne russes le roman De la Terre à la Lune, toujours de Jules Verne #TheMoreYouKnow.

Toujours est-il qu’en plus du meilleur land de l’histoire des parcs Disney, cette adaptation par Disney de 20.000 lieues sous les mers donne l’inspiration pour le design du sous-marin d’Atlantide, Ulysse de son petit nom (bien qu’il s’en éloigne), dont les vaisseaux de sauvetage portent le nom de Nautilus en clin d’œil. La séquence de l’attaque du Léviathan est d’ailleurs selon moi une petite référence à celle de la pieuvre de 20.000 lieues sous les mers, quand bien même les deux ne se déroulent pas pareil.

Image de Kashekim Nedakh, le roi d'Atlantide, et photo de Leonard Nimoy.
Et, pour les trekkies qui nous liraient, sachez qu’en VO le roi Atlante est doublé par Leonard Nimoy, et que les modèles réduits sont du même homme que celui derrière ceux de Star Trek : Deep Space Nine, à savoir Jim Martin.

Autre élément de science-fiction, pour le clin d’œil : le langage. Parce que 15 ans avant Premier Contact, on a notre héros linguiste en la personne de Milo Thatch, déjà, mais c’est surtout l’Atlante qui est concerné ici, puisque la langue a été créée spécialement pour le film à partir du proto-indo-européen (qui est le nom que l’on donne à la langue hypothétique qui serait à la racine de toutes nos langues eurasiennes). Ceci sert de justification à ce que les Atlantes puissent parler toutes les langues indo-européennes, puisque le PIE est à la racine de celles-ci. L’Atlante comme on l’entend dans le film a été créé par le même monsieur qui avait donné naissance au Klingon pour Star Trek, le linguiste Marc Okrand.

Atlantide et la géopolitique pour les enfants

« De la géopolitique, carrément ? Tu voulais pas en rester à Jules Verne et Léonard Nimoy en fait ? »
– Vous, qui priiez pour que ça ne parte pas trop loin, une fois de plus.

Au départ, Atlantide commence sur l’ami Milo qui rêve de pouvoir partir en expédition pour d’abord retrouver le Manuscrit du Berger en Islande, et éventuellement la mythique (mais pas tant que ça) Atlantide. Sauf que comme c’est un chercheur, et que le film décide d’être douloureusement réaliste à ce sujet, il n’a pas de fonds pour sa recherche et son bureau est en fait dans la chaufferie, parce qu’en tant que linguiste-cartographe il ne rapporte pas assez d’argent à ses employeurs pour qu’ils lui accordent de l’importance.

Les patrons de Milo au musée
D’ailleurs pour des gens qui travaillent dans un musée, ils ressemblent beaucoup à des caricatures de grands patrons bourgeois du début du XXème siècle.
Le seul personnage lié à l’argent avec un développement entièrement positif dans le film est Mr. Whitmore – s’il dépense sans compter pour ces expéditions, ce n’est même pas pour la gloire, mais pour pouvoir vérifier les théories du grand-père de Milo, qui était son meilleur ami.

La situation se débloque pour Milo et le film assez vite cependant, puisque le meilleur ami de son grand-père le retrouve et lui finance son expédition, après avoir déjà retrouvé le Manuscrit du Berger lors d’une précédente. A peine le temps pour Milo de feuilleter le manuscrit qu’il est embarqué sur l’Ulysse, lequel coule, mais l’équipage trouve le chemin vers l’Atlantide, puis la cité elle-même, tout ça avant que Milo se fasse trahir par l’équipe qui contrairement à lui n’est pas intéressée par le plaisir de la découverte et de la connaissance, mais par l’argent. Ce retournement renvoie Milo à son problème du début de film : il est toujours intéressé par le savoir, et l’argent est toujours un obstacle.

Deux situations dans laquelle Milo n’est mû que par la quête de connaissances, et deux situations dans laquelle le concept même d’argent est un frein. Ajoutons à cela que l’antagoniste principal du film se décrit comme un « aventurier du capitalisme » et oh, que vois-je ? Deux films que je commente à la suite qui font une critique du capitalisme comme ce qui pourrit notre monde ?

Immortan Joe au volant de son véhicule, Mad Max : Fury Road (2015)
« Tut tut les rageux, je rendrai pas l’argent je vous ai dit ! »
Ratcliffe dans Pocahontas (1995), avec un éclair derrière lui.
Ce n’est cependant pas la première fois que Disney vous dit que les colons, c’est des trous du cul. Même s’ils ont un petit carlin.

Eh oui, et plus précisément, Atlantide fait là une critique du colonialisme tel qu’encore pratiqué à l’époque où il se déroule : l’expédition de gentils aventuriers qui ne cherche qu’à aller hardiment là où aucun homme n’est parti avant se révèle simplement désireuse de s’enrichir aux dépens d’une civilisation qu’ils pensent loin d’être encore vivante. Et quand elle se révèle l’être, ils s’en fichent ; comme leur reproche Milo, « [ils balaient] une civilisation entière mais ça ne fait rien, [ils seront] riches. » L’équipage dissident lui répondent que ce n’est pas en restituant les collections des musées occidentaux aux pays dont elles proviennent qu’on s’enrichit, déjà, et qu’ensuite si le prix est bon, ils seraient prêts à vendre le cristal qu’ils volent aux Atlantes (et qui les maintient miraculeusement en vie) à des dictateurs pour qu’ils s’en servent comme arme de destruction massive. De bons petits colons capitalistes, vous dis-je. Et ça fait toujours sourire quand ça vient de Disney.

La mère de Kida absorbée par le cristal atlante
Le cristal se sert en effet des femmes de sang royal pour se procurer de l’énergie en cas de danger pour le peuple qu’il protège, et c’est non sans ironie que la guerre mettant en danger l’Atlantide pousse le cristal sentient à absorber la reine et son énergie pour punir l’homme qui a déclenché la guerre.

Ceci dit, les Atlantes ne sont pas parfaits non plus : ils ont pensé avant les éventuels dictateurs à qui on pourrait revendre leur cristal à en faire une arme de destruction massive. Le roi Kashekim Nedakh, qui est celui que l’on voit dans le film, est celui qui par orgueil a décidé d’utiliser le cristal pour se battre contre ses ennemis, et a provoqué non seulement l’engloutissement de sa cité, mais lui a également fait perdre son épouse. Le roi vit ensuite pendant des millénaires dans le remord et se montre ainsi méfiant (et à raison) quand de nouveaux arrivants arrivent sur ses terres en conquérants, pour s’accaparer sa seule richesse. Il oublie cependant une chose : l’ostracisme, ce n’est pas bien non plus.

De la nécessité du partage des cultures

Kida, la fille du roi, a malgré elle compris cela : elle explique à Milo peu après l’avoir rencontré son désarroi de voir sa civilisation autrefois si grande tombée, et réduite à une peuplade d’analphabètes incapables même de faire fonctionner la technologie qui avait fait leur gloire. Sauf que contrairement aux nostalgiques de l’Empire britannique, Kida a vu que ce qui manquait à l’Atlantide, c’était du sang neuf ; ou, à défaut de sang, un regard neuf. Evidemment, c’est quelque chose que son vieux père ne peut pas avoir, mais elle non plus. Elle fait partie de ces analphabètes, et n’a connu que l’Atlantide de sa vie – et même, n’a connu que l’Atlantide déchue pour ainsi dire.

Enfant Atlante après sa première leçon de lecture.

Milo arrive alors et lui réapprend à lire, à utiliser les vaisseaux atlantes (dont le mode d’emploi est écrit sur le tableau de bord, comme ça si à 6 ans tu sais lire tu peux piquer la voiture de mémé), et même où se trouve le cœur de l’Atlantide et ce qu’il est. Dit comme ça, on est encore dans un travers du colonialisme, et il s’agit juste d’un énième sauveur blanc et occidental qui apprend à la jeune indigène les bases de la civilisation. Sauf que non.

Milo n’apporte pas la civilisation à l’Atlantide : il la rapporte. Il est celui qui aurait travaillé dans un musée qui s’était approprié les objets d’art d’un peuple et aurait décidé de leur redonner, en leur expliquant, s’ils l’avaient oublié, ce qu’il sait de ces objets et de leur culture. Le linguiste a appris à lire la langue des Atlantes et leur alphabet, et retransmet ce savoir à ces derniers.

Indiana Jones face à la statuette dorée, Les Aventuriers de l'Arche Perdue.
« Sa place est dans un musée, à 15,50€ l’entrée avec le petit dividende qu’on me reverse et que je ne déclare pas aux impôts c’est pas mal. Mais comment expliquer aux locaux à qui je vole cette relique qu’en fait c’était à nous depuis le début ? »

C’est d’ailleurs ce qui va permettre à Milo, aux Atlantes, et aux membres de l’expédition ayant encore assez de dignité pour se refuser à génocider un peuple pour se faire de l’argent, de sauver l’Atlantide. Le cristal a absorbé Kida et a pris sa forme afin de se laisser transporter par les Aventuriers du Capitalisme™ hors de la cité – et éviter probablement un conflit armé en son sein. C’était pour éviter cela (que le cristal prenne sa fille) que le roi avait décidé de le cacher ; en cas de nouvelle catastrophe, le cristal n’aurait pu les protéger, mais n’aurait pas utilisé Kida non plus. Sauf que c’est probablement cela qui a œuvré au déclin de son peuple : le cristal étant caché sous terre, il ne peut plus faire effet, en plus d’être oublié de tous les habitants. En le ramenant après avoir réappris aux Atlantes à se servir de leur technologie, Milo lui permet de retrouver son pouvoir.

Par contre, je ne veux pas dire, mais il se passe des choses plutôt bizarres au niveau de ces runes (on dirait qu’il y a un mélange entre les runes scandinaves et anglo-saxonnes, à vu d’oeil) et de la transcription par Milo, et en plus ce serait déjà écrit en anglais ? Si c’était en vieil islandais la tournure aurait probablement utilisé le génitif, et les runes écriraient « af » et non « of », et…

Mais après des millénaires d’oubli et de déclin, les Atlantes pourraient-ils tout réapprendre seuls ? Probablement pas : et aidé par les jolis yeux de Kida, Milo choisit de rester avec eux et de les aider à se reconstruire, avec les connaissances qu’il a d’eux, mais aussi avec son point de vue différent d’étranger. Il s’agit de plus pour Milo d’une quête qui l’a mené à trouver son chez-soi, aussi étonnant soit-il. Il était rejeté à Washington dans le musée où il travaillait ; il ne s’est jamais intégré à l’équipe d’exploration bien que tous ne lui soient pas hostiles ; et dans tous les cas son savoir ne servait que tout au plus à trouver leur chemin vers la cité engloutie. Mais au cœur de celle-ci, ses connaissances trouvent enfin une véritable utilité, et des gens qui s’y intéressent aussi sincèrement que lui.

Moi quand j’imagine que le seul homme détenant tout ce qu’on sait du proto-indo-européen a décidé de disparaître de la surface de cette planète pour vivre avec une jolie fille en maillot de bain.

Donc Milo finit par vivre avec les Atlantes et va les aider à prospérer de nouveau, les autres repartent avec des montagnes d’or (qui n’a visiblement pas de valeur en Atlantide, ou alors ils ne savent plus qu’en faire). Et c’est exactement là que vient ce qui gâche le film : l’Atlantide est toujours vouée à l’échec. Le reste de l’expédition est chargée de repartir en disant qu’ils n’ont rien trouvé et que Milo a disparu, tout comme la majorité de l’équipage. Mais du coup, personne ne saura que l’Atlantide existe, ni ne gagnera cette connaissance, et l’étude de la langue atlante va probablement disparaître avec Milo, et donc dans l’univers du film le peu de savoir que l’on a sur l’équivalent du proto-indo-européen, la base de toutes les autres langues, qui se sont scindées en différentes branches, va être perdu aussi. Donc déjà ça, c’est pas cool, mais on va dire que c’est pour faire comme si ça avait pu se passer dans notre monde, on accepte.

Mais ce n’est pas avec un péon de plus, aussi linguiste soit-il, que l’Atlantide va pouvoir prospérer de nouveau. Il va leur réapprendre à lire, mais une fois cela fait, ils vont de nouveau stagner. S’ils ont des vaisseaux de combat, c’est parce que les Atlantes eux-mêmes dépendaient des autres peuples avoisinants, puisqu’ils pillaient aussi leurs richesses (ce qui est sous-entendu dans le fait qu’ils étaient bien plus développés que les autres). Ils sont tombés parce qu’ils ont voulu profiter de leur très gros avantage, le cristal, pour accélérer leurs conquêtes, mais quand on y réfléchit, ils déclinent depuis qu’ils sont sous terre parce qu’ils y sont seuls. Le cristal a bien pu se cacher, et ne plus l’être, ça n’empêche pas qu’ils vont devoir vivre de la pêche au homard, d’amour, et d’eau salée.

Vaisseau atlante et explosion (ressemblant à un champignon nucléaire en fond)
Vous ne me croyez pas ? Voici l’une des toutes premières images du film : des vaisseaux Atlantes fuient quelque chose qui ressemble furieusement à un champignon nucléaire. Sauf qu’ils retournent vers l’Atlantide, et que l’un des pilotes reproche à l’autre de les avoir tous condamnés. C’est le tsunami qui suit l’explosion qui engloutit la cité – qui faisait donc effectivement la guerre à ses voisins dans la version de Disney.

Parce que c’est bien beau d’avoir une culture développée, et de ne pas vouloir la voir mourir et être oubliée. Mais sauvegarder sa civilisation passe aussi par l’acceptation du changement, et le partage avec d’autres civilisations. Le fait que l’Atlante n’ait pas évolué dans l’Atlantide même montre cependant que cette culture est déjà morte depuis longtemps, même si elle survit dans les langues modernes du monde non-englouti. La cité, par contre, n’a aucun espoir d’y revenir, et ne peut que mourir éternellement.

Ainsi Disney arrive à vous dire que le capitalisme, c’est mal, mais qu’une fois qu’on a commencé, ça ne s’arrête qu’avec une catastrophe et un retour en arrière.

Comme Mad Max : Fury Road, en fait.

Manon.


Crédit images

Gary Trousdale, Kirk Wise, Atlantide : l’empire perdu, Walt Disney Pictures, 2001.

Ron Clements, John Musker, La Planète au Trésor, Walt Disney Pictures, 2002.

Raphael, l’Ecole d’Athènes, 1509-1511.

Photo de Space Mountain et des Mystères du Nautilus trouvée à l’adresse <http://idf.disneylandparis.fr/attractions/parc-disneyland/hyper-space-mountain/>

Photo de Leonard Nimoy et du roi d’Atlantide trouvée à l’adresse <https://twitter.com/traditional2d/status/571787055983947778>

George Miller, Mad Max: Fury Road, Warner Bros. Pictures, 2015.

Mike Gabriel, Eric Goldberg, Pocahontas, Walt Disney Pictures, 1995.

Steven Spielberg, Les Aventuriers de l’Arche Perdue, Lucasfilms Ltd, 1981.

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