Wake in Fright : la vraie horreur de notre existence ? (Ted Kotcheff, Wake in Fright, 1971)

Résumé

John est un enseignant australien que l’Etat a envoyé faire ses premières années de carrière dans une école perdue au milieu du désert. Pour les vacances de Noël, le jeune homme a décidé de rentrer quelques semaines à Sydney où il espère retrouver sa petite amie. Il va pourtant réaliser que personne n’échappe à l’enfer de l’Outback.

Si vous êtes du genre à avoir commencé  à lire notre blog pour avoir notre avis sur les derniers films grand public, sachez que je suis profondément désolé. Voilà quelques temps que je (re)découvre de vieux films plus ou moins obscurs en y prenant un plaisir certain et j’ai envie de profiter de ces articles pour vous faire partager mes réflexions sur mes préférés.

Aujourd’hui, plutôt que de déroger à la règle pour revenir sur quelque chose d’un peu plus connu, je m’enfonce encore plus dans les territoires trop inexplorés des classiques étrangers avec Wake in Fright.

Réalisé par monsieur Ted Kotcheff (dont on a parlé il y a bien longtemps pour son excellent Rambo !), Wake in Fright est très régulièrement cité parmi les plus grands films australiens de tous les temps.

Pourquoi ne le connaissez-vous donc pas ?

Déjà parce que globalement, on résume le cinéma australien à la saga Mad Max (ce qui est cool mais un peu restrictif), mais également parce que ce film est tellement obscur qu’il a été perdu pendant près de vingt ans avant que des négatifs ne soient retrouvés un peu au pif  au début des années 2000. Le film a alors connu un gros lifting avant de ressortir à Cannes en 2009 et en salles en 2014. 

Gif du meme LOL avec des "lol" rouge sortant de sa bouche
Dans un sens, on peut considérer que l’article d’aujourd’hui parle donc d’un film moderne :p

A l’occasion de cette résurrection miraculeuse, Wake in Fright est ressorti en dvd et en blu ray et Nicolas Winding Refn, le réalisateur de Drive, a été amené à s’exprimer sur son amour de ce film lors d’un entretien intégré aux bonus. En quelques mots, il salue l’exploit de Ted Kotcheff qu’il qualifie de réalisateur “du plus grand film d’action de tous les temps” en mentionnant évidemment les aventures de John Rambo, mais également de réalisateur “du plus grand film d’horreur existentialiste de tous les temps”.

Gary Bond incarnant John Grant, le personnage principal de Wake in Fright
Un reflet perceptible jusque dans les innombrables gouttes de sueurs versées par les personnages, et ça aussi c’est horrible !

Parce que c’est cela qu’est Wake in Fright, un film d’horreur qui prend le soin de nous épargner de méchants monstres ou tout autre cliché pour nous renvoyer quelque chose de bien plus effrayant à la tronche : un reflet de notre monde.

Pendant presque deux heures, ce chef-d’oeuvre absolu filme le quotidien d’australiens comme le plus intense des thrillers et le spectateur se retrouve témoin de l’angoisse que vit John, notre jeune instituteur, qui voit sa vie lui échapper peu à peu.

L’horreur des grands espaces

Si on devait résumer le principe du film en quelques mots, on pourrait dire que Wake in Fright tente de retranscrire une sorte de claustrophobie des grands espaces.

Leonardo DiCaprio marchant seul dans la neige.
Ah c’est sûr que tu dois te sentir bien seul dans ce genre de coin…

L’idée paraît à première vue complètement saugrenue et pourtant, je vous jure que n’importe qui face à ce film peut réussir à s’imaginer ce concept. Ted Kotcheff, réalisateur canadien, ne connaissait pas grand chose à l’Australie avant de se lancer dans le tournage. Il a pourtant retrouvé dans ces vastes plaines arides la même angoisse qu’il ressent dans les grandes étendues glacées du nord de son pays. 

Le vide à perte de vue. Une nature totalement indomptable et hostile qui renvoie immanquablement le spectateur à sa toute petite taille d’être humain un peu paumé dans un monde qui le dépasse, voilà ce que représente cette horreur du plein air sauvage. Le silence est oppressant et l’absence de civilisation à l’horizon déboussole. Ce manque de repère littéral fait échos à celui plus figuré des personnages du film et on devine que si l’action se déroule dans le désert Australien, c’est pour représenter le vide infini d’une vie sans but. 

Samuel L Jackson incarnant Elijah Price (aka Mr. Glass) dans Incassable, de M Night Shyamalan
Une angoisse également joliment évoquée par M Night Shyamalan dans Incassable !

Car au beau milieux de ces étendues inhospitalières, des individus ont décidé de créer une bourgade. Celle-ci est nommée Bundanyabba ou The Yabba pour les locaux. Perdue au milieux de nulle part, on comprend que la ville s’est développé autour d’un filon d’une richesse souterraine inconnue. Si des activités annexes ont a priori vu le jour, le coeur qui fait vivre la bourgade reste l’exploitation de ces richesses.

Socialement, The Yabba est un endroit assez intéressant. Tout s’étant construit autour d’une même industrie, on comprend qu’il est indispensable pour les gens de continuer à la faire tourner. La région est d’ailleurs trop pauvre autrement pour permettre à la ville de se diversifier. Déjà, on commence à percevoir l’idée d' »enfermement” que suggèrent les grands espaces : l’enfermement économique et par la suite, social.

Le travail est dur et ne paye pas forcément très bien mais c’est suffisant pour le niveau de vie dans le coin. La ville s’est construite autour de ce qui est nécessaire à l’exploitation de la mine et, ce travail n’exigeant pas d’être savant, l’éducation supérieure est visiblement quelque chose d’absent de la culture locale.

Les jeunes ne connaissent que Yabba, ses ressources souterraines, et, vivant avec comme seul exemple les générations de leurs parents et grands-parents, ils ne cherchent pas à quitter cette existence monotone. D’ailleurs, s’ils le voulaient, ils ne pourraient même pas le faire car l’endroit n’est pas pensé pour les faire sortir. Ils naissent et grandissent dans un milieu qui les forme à aller travailler de leurs mains pour faire survivre la petite bourgade et rien n’est fait pour les encourager à rejoindre Sydney accessible à quelques heures d’avion seulement.

Le palais de Nimroud à Ninive par A.H. Layard
C’est seulement grâce à la fertilité des sols de Mésopotamie que les premières civilisations ont pu s’organiser : le temps gagné dans les champs a pu être employé pour le commerce ou la politique.

En ça, Wake in Fright est une sorte de film d’horreur social. Il met en scène des personnages prisonniers d’une vie qui ne leur appartient pas et dont ils ne peuvent jamais prendre le contrôle. Il interroge le spectateur sur le rapport qu’entretient la société humaine avec sa nature et rappelle que si des civilisations ont prospéré, c’est d’abord grâce à la richesse de leur sol, et après seulement grâce à leur habilité. 

L’espèce humaine est prisonnière de son environnement et dépend de la nature pour survivre. 

Les esprits de la forêt dansant au sommet des arbres dans Princesse Mononoké
Si le sujet vous intéresse, on a écrit un article sur Princesse Mononoké, un film qui va un eu plus loin dans cette réflexion.

Prisonnier de la routine

Lorsque John arrive à The Yabba, il est très vite confronté à plusieurs personnages assez hauts en couleur. L’un d’entre eux se différencie pourtant très vite des autres : le “doc” Tydon, incarné par un hypnotique Donald Pleasance.

Donald Pleasence, la tête en bas et l'air hilare, dans Wake in Fright
Un habitué des rôles de “docteurs” puisque ce titre apparaît 21 fois dans sa filmographie Wikipedia. Voilà.

Si vous avez prêtez attention à ce que j’ai expliqué plus tôt, vous aurez certainement compris en quoi le “Doc” sort du lot. Dans une ville de mineurs et de travailleurs peu diplômés, il est le seul savant. Il est également le plus fou de tous.

Voyant que John est un jeune homme avec plein d’idées dans la caboche, il lui conseille très vite de se laisser aller, de faire le vide et de ne pas trop se prendre la tête tant qu’il sera dans l’Outback. John s’étonne en effet avec beaucoup de cynisme que les quelques habitants qu’il a croisés jusque là aiment d’un amour qu’il juge irrationnel leur trou poussiéreux et pauvre perdu en plein milieu de nulle part.

Ce que lui fait remarquer le “Doc”, c’est que ces gens n’ont pas eu le choix. Ils ne connaissent rien d’autre que leur ville, et quand bien même ils chercheraient à s’ouvrir au reste du pays, ils n’en ont pas les moyens financiers ou même psychologiques. Ils ne sont pas prêts à découvrir le vrai monde, sans doute bien trop complexe pour eux. Ils doivent donc se contenter de leur bulle de misère pour laquelle ils ont développé une sorte de syndrome de Stockholm en partant inconsciemment du principe qu’il vaut mieux apprendre à aimer le peu que l’on a plutôt que de chercher à convoiter ce qu’on n’aura jamais.

On comprend alors que le “Doc” est lui aussi arrivé de l’extérieur de la ville, et que comme John, il a d’abord cherché à comparer ce qu’il vivait dans l’Outback et ce qu’il connaissait des grandes villes. La comparaison étant pourtant absolument impossible, il est devenu fou. Il a fini par se résigner et par adopter pleinement les coutumes de la bourgade, s’intégrant tout en rendant son quotidien plus supportable.

Un gros plan sur la main du barman remplissant une dizaine de verres à la suite.
Ce rapport à l’alcool illustre d’ailleurs la différence flagrante entre la politique pensée dans les grandes villes et la situation dans l’Outback : pour lutter contre l’alcoolisme, le gouvernement impose aux bars de fermer tôt, mais ceux-ci, avec l’accord de la police locale, restent ouverts toute la nuit car il n’y a absolument rien d’autre à faire que boire. Autant occuper la population.

Car The Yabba, comme beaucoup de villes ouvrières, a un sérieux problème avec l’alcool. Les demies de bières descendent comme des verres d’eau en plein cagnard. Même le médecin ne se prive pas. S’il s’interdit de boire de l’alcool à cause de sa profession qui exige de lui qu’il ait l’esprit clair, il s’enfile avec aisance plusieurs litres de blonde par jour. Sa position vis-à-vis de la bière veut tout dire : ce n’est pas de l’alcool, tout juste de quoi se rafraîchir.

L’état de semi ébriété dans lequel les habitants du coin se retrouvent constamment les aide à rendre la vie plus supportable, mais cela les enferme également. Ils n’ont jamais totalement le contrôle de leurs fonctions et se comportent souvent en gros beaufs lorsqu’ils ne sont pas carrément violents.

John, nouveau dans cette ville, est confronté à la sympathie naturelle de ses habitants que le film ne décrit jamais comme méchants. Il boit verre sur verre, dans un premier temps parce qu’on les lui offre pour lui souhaiter la bienvenue. Mais à force de boire, il se laisse entraîner par le rythme de la soirée menée par ceux qui n’ont rien d’autres à faire, et il commence à perdre le contrôle. Il boit alors parce qu’il ne parvient plus à refuser. Tout le film est alors rythmé par ses pertes de connaissances de plus en plus fréquentes, chaque journée commençant par un réveil nauséeux durant lequel John réalise avec effroi (d’où le nom français du film “Réveil dans la terreur”) que la situation dégénère et qu’il est prisonnier de Yabba, du désespoir qu’elle inspire à ses habitants et de leur sympathie presque surnaturelle.

John participant à une partie e pile ou face durant laquelle les habitués du bar parient leur salaire sur un simple lancé de pièce.
Comme souvent avec les travailleurs les plus précaires, ils se prennent à rêver de gains d’argents rapides qui pourraient améliorer leur quotidien. C’est également le rêve de John, et c’est à cet instant précis où il commence à penser comme les habitants de la ville qu’il va en devenir prisonnier.

Lui qui se sentait si supérieur du fait de ses études et de ses années vécues dans la grande ville, il va déchanter et réaliser que si les habitants de la région sont encore là, c’est parce que personne ne sort jamais de l’Outback.

Le film se termine lorsque John, après un énième échec et une ultime perte de conscience, retourne dans sa petite école. Le dernier plan est exactement le même que celui du début du film, mais notre instituteur a changé. Il fait maintenant partie du paysage. Il semble avoir abandonné ses projets de vie citadine, de même que sa petite amie qu’il ne paraît pas regretter d’avoir manquée pendant les vacances.

Le destin de John illustre des propos semblables à ceux d’Invasion Los Angeles : l’ascension sociale est impossible. L’individu est trop faible face à un monde qui l’exploite et le dévore.

Un fiction bien documentée

Avec le portrait assez peu flatteur qu’il dresse de l’Australie, on peut s’attendre à ce que le film ait moyennement plu aux premiers intéressés… et ce fut le cas. Globalement, Wake in Fright fut un échec. La critique était assez unanime pour louer les qualités du film, mais les spectateurs, n’appréciant que moyennement de se faire traiter d’ivrognes violents et idiots, n’allèrent pas le voir. 

Un jeune Martin Scorsese
Le film a pourtant bien marché en Europe, notamment en France où il a été projeté au Festival de Cannes. C’est à cette occasion qu’un tout jeune et alors inconnu Martin Scorsese (oui c’est lui sur la photo) le verra et en tombera amoureux. Ce coup de foudre permit au film de retrouver son public 38 ans plus tard lorsque le même Scorsese entendit parler par hasard de la version nouvellement restaurée et qu’il décida, en sa qualité de directeur de la section Cannes Classics, de faire projeter une nouvelle fois ce chef-d’oeuvre, en faisant l’un des deux seuls films au monde à avoir eu droit à deux séances dans l’histoire de ce fameux festival.

Pourtant, selon certains membres australiens de l’équipe, le film est relativement précis. Il faut comprendre que les personnages décrits ne représentent pas l’Australie toute entière, mais seulement l’état d’esprit de ce grand pays né de rien. Ce manque de repère que vivent les protagonistes est assez proche de celui que peut vivre le pays tout entier. Le passé de cette nation est très récent et, comme celui des Etats-Unis, bâti sur un génocide. Dans ce contexte, il est difficile de se tourner vers une culture nationale ou vers des valeurs fédératrices, ce qui explique qu’il est également très difficile de se projeter dans l’avenir.

La grande qualité du film est de mentionner tout ceci, de rappeler au spectateur à quel point la situation est étrange, voire absurde, dans ce pays perdu à l’autre bout du globe, sans pour autant juger ni le mode de vie ni les habitants.

Donald Pleasence incarnant la sagesse
Le fait que le « Doc », l’homme le plus instruit de la ville, soit aussi le plus fou  aide à contrebalancer les a priori que pourraient avoir un spectateur citadin fan de cinéma d’auteur (a.k.a. le public visé). Les habitants ne sont pas « naturellement » étranges, c’est l’Outback qui les a transformé.

Un personnage comme John était l’occasion de porter un regard biaisé sur le monde de l’Outback : il vient de la ville et le film s’adressant plus aux citadins qu’aux mineurs, rien n’aurait empêché Ted Kotcheff de prendre partie. Mais le personnage du “Doc” contrebalance astucieusement tout ça. Lui aussi est de la ville, mais il a pris le temps de se remettre en question et il va servir de guide à John, mais aussi au spectateur. Il va désamorcer tous les préjugés que l’on pourrait avoir sur les autres personnages et les rendre un peu plus sympathiques.

Mais autre fait marquant qui me fait dire que le film est relativement précis sur ce qu’il cherche à décrire : certaines scènes ne sont pas fictives.

Les personnages de Wake in Fright, fusils en main et à bord d'une voiture, pourchassant des kangourous à grande vitesse dans le désert
« WITNESS ! »

A sa sortie, Wake in Fright fit polémique à cause d’une scène de chasse au kangourou tournée à l’aide d’images réelles. Une partie du public cria à la maltraitance animale, mais le réalisateur, pourtant végétarien, défendit son choix, et continue de le faire aujourd’hui.

Pour l’histoire, Ted Kotcheff n’imaginait pas faire un film sur l’Outback sans intégrer de segment de chasse tellement cette pratique est ancrée dans les habitudes des habitants. Incapable de savoir comment tourner cette scène, il se retrouva approchée par une organisation de défense des animaux qui lui proposa un marché : il serait mis en contact avec de vrais chasseurs pour filmer une scène plus vraie que nature à condition qu’il s’en serve pour dénoncer le massacre barbare des kangourous. Sans trop d’alternative, Kotcheff accepta et parti avec une équipe de tournage réduite filmer la chasse, mais la violence de la soirée fut telle qu’il fut obligé de simuler une panne des projecteurs du véhicule (la chasse se faisant de nuit) afin de contraindre les chasseurs tous ivres morts de rentrer chez eux.

Effrayé de voir son film interdit en salle, Kotcheff refusa de mettre les images les plus sanglantes mais laissa ses bobines aux autorités locales afin qu’elles développent des films pour sensibiliser le public. 

Un jeune Kangourou
Aujourd’hui, la chasse au kangourou est interdite en Australie, notamment grâce au travail des autorités qui avaient approché l’équipe du film. De là à imaginer que Wake in Fright a joué un rôle dans la fin de cette pratique inhumaine, il n’y a qu’un pas.

Cette anecdote à base de chasseurs sympathiques mais bourrés, et rendus violents par l’ennui (puisqu’ils ne chassent le kangourou que pour se défouler et ne récupèrent pour ainsi dire pas la viande ou les peaux) renvoie totalement aux personnages hauts en couleurs que décrit le film et contribue à me faire penser que Wake in Fright, dans son génie, est une oeuvre à la limite du documentaire tant elle brouille la frontière entre la fiction et la réalité.

Si vous souhaitez voir un film vraiment dépaysant qui ne ressemble à rien de ce que vous pourriez avoir vu, je ne peux donc que vous conseiller Wake in Fright. Pour l’ambiance, je pense que la VO est de rigueur car le travail sur l’accent des personnages contribue à créer une atmosphère complète, presque comme si on y était. Attention à ne pas oublier d’activer les sous-titres ceci dit, car même l’écossaise d’adoption qu’est Manon a eu du mal à comprendre ce bon “Doc”.

Guillaume.


Images :

Ted Kotcheff, Wake in Fright, United Artists et Drafthouse Films, 1971

Alejandro González Iñárritu, The Revenant,  20th Century Fox, 2015.

M. Night Shyamalan, Incassable, Touchstone Pictures et Blinding Edge Pictures, 2000.

Palais de Nimroud à Ninive par A.H. Layard

Hayao Miyazaki, Princesse Mononoké, Studio Ghibli, 1997.

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