Logan – Le Billet du Mercredi

Dans un monde où les bons films X-men sont en voie d’extinction, Logan, le plus célèbre des mutants au cinéma, a décidé de continuer son périple solitaire et c’est tant mieux ! Le célèbre Wolverine nous offre un chant du cygne dans cette dernière aventure en mode western. Accompagné d’un Charles Xavier à bout de souffle, il tente de faire quitter le pays à Laura, une enfant de 11 ans qui le renvoi à son passé tout en incarnant l’avenir des mutants.

Ça y est, le film X-men que nous attendions tous est enfin là. C’est avec beaucoup d’impatience et d’anxiété que les fans de la saga attendaient ce Logan qui devait être la dernière incarnation de Wolverine par Hugh Jackman à l’écran. Après 17 ans, l’acteur australien avait réussi à faire de cette bête hirsute l’un des super-héros préférés des cinéphiles. Forcément, la nouvelle de son départ de la franchise commencé par Bryan Singer en 2000 avait créé un peu d’appréhension : notre Serval national allait-il avoir droit à un vrai baroud d’honneur ?

Oui, totalement. Sans être aussi dithyrambique que la plupart des critiques, j’avoue, je considère Logan comme l’un des tous meilleurs X-men jamais produits, et certainement infiniment supérieur à tout ce qu’ont pu produire Marvel et DC récemment.

Le costume jaune de Wolverine révélé à la fin du film.
Le truc fou, c’est que le personnage de Wolverine a presque un meilleur développement dans les films que dans les comics, cela devant beaucoup au fait que le cinéma en a fait le personnage principal de la saga X-Men.

Pour être tout à fait juste, Logan part avec un avantage indéniable sur la concurrence. La longévité du personnage à l’écran en fait un héros que tout le monde connaît. Quiconque d’un tant soit peu familier avec les films de super-héros en sait forcément déjà pas mal à propos de ce personnage, perdu quelque part entre sa bestialité instinctive et sa quête de rédemption. Immortel au milieu d’un monde de héros qui meurent toujours trop vite (surtout dans X-men 3) il doit apprendre à vivre avec la mort de ses camarades et plus d’un siècle de massacre sur la conscience. Il est celui qui se bat pour un monde en paix mais qui est incapable de trouver la paix en lui-même. Il est également celui qui se cherche, entre homme et héros, qui aimerait avoir l’impression d’aider son prochain mais qui n’est véritablement bon qu’à tuer.

Bref. En presque deux décennies de films, le personnage de Logan a eu le temps de grandir et d’atteindre une maturité à laquelle peu peuvent prétendre. Personnellement, je trouve que c’est au regard de ces 17 ans de cinéma que le film brille, et c’est comme conclusion qu’il excelle, plus que comme film seul.

Vous vous en souvenez peut-être, je suis de ceux qui considèrent Le Combat de l’immortel comme l’un des meilleurs X-men. Ce film, sobrement appelé The Wolverine en VO, et également réalisé par James Mangold, fonctionne en fait parfaitement en binôme avec Logan et contribue à créer un dyptique mature qui se greffe parfaitement à la suite de la trilogie d’origine, un peu plus adulte et grave que la pseudo-prequel/reboot portée par James Mcavoy et Michael Fassbender.

Les mutants de l'équipe de Days of Futur Past
Une saga que j’appelle personnellement « les X-men pour enfants » depuis peu et que Logan renie totalement en rendant les événements du début de DOFP totalement incompatibles avec la timeline post X-men 3

Là où, comme je l’avais déjà longuement expliqué, The Wolverine s’intéresse à la nature héroïque de son personnage principal, le très sobrement nommé Logan se penche logiquement plus sur l’homme écorché vif qu’il est également. Dernier survivant de l’équipe de super-héros créée par Charles Xavier, il a vécu suffisamment longtemps pour voir son rêve de paix foulée au pied. Les Etats-Unis sont devenu un pays refermés sur eux-même où plus rien n’est vrai, plus personne n’est sincère. Aux frontières se sont dressées des murs, les migrations sont surveillées par satellite et les lobbies pharmaceutiques et agro-alimentaires contrôlent le quotidien de millions de citoyens endormis dans une vie terne et sans saveur, ce que représente assez justement la teinte monochrome du film.

Logan et Laura enterrant Charles Xavier
Paradoxalement, Logan, l’un des derniers mutants, est le personnage le plus humain du film. Comme s’il était le dernier à pouvoir ressentir des émotions fortes.

Au milieu de cette Amérique sans valeurs, le sauvage et solitaire Logan est peut-être ce qu’il reste de plus proche d’un homme honnête. A travers les yeux de Laura, il découvrira qu’il représente un idéal, qu’il est un héros fantasmé qu’on ne rencontre que dans les histoires d’autrefois. Pour la première fois, il réalise qu’il est source d’espoir et qu’il peut offrir le réconfort à ceux trop jeunes, qui n’ont connu qu’une société cynique et déshumanisée.

Accompagné de la jeune mutante et de Charles, son père d’adoption, ils vont alors former une famille atypique et tenter un dernier périple vers le nord afin de trouver Eden, le dernier refuge mutant.

Globalement, Logan est un très bon film de super-héros et il prouve que le genre peut encore réserver de belles promesses, à condition que les studios prennent le risque de diversifier l’approche avec laquelle ils sont traités.

Logan brandissant des comics X-men, la lecture favorite de Laura
A ça s’ajoute aussi le fait que le spectateur moyen de films de super-héros à vieilli et qu’il peut apprécier voir ses héros d’enfances entraînés dans une histoire plus grave.

Le film est violent, autant dans ses propos que dans ses scènes de combat. J’avais personnellement préféré l’efficacité des affrontements dans The Wolverine, plus rares et donc plus impactants, mais la brutalité de certaines images est nécessaire dans Logan. Le super-héros en collants à qui rien n’arrive jamais n’existe plus. Il était le produit de l’après-guerre, une période d’innocence où l’avenir paraissait forcément radieux. En 2017, la donne a changé. Les héros sont devenus adultes et matures. Leur monde est sombre et impitoyable et le fait de représenter Logan couvert de son propre sang représente ce changement d’état d’esprit.

Avec ce deuxième film quasiment parfait, James Mangold enterre à mes yeux Bryan Singer, lequel s’est perdu avec Days of Future Past et X-Men Apocalypse dans du grand spectacle sans âme et sans propos. Je n’ai maintenant qu’une envie, voir où la Fox nous entraînera avec l’univers des mutants, que ce soit dans la série Légion ou dans le déjà annoncé X-Force, prévu pour 2019

Dessin extrait de la couverture du comic Cable and the X-Force #1 Wanted
Un film qu’on imagine déjà classé R car réalisé par Jeff Wadlow, le gars derrière le violent Kick-Ass 2 et relatant les aventures d’une équipe d’intervention mutante spécialisée dans les solutions permanentes.

Guillaume.


Images :

James Mangold, Logan 20th Century Fox, 2017

James Mangold, Wolverine : le combat de l’immortel, 20th Century Fox, 2013

Bryan Singer, Days of Future Past, 20th Century Fox, 2014

Illustration de Cable and the X-Force #1 par Salvador Larroca

Un commentaire sur « Logan – Le Billet du Mercredi »

  1. Moi qui adore X-Men, je n’ai pas du tout aimé Logan ! Je me suis ennuyée pendant la moitié, je n’ai eu aucune surprise et j’ai trouvé tous les rebondissements attendus 😕 Autant les combats étaient spectaculaires, autant le reste n’avait pas grand intérêt pour moi…

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