Barbarella, l’aventurière de l’amour

De quoi ça cause :

Dans un futur lointain où les hippies ont pris le pouvoir, un scientifique est porté disparu aux confins de la galaxie. Le Président de la Terre envoie sa meilleure exploratrice pour le retrouver. Celle-ci va bientôt réaliser qu’il existe encore des planètes peuplées d’individus malveillants qui fomentent des complots de méchants.

Ce qu’on en dit :

Anastasia Steele, un personnage qui trouve ça ok d'appartenir à un homme tant qu'il est riche et généreux.
« Hi ! hi ! Moi mon film préféré, c’est la Reine des Neiges, parce qu’elle m’a apprit que le plus important pour une femme, c’est de rester à sa place et de tout faire pour faire plaisir aux hommes ! »

Par chez nous, la mi-février est associé à la Saint-Valentin, une fête célébrant l’amour, l’occasion pour les célibataires de fulminer et pour les gens en couple de se ruiner. Mais plutôt que de faire le choix facile de vous parler d’une comédie romantique, ou de tomber dans le travers plus facile encore de décrier cette invention commerciale du 14 février en traitant, totalement au hasard, de la saga des « 50 Nuances », ces films qui vous apprennent qu’une femme tolérera n’importe quelle relation abusive à partir du moment où vous lui faites des cadeaux, nous avons décidé de traiter du seul film de SF hippie existant à notre connaissance : Barbarella.

Nos plus anciens lecteurs s’en souviendront peut-être car nous avions évoqué ce film dans l’un de nos tous premiers articles sur le désormais célébrissime Flash Gordon. Vous l’aurez deviné, nous repartons donc dans ce monde plein de bon goût de la SF cheapos où les acteurs sont en roue libre, les effets spéciaux vraiment très spéciaux et les femmes à moitié nues.

Jane Fonda se faisant déshabiller par une nuée de petites oiseaux, mais pas comme Blanche Neige
Cette fois cependant, ce ne sont plus les pistolasers qui font « piou ! piou! » mais de petits oiseaux adorables dans une scène dont la virtuosité n’est pas sans rappeler Hichcock.

Adapation d’une bande-dessinée française des années 60 et symbole du mouvement d’émancipation de la femme, Barbarella est une comédie érotique de science-fiction. On y suit une Jane Fonda au développement de personnage aussi profond que sa cavité vaginale et à la naïveté d’enfant. Originaire de la désormais très avancée et très pacifique planète Terre, elle ne connait rien à la guerre et aux armes. Les humains sont en effet devenus des individus d’amour et de paix, tellement libérés sexuellement qu’il est normal pour eux de se présenter totalement à poil devant le Président de la Terre pour prendre ses ordres de mission. Après réflexion, on pourrait tout à fait imaginer que ce film explore un monde dans lequel le plan du maléfique Hugo Drax, l’antagoniste vicieux de l’incroyable Moonraker, aurait réussi. Et rien que ça c’est beau !

Barbarella prise au piège de la Machine Excessive
Véritable Wonder Woman de l’amour, Barbarella dispose d’un muscle à la force surhumaine dont elle se sert comme monnaie d’échange, pour bricoler les ailes d’un ange, mais aussi pour détraquer la « machine excessive », un terrible orgasmotron dont je n’ose pas vous expliquer le fonctionnement !

Les mésaventures de Barbarella ne vont pas ménager ses tenues courtes, et les péripéties sont surtout des prétextes pour réduire en charpie le peu de tissu que porte notre héroïne galactique, la forçant à changer régulièrement d’accoutrement, passant du ridiculement court à ce qu’on ne peut imaginer qu’incroyablement inconfortable. Dans sa quête à la recherche d’un disparu professeur Durand Durand, elle sera bien entendu souvent aidée de gentils inconnus qu’elle saura remercier, voire parfois assister, grâce à sa capacité infinie à puiser dans le pouvoir de l’amour. Juste pas la même version du pouvoir de l’amour qu’on retrouve dans les dessins animés pour enfants…

Jane Fonda devant un décors paint
Dommage que l’héroïne soit juste comparable à ces formidables matte paintings : jolis mais désespérément unidimensionnels.

Il est compliqué de qualifier ce film de vrai nanar. Il ne se prend pas vraiment au sérieux et joue de beaucoup d’autodérision, comme le faisait Batman avant lui, juste avec beaucoup moins de panache et de subtilité. Pourtant, il se dégage de Barbarella une atmosphère absolument improbable qui me fait beaucoup aimer ce film. Si le scénario est totalement anecdotique et que les acteurs sont sans réelle saveur, on peut réussir à passer un très bon moment devant. Déjà parce que beaucoup des décors sont vraiment très créatifs. Les différents environnements que l’héroïne va devoir traverser sont toujours assez soigneusement pensés. Ils arrivent à être originaux sans nous perdre et on se retrouve avec des pièces totalement psychédéliques mais assez fonctionnelles. La civilisation que découvre Barbarella nous apparaît alors comme tangible et exotique, et c’est un très bon point puisqu’on arrive à voyager malgré l’aspect kitch au possible du film. Après, ça ressemble beaucoup à ce qu’on pourrait imaginer d’un club échangiste avant-garde des années 60, et cela est beaucoup dû aux costumes des figurants, presque tous en slips de cuir.

Un poster montrant un jukebox équipé pour les copitones
Les scopitones étaient les ancêtres des clips. Populaires dans les années 60, ils étaient diffusés sur des jukebox spécialement pensés pour et rependaient la joie et l’allégresse.

La musique enfin est délicieuse pour les oreilles. Un mélange groovie et léger qui colle assez justement aux ambiances, donnant l’impression de voir Jane Fonda déambuler dans un vieux scopitone.

Si la forme nous a totalement séduit, on ne peut pas franchement en dire autant du fond car il n’est pas certain qu’il soit vraiment existant. Quiconque cherchera à creuser un peu tombera nez-à-nez avec une écriture tellement creuse que ça en devient abyssal. Si le film intégrait les scènes de sexe, on pourrait presque croire à une parodie de film pornographique. Pour la petite histoire, Jane Fonda, particulièrement mal à l’aise avec l’idée de porter tout un film sur ses seules cuisses dénudées tourna toutes ses scènes dans un état d’ébriété avancé. Le pire ? C’est que les dialogues ne faisant de toute façon aucun sens, ça ne se voit presque jamais.

Bref. Barbarella est un bijou d’amour qu’on vous offre pour cette Saint-Valentin. Jane Fonda n’est qu’amour, nous n’avons que de l’amour pour ce film, et tout ce dont il parle n’est qu’amour. Si vous vous faites prochainement une programmation nanardesque à voir en mangeant une délicieuse pizza entre potes, n’hésitez pas à y caser ce film. On ne peut pas le conseiller à tout le monde, mais les amateurs de bons mauvais films l’apprécieront sans doute.

Et comme on vous aime, je vous laissez avec la merveilleuse bande-annonce (en anglais malheureusement) de ce film !

Des bisous !

Guillaume

3 commentaires sur « Barbarella, l’aventurière de l’amour »

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