Quelques minutes après minuit – Le Billet du Mercredi

Ça y est, les premiers films de 2017 sont là et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça commence pas mal du tout. Cette semaine, on est allé voir Quelques minutes après minuit, un film fantastique du réalisateur espagnol Juan Antonio Bayona et nous avons été conquis.

Le film met en scène Conor, un petit garçon vivant seul avec sa mère au Royaume-Uni après que son père soit parti avec une autre femme à Los Angeles. Conor a pas mal de soucis pour se faire des amis, pour suivre les cours, ou même pour s’entendre avec sa grand-mère, mais très vite on comprend qu’il a quelque chose sur le cœur qui l’empêche de vraiment pouvoir profiter de quoi que ce soit : sa mère est atteinte d’un cancer et ne semble pas prête de s’en sortir.

Convaincu qu’il est seul, il se réfugie dans son amour du dessin. Il veille tard le soir, perdu dans son monde de crayons et de feuilles de papier, jusqu’à ce soir particulier où le vieil if du cimetière voisin semble prendre vie et lui propose de lui raconter trois histoires.

Conor et le monstre à gauche, Groot des Gardiens de la Galaxie à droite
Vu la tronche du monstre, notre théorie personnelle c’est que ce film raconte l’histoire de Star-Lord, le meneur des Gardiens de la Galaxie, si Groot était venu sur Terre l’aider avec le cancer de sa mère, lui évitant ainsi de fuir sous l’emprise du chagrin et de se faire enlever par des aliens…

Le scénario ne va pas beaucoup plus loin, et à vrai dire, il est très simple en le voyant de comprendre où le film veut nous emmener. Dès la première histoire, on devine qui est ce mystérieux monstre et ce qu’il attend de notre héros. C’est sans doute le seul reproche qu’on pourrait faire à Quelques minutes après minuit. On voit venir la fin à des milliards de kilomètres, et on sait d’avance quelle sera la morale. Evidemment, le film parle de deuil en passant par les étapes obligatoires de l’acceptation de la colère, mais aussi de l’apprentissage de l’expression de ses émotions et enfin du rapprochement avec ses proches. Rien de bien surprenant en soit, mais rien de honteux non plus. L’histoire est racontée correctement, ce qui est déjà bien.

L'affiche du Labyrinthe de Pan
Sur Internet, la comparaison se fait déjà entre le dernier film de Bayona et Le Labyrinthe de Pan, le chef d’oeuvres de Guillermo Del Toro. Bayona a encore du chemin à faire avant d’en arriver là, mais il en est tout à fait capable.

Mais si le fond sonne un peu creux, la forme en revanche a tout pour plaire. C’est assez rare de voir du fantastique aussi bien pensé et on ne peut que difficilement résister à l’univers de ce long-métrage. La frontière entre le quotidien et le surnaturel est floue et on ne sait tout d’abord pas si Conor rêve ses rencontres ou si elles signifient quelque chose de plus profond. On est donc nécessairement intrigué par tout ce qui arrive, ce qui est le bienvenu car on ne s’ennuie ainsi jamais, même malgré la simplicité du récit.

Le prince de la première histoire levant une armée pour tuer la méchante reine.
Ces quelques passages d’animation jouent énormément sur la lumière, créant un contraste bienvenu dans ce film mettant en scène les ternes banlieues monochromes britanniques.

Visuellement, le film est une merveille et, si le design du monstre est un peu bateau, son animation et son incrustation sont parfaites. Cela est bien entendu facilité par le fait qu’il apparaisse souvent de nuit, mais il reste très convainquant même bien éclairé. Impossible également de parler de l’esthétique du film sans mentionner les quelques scènes en animation réalisées pour les séquences d’histoires. Ces passages de quelques minutes sont étrangement animés mais le dessin pensé pour imiter aquarelle est juste sublime, et si on imagine assez difficilement un long-métrage entier avec ce style, c’est juste parfait pour coller aux parties live de ce film-ci. Ce travail dans les visuel ne fait que renforcer le côté étrange et fantastique des situations tout en trouvant racine dans l’amour pour le dessin du jeune Conor ce qui contribue à créer une atmosphère vraiment palpable et très cohérente.

Felicity Jones dans le biopic sur Stephen Hawkings.
Dans les deux films où on a déjà parlé d’elle (Une merveilleuse histoire du temps et Rogue One), Felicity Jones s’en sortait pas mal, mais c’est jamais elle qui porte le film non plus…

Enfin, les acteurs sont également excellents. Le jeune Lewis MacDougall incarnant Conor est parfaitement convainquant, Felicity Jones s’en sort admirablement dans son rôle de malade et on Sigourney Weaver, épatante, joue de son image de star de film d’action pour camper un personnage d’abord froid et rigide, mais par la suite bien plus complexe et touchant qu’il n’y parait.

En résumé, Quelques minutes après minuit est un film qui, même s’il est probablement plus destiné à un public pré-adolescent dans le niveau de profondeur de son écriture, n’en demeure pas moins un très bon long-métrage qui vous fera certainement passer un bon moment.

Guillaume


Images:

Juan Antonio Bayona, Quelques minutes après minuit,  Metropolitan Filmexport, 2016.

James Gunn, Les Gardiens de la Galaxie, Walt Disney Studios Distribution, 2014.

Guillermo del Toro, Le Labyrinthe de Pan, Warner Bros., 2006.

James Marsh, Une merveilleuse histoire du temps, Focus Features, 2014.

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