Snowpiercer : la SF à la française ENFIN à l’honneur? ( Bong Joon-ho,Snowpiercer, 2013)

Résumé :

Le monde connaît une nouvelle ère glaciaire violente d’origine humaine. Les rares survivants vivent reclus dans un train lancé à pleine vitesse autour du globe sans espoir de pouvoir en sortir un jour. Dans ce huis-clos étouffant, la vie s’est réorganisée en une société hautement inégalitaire avec les riches à l’avant et  les plus pauvres à l’arrière. Curtis, un homme ayant vécu la moitié de sa vie dans ce train, décide de réaliser l’impossible : se frayer un chemin jusqu’en tête du convoi, prendre le contrôle de la locomotive et tenter de créer un monde plus juste.

Pour ce premier article de l’année, on voulait quelque chose qui évoque l’hiver, avec beaucoup de neige, mais qui ait aussi un petit air de fête. On sait bien que beaucoup sont heureux de pouvoir manger des galettes à longueur de journée, mais on sait aussi que peu importe ce que vous faites, Janvier, c’est quand même moins sympa que Décembre. On voulait donc prolonger le sentiment d’effervescence qui entour le Jour de l’An en vous proposant un film sur le changement, sur l’espoir d’un monde meilleur, mais surtout sur ce grand mensonge qui consiste à penser qu’une nouvelle année sera forcément mieux que la précédente, parce que c’est pas vrai !

La population pauvre et affamée de l'arrière du train.
L’avenir c’est de la merde, on sera tous obligés de vivre dans le RER et il n’y aura même pas de places assises pour tout le monde !

C’est parce qu’il regroupait toutes ces qualités, mais aussi parce qu’on le considère depuis sa sortie comme un des meilleurs films de SF de ce début de XXIe siècle qu’on voulait vous parler du très cynique Snowpiercer. Et si vous avez encore des doutes quant au fait de continuer de lire cet article, vous serez sans doute sensibles au fait qu’il s’agit d’un film sud-coréen (encore) adapté d’un roman graphique français. Ce combo est juste parfait, car autant, la France est assez frileuse en terme de SF au cinéma, autant c’est tout autre chose dans le milieu de la bande-dessinée. Et qui de mieux que des sud-coréens pour retranscrire cette audace alors qu’ils sont peut-être parmi les derniers à savoir encore faire des blockbusters pertinents?

Le héros du Dernier Train pour Busan, un film de zombie se déroulant dans un TGV coréen.
Dans le genre, on ne peut que vous conseiller chaleureusement Le Dernier Train pour Busan, un film d’horreur qui mêle le rythme d’un Mad Max : Fury Road à une écriture à la George Romero. C’est LE blockbuster de 2016 selon nous.

Mais trève  d’introduction, plongeons sans tarder dans la suite de ce premier article de 2017.

La lutte des classes mise en scène

Ceux d’entre vous qui sont allé à l’école au moins une fois dans leur vie ont peut-être entendu parler du concept de lutte des classes sur lequel a pas mal travaillé un barbu nommé Karl Marx. Ce concept part du principe que les sociétés sont construites en classes sociales organisées dans un rapport de dominant (la bourgeoisie) et de dominé (les prolétaires). Les frictions entre ces classes seraient à l’origine de tout un tas d’évènementmajeursrs de l’histoire et amènerait éventuellement à un retournement de la situation où la bourgeoisie se verrait dominée par le prolétariat.

Karl Marx incrusté à la place de Mel Gibson dans un film Mad Max. Détournement trouvé sur https://pogoprinciple.wordpress.com/2010/10/05/mad-marx-coming-to-a-political-theatre-near-you/
La lutte des classes dans un monde de SF post-apocalyptique cette fois-ci vue par le cinéma australien…

Concernant le film d’aujourd’hui, la première chose qui frappe dans cette histoire est qu’elle met en scène de façon assez nette cette fameuse lutte. La société présentée dans cette théorie est ici incarnée par un train dans lequel vivent les derniers survivants de l’espèce humaine. Tous ne sont pourtant pas égaux, car si les voyageurs assez fortunés pour se payer un billet en première classe coulent des jours heureux dans de confortables compartiments tout équipé à l’avant du convoi, les plus pauvres survivent tant bien que mal dans ce qui parait être un wagon à bétail en queue de train. Le fait d’avoir découpé le « monde » en plusieurs wagons accentue d’ailleurs le côté très « stratifié » de la société. Grâce à de solides portes séparant les différentes parties du train, il est absolument impossible pour quelqu’un qui n’a pas les bonnes connaissances de passer d’une « classe sociale » à l’autre. Cela, vous l’imaginez bien, contrarie surtout les survivants amassés à l’arrière du Transperceneige, ceux à l’avant vivant relativement paisiblement.

Mais il ne faut pas croire que ces compartiments fermés empêchent toute interaction. Les voyageurs coincés en queue de convoie servent en effet de main d’œuvre pour les habitants de l’avant. Le film commence d’ailleurs sur l’arrivée de militaires venus chercher à l’arrière un violoniste pour satisfaire les habitants de la tête. Et cela n’est que le première exemple de l’exploitation par les riches d’une population qui n’a rien à offrir sinon son travail. De manière générale, les résidents les plus pauvres du train servent d’outils ou de pièces de rechange. Plusieurs d’entre eux se voienchargésés de remplacer des pièces défectueuses de la locomotive, illustrant bel et bien que la société tient car les plus pauvres travaillent pour assurer le confort des plus riches.

Chris Evans braquant un fusil sur son front.
Ici, le fusil venant de la droite du cadre représente la pression que mettent les résidents de l’avant du train sur ceux de l’arrière. Chris Evans, en occupant le milieu-gauche de l’image se positionne comme leader des voyageurs de la queue du convoi.

Ce qui amène pourtant à réfléchir, c’est la mise en scène du film. Le scénario, celui d’une révolution dans ce train, est clairement un scénario de lutte des classes. Mais pour servir cette histoire, Bong Joon-ho décide de tout filmer ou presque en dirigeant sa caméra vers le côté gauche du wagon. De cette façon, lorsque les personnages progressent de la queue du convoi vers sa tête, ils cheminent toujours de la gauche du cadre à la droite. Ce qui pourrait n’être interprété que comme un choix pour faciliter la lecture de l’image est en fait bien plus intelligent que ça, car c’est une façon pour le réalisateur de filmer la progression de ses personnages. Et quand je parle de progression, je ne fais pas que mention du chemin parcouru dans le convoi, mais aussi parcouru dans l’état d’esprit des héros qui, peu à peu, découvrent le monde des dominants et voient le rapport s’inverser.

La population pauvres du fond du train assise à même le sol.
Dit comme ça, le fait de comparer les plus pauvres à des animaux peut paraître condescendant, mais je pense que cette population est plutôt traitée comme « modeste », dans le sens de « désargenté » certes, mais aussi de « humble ». Sans possessions, leurs vies sont plus « pures » car dénués des artifices de la richesses. Le fait de faire de ces gens les « gentils » de l’histoire sert le même propos écologiste que celui de The Revenant qui tentait de replacer l’homme au coeur de la nature, et non pas au-dessus d’elle.

Globalement, j’ai tendance à penser que le train est un nuancier de l’espèce humaine. Tout au fond, soit à gauche du cadre, se trouvent les êtres les plus primitifs, les plus bestiaux mais aussi peut-être les plus humains. Leur préoccupation est de survivre, ils se battent pour manger et pour avoir un peu de place pour dormir. Ils vivent au jour le jour, comme des bêtes, mais ils sont ceux que l’on voit entretenir le plus de rapport sociaux entre eux. A mesure que l’on progresse vers la droite du cadre, ou l’avant du train, on découvre un monde où les gens sont froids, déconnectés de la réalité. On les trouve soit seuls dans leurs compartiments clos, soit en groupe, mais trop ivres ou défoncés pour vraiment échanger. Enfin, la locomotive est le « moteur sacré ». Entretenue par Wilford, le fondateur idolâtré du train, elle n’a plus rien d’humain. Cette machine déifiée est ce qui s’éloigne le plus des habitants du convoi.

Curtis, le personnage principal campé par Chris Evans, sera le premier résident du train à découvrir toutes ces strates. Il est le seul à voyager de l’arrière du dernier wagon à l’avant de la locomotive, et son chemin ne se fera pas sans peine. Tandis qu’il progresse, il change plus qu’il ne le voudrait. Au début timide et hésitant, il deviendra vite un leader aux épaules solides. Il apprendra à tolérer le sacrifice des siens pour atteindre son but (commençant à traiter ses compagnons du fond du convoi comme des pertes acceptables dans sa lutte) et ira même jusqu’à abattre un otage de sang-froid lorsque celui-ci ne lui servira plus à rien. Finalement, il pénétrera dans la locomotive, convaincu de pouvoir vaincre, mais inconscient qu’il a déjà perdu. La lutte des classes est un mouvement cyclique dans lequel les dominés deviennent dominants, mais qui ne créé par d’égalité. En s’engageant sur ce chemin, Curtis n’a aucune chance de rétablir la justice dans le train, et en pénétrant dans la locomotive, soit le lieu où réside son « adversaire », il rejoint en fait son camp.

Les personnages de Wilford et de Christof côte à côte.
D’ailleurs, Wilford est incarné par Ed Harris, un acteur que vous connaissez maintenant tous pour son rôle similaire de créateur/manipulateur dans The Truman Show.

L’ordre avant tout

Contrairement à beaucoup de blockbusters, souvent chargés d’espoir, Snowpiercer se termine de façon assez douce-amer. On ne sait pas si on doit se réjouir de ce qu’il se passe ou plaindre les personnages. Ce dilemme est celui que vit Curtis lorsque, comme le spectateur, il prend conscience de l’inutilité de sa révolte, car plus que la liberté ou l’égalité, ce qu’il convient d’offrir à un peuple pour lui permettre de vivre, c’est la sécurité.

Le choix crucial entre une urne électorale et un repas chaud
Et si vous en doutez, posez-vous cette simple question : quel est le plus important pour vous, pouvoir choisir son président, ou être a peu près certain de pouvoir manger tous les jours?

Le monde post-apocalyptique dans lequel se déroule le film est très particulier car personne ne peut tenter d’échapper à la société sans risquer de mourir. Les conditions climatiques sont très dures à l’extérieur du train, ce qui implique que sans une organisation rigoureuse, il est impossible pour un être humain de survivre. Or, cette organisation est fournie par l’équipe chargée d’assurer le bon fonctionnement du convoi.

Certes, les voyageurs ne sont pas tous traitées de façon égale, mais le fait de disposer de résidents plus pauvres qui n’ont rien à perdre est indispensable pour fournir de la main d’œuvre gratuite lorsque les pièces de la locomotive doivent être remplacées. Si tout le monde était traité au même niveau, le rapport de hiérarchie serait plus faible, et personne ne se porterait volontaire pour effectuer le sale boulot. Le fait de ne pas laisser le choix aux voyageurs de l’arrière assure la sécurité de tous. Quand le train doit être entretenu, les plus pauvres ne sont pas en mesure de négocier, ce qui évite de perdre un temps précieux. C’est atroce, mais Curtis comprend la nécessité d’organiser la société de cette façon. Il a traversé le train en entier avec le spectateur, et il sait qu’un monde où tout le monde serait libre de choisir sa propre destiné conduirait nécessairement au chaos, chacun privilégiant son intérêt personnel à l’intérêt commun.

Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard par David
Du fait de la nationalité française de la BD d’origine, il est impossible de ne pas penser au siècle d’instabilité politique qu’a amené la révolution française. Les coups d’états et autres leaders autoritaires autoproclamés se sont succédés de la façon la moins démocratique qui soit, ce qui n’était sans doute pas le projet des sans-culottes.

De même, la répression violente de la révolte est nécessaire pour la survie du convoi. Une révolution est un changement brutal qui, s’il finit par apporter à tout le monde, fait perdre énormément sur le court terme. Dans un cas aussi extrême que celui de Transerceneige, personne ne peut se permettre ne serait-ce qu’un instant de désordre, car cela pourrait avoir des conséquences tragiques pour l’ensemble de la population. Une révolution n’aurait bénéficié à personne car les hommes se battent contre l’environnement pour survivre. Ils n’ont pas le loisir de se battre pour leur confort.

L’allégorie est faite à plusieurs reprises pendant le film. En effet, l’espèce humaine est comparée à une population de poissons vivant dans un aquarium. Son écosystème (l’aquarium, mais qui est en fait une métaphore du train), est fragile et la population doit être gardée sous un contrôle stricte pour éviter tout débordement. Globalement, la société humaine est aussi comparable à la locomotive dont chaque pièce à une place et un rôle parfaitement définit. A partir du moment où un engrenage n’est plus au bon endroit, c’est l’ensemble du mécanisme qui cesse de fonctionner.

Un affrontement qui oppose des passagers du train pour une dose de drogue. vu par un Curtis déjà mis à l'écart du monde car dans la locomotive.
Dans cette scène, Curtis, tout à l’avant, constate que derrière lui, l’humanité se déchire pour des bêtises. Il réalise qu’elle ne peut pas être sauvée car c’est son irresponsabilité qui a notamment causé la grande glaciation à laquelle le train tente d’échapper.

L’être humain est alors renvoyé à sa nature d’animal faible face à un monde impitoyable. Ce n’est que grâce à une extraordinaire coopération et à un partage de savoir que l’homme a réussi à s’élever au-dessus des autres espèces, mais l’ego humain causera ultimement la perte de toute civilisation. En voulant se révolter, Curtis a perturbé l’ordre établi dans le convoi, et même si sa révolution ne semble durer que quelques heures, c’est assez important pour condamner tous les passagers. D’où la fin douce-amer car, si dans un ultime sacrifice, le héros parvient à détruire le système oppressif contre lequel il se battait, il entraîne par la même occasion la mort de tous les passagers ou presque du Transperneige.

Un constat glaçant

Leonardo DiCaprio marchant seul dans la neige.
Evidemment, je ne peux que vous conseiller à nouveau (puisque c’est déjà la deuxième fois dans cet article) de (re)voir The Revenant si ce genre de thèmes vous plait puisque c’est littéralement le scénario de ce magnifique film.

En fin de compte, tout ça, la lutte des classes, l’écologie, le pouvoir, ça ne sert à rien. Snowpiercer est aussi un film sur l’insignifiance des hommes qui pensent que le destin existe et pire, qu’il peut se contrôler. C’est un film sur la force de la nature, sur le fait que la vie ne se résume pas au genre humain, et que nous devons apprendre notre place si nous ne voulons pas nous faire tuer par notre propre arrogance.

Tony Stark faisant la démonstration de son dernier missile.
« Que ce soit pour rétablir la paix ou rafraîchir le fond de l’air, il n’y a pas de problèmes qui ne puisse pas se régler à coup de missiles sur la tronche ! » #LogiqueDHumains

Même si cela n’est expliqué que très rapidement, il est assez clair que la situation périlleuse dans laquelle se trouvent tous les habitants du train est la responsabilité de l’homme. Tout a commencé avec l’industrialisation et la pollution dégagée par les nouveaux procédés de production. Le réchauffement climatique a forcé les différents pays du monde à commencer à prendre la question de l’environnement au sérieux, mais non sans arrogance. Ainsi, ils ont cru être capables d’équilibrer la situation en refroidissant l’atmosphère avec une poignée d’ogives, ce qui a amené à la mort de milliards d’individu et, supposément, à la fin de la vie sur Terre.

L'affiche américaine de Forest Warrior, un film direct to vhs sorti dans les années 90 où Chuck Norris joue un esprit vengeur de la nature bien décidé à protéger la forêt des méchants bucherons.
Et défier la nature, c’est très con, parce que quand elle veut prendre sa revanche, elle le fait avec l’aide de Chuck Norris !

La survie des résidents du convoi tient alors de la bravade, car ces rescapés paraissent surmonter les difficultés que leur oppose un environnement hostile. La fierté des survivants est alors sans limite, et le créateur de la locomotive est élevé au rang de Dieu. Or Dieu n’est pas connu pour avoir seulement créé les hommes, il est aussi le maître de la nature. En idolâtrant la tête du convoi, les rescapés continuent de se placer au-dessus d’un monde qui a pourtant tué la quasi-totalité de leur espèce.

Cependant, ce qui finit par arriver aux passagers laisse penser que personne ne peut contrôler la nature. Comment l’homme y parviendrait-il lorsqu’il ne parvient pas à se contrôler lui-même, comme le montre la révolution violente de Curtis ?

La capacité destructrice de la nature n’est pas la seule évoquée lors de ce final, et la présence d’un ours polaire sur le dernier plan laisse entendre que la vie sur Terre est bien plus résistante que ne le pensent les hommes. Elle existait des millions d’années avant le début de nos civilisations et continuera très certainement d’exister des millions d’années après, et cela quoi qu’on puisse faire pour tenter de détruire notre planète.

Le Transperceneige filant à toutes vitesses dans la montagne, sur le point d'être renversé par une avalanche.
Ce genre de plans servent pour remettre les événements du films à l’échelle du monde qui les entoure : peu importe ce qu’il se passe dans ce train, il est finalement bien petit et bien seul face à la puissance presque infinie de la nature.

Dans son dernier plan, Snowpiercer nous rappelle que nous ne sommes rien à l’échelle de la vie, et c’est de l’humilité que le film tente de nous faire ressentir.

Les deux survivants du films face à une étendue de neige.
Notez que ce plan est l’un des rares du film où la nature apparaît vierge de toute intervention de l’homme (pas de bâtiments ni de véhicules) . Ce paysage neuf signifie que tout reste à faire.

Il nous rappelle également que la nature fonctionne par cycles, que la mort des uns permet la vie des autres, et que le cycle qu’effectuait le train autour du monde n’était qu’une résistance futile car à la fin, l’humanité se retrouve résumée à deux personnes. Les deux derniers survivants ne sont que deux jeunes, un garçon et une adolescente, pour signifier qu’ils ont encore un avenir devant eux, qu’ils sont aussi purs que possibles des méfaits de leurs aînés, et qu’il leur revient à eux la responsabilité de ne pas faire les mêmes erreurs.

Certains peuvent y voir un espoir car l’évocation à Adam et Eve est évidente. Pour ma part, je n’y vois que la confirmation que quoi qu’il arrive, la société humaine est destinée à échouer. L’expulsion des deux premiers hommes du Paradis n’est pas un symbole d’espoir, elle est la représentation du premier échec de notre espèce. Nous ne sommes pas assez bien pour la vie éternelle, nous sommes condamnés à souffrir sur Terre parce que c’est tout ce que nous méritons. Et si vous avez lu cet article jusque-là, et que vous connaissez ce film, peut-être voyez-vous où je veux en venir. Même les enfants, les êtres les plus purs que l’on trouve dans ce train, ne sont pas irréprochables. En bonne représentation d’Eve, l’adolescente a un vice : elle est accro à la drogue.

Un ours polaire sur la crète d'une montage regardant avec curiosité les deux enfants sortir des vestiges du train.
Cet ours, mise en scène de l’adage « tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir » peut aussi être interprété de façon bien plus pessimiste : deux enfants seuls à des prédateurs de plusieurs centaines de kilos, ça va forcément mal se finir.

Le fait de représenter l’avenir d’une nouvelle société humaine déjà viciée par la précédente confirme cette idée de cycle : la nature s’organise sur des répétitions, et il est dans la nature de l’homme de continuellement échouer à vivre en paix avec son environnement.

Vous l’aurez compris, je vois Snowpiercer comme un film vraiment très intéressant, mais surtout très sombre. Je sais que les avis sont en général assez partagés sur ce long-métrage et il laisse rarement indifférent. J’ai pu parler avec des gens qui l’adoraient, tout comme avec des gens qui ne pouvaient pas le supporter, notamment à cause de sa supposée absence de morale. Or j’y vois une morale, mais une morale tellement violente qu’elle va contre le confort du spectateur, ce qui peut causer le désagrément de ceux qui voudraient juste passer un agréable moment sans se poser trop de questions.

Vous le savez, ce n’est pas notre cas. On vous souhaite une bonne année, et on espère que vous allez continuer de réfléchir avec nous sur encore tout un tas de films !

Guillaume.


Images :

Bong Joon-ho, Snowpiercer, le Transperceneige,  Wild Side Films, Le Pacte, 2013.

Yeon Sang-ho, Dernier Train pour Busan, ARP Sélection, 2016.

« Mad Marx » trouvé à l’adresse : https://pogoprinciple.wordpress.com/2010/10/05/mad-marx-coming-to-a-political-theatre-near-you/

Peter Weir, The Truman Show, Paramount Pictures, 1998.

Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, Jacques-Louis David, 1801.

Alejandro González Iñárritu, The Revenant, 20th Century Fox, 2015.

Jon Favreau, Iron Man, Marvel Studios, 2008.

Aaron Norris, Forest Warrior, Nu Image, 1996.

2 commentaires sur « Snowpiercer : la SF à la française ENFIN à l’honneur? ( Bong Joon-ho,Snowpiercer, 2013) »

  1. Passionant, ce billet (comme beaucoup d’autres que j’ai lu par ici, de toute façon).
    J’ai vu le film d’un oeil, le début m’ayant intriguée, mais sans réellement y être vraiment attentive à 100%… Je faisais partie du camp des indifférents, peut-être parce que je me suis endormie devant et que du coup, je suis passée à côté de la fin (et de la présence de Captain America, aussi). La confrontation Evans/Harris m’avait plongé dans l’incompréhension d’ailleurs (j’avais rien compris, ahah). Après cette lecture, je serais curieuse de le revoir, avec un peu plus de recul et ce nouvel éclairage sur le scénario (merci Guillaume)… Et puis de lire la bande-dessinée dont il est tiré, pourquoi pas (soyons fous).

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