Les Animaux Fantastiques – Le billet du mercredi

La suite inattendue des aventures du monde des sorciers que le monde a découvert au cinéma il y a quinze ans de cela vient de sortir, et évidemment, il fallait qu’on aille le voir au cinéma.

Carte de sorcier Norbert Dragonneau, issue d'un jeu Harry Potter
Voilà, c’est lui Norbert Dragonneau, il a même sa carte de sorcier célèbre pour Chocogrenouilles.

Les Animaux Fantastiques raconte l’histoire de Norbert Dragonneau (ou Newt Scamander, en VO) qui se rend aux Etats-Unis en 1926 afin de continuer ses recherches sur les animaux issus du monde des sorciers. Il est pris au milieu d’une intrigue impliquant Grindelwald (ENCORE un mage noir / terroriste d’ampleur internationale), même s’il passe fort heureusement plus de temps à re-capturer tous les animaux qui se sont échappés de sa valise magique.

Je dis fort heureusement, parce que sinon le film serait beaucoup, beaucoup plus lourd. Les Animaux Fantastiques est un plutôt bon divertissement, et on peut dire qu’on a passé un bon moment devant le film, notamment parce que ce n’est PAS Harry Potter : comprenez qu’il ne s’agit pas là pour le personnage principal de sauver le monde ou de combattre le plus grand mage noir de son époque, mais juste de vaquer à ses occupations. Ce qui est plutôt appréciable, puisque cela permet au film de développer un peu plus le lore du monde des sorciers qui jusque là était plutôt coincé dans Poudlard.

Bon après, comme pour la pièce de théâtre, il y a évidemment un petit côté pompe à fric, avec ici le scénario édité en très beau livre.
Bon après, comme pour la pièce de théâtre, il y a évidemment un petit côté pompe à fric, avec ici le scénario édité en très beau livre. Sérieux, vous achetez des scénarios d’habitude vous? Ne me mentez pas, je pense que non.

Le mieux, c’est que Les Animaux Fantastiques inaugure une nouvelle série de films sur le monde de J.K. Rowling, qui a l’air de partir sur l’histoire du mage Grindelwald, sans pour autant se concentrer exclusivement dessus. De même, bien qu’Eddie Redmayne campe un très rafraîchissant Norbert Dragonneau, il semblerait que le personnage ne revienne pas par la suite – ce qui veut dire que l’on verra bien plus de nouveaux personnage au cours des cinq films prévus que ce qui était le cas pour la saga Harry Potter. Et, cerise sur le gâteau, tout semble pointer vers un apparition d’un Albus Dumbledore entre la quarantaine et la cinquantaine, donc au moment où il va vaincre définitivement Grindelwald – bref, des films clairement destinés aux fans de l’univers Harry Potter, sans pour autant que l’histoire soit sans intérêt pour les néophytes.

D’ailleurs, deux mots sur Grindelwald, qui a fait polémique : il est effectivement joué par Johnny Depp – c’est à dire, plus précisément, qu’on le voit trente secondes à l’écran (pour deux heures de film). La polémique ne vient pas du fait que l’acteur ne sait visiblement plus jouer la comédie depuis quelques années (ce que personne ne semble avoir remarqué), mais de ses déboires conjugaux – ce qui, même s’il y a moyen d’en débattre, n’est absolument pas ce qui nous intéresse ici. Quid donc de ses capacités d’acteurs ? Eh bien, difficile d’en juger sur trente secondes, mais… Ça peut honnêtement marcher. Les mimiques et la diction de Depp sont ce qu’elles sont, mais personnellement j’ai réussi à voir un Grindelwald âgé de 40/50 ans, façon type louche auquel t’as pas envie de faire confiance mais charismatique à sa manière, ce qui est un bon point. Reste à voir ce que cela va donner dans des films où il est plus présent à l’écran, mais honnêtement, je suis curieuse de voir Depp jouer un antagoniste. Il l’a rarement voire jamais fait, et ça peut donner des choses intéressantes.

Johnny Depp joue Gellert Grindelwald dans les Animaux Fantastiques (David Yates, 2016)
Ceci dit rassurez-vous, malgré ses expériences avec la magie noire, Grindelwald a quand même meilleure mine que son interprète.
Et vraiment, vraiment, le personnage de Newt interprété par Redmayne est totalement charmant. Et même si j'ai pas mal râlé contre Une merveilleuse histoire du temps, il faut quand même le dire, Eddie est un des meilleurs acteurs de la génération.
Et vraiment, vraiment, le personnage de Newt interprété par Redmayne est totalement charmant. Et même si j’ai pas mal râlé contre Une merveilleuse histoire du temps, il faut quand même le dire, Eddie est un des meilleurs acteurs de la génération.

Le reste des acteurs, à commencer par le quatuor de tête incarné par Eddie Redmayne (Norbert Dragonneau / Newt Scamander), Katherine Waterston (Porpentina Goldstein), Alison Sudol (Queenie Goldstein) et Dan Fogler (Jacob Kowalski) sont excellents, et les quatre personnages cités ont une histoire qui change un peu du trio Harry-Ron-Hermione, d’autant qu’un Moldu (ou No-Maj, pour se mettre à la mode américaine) est ajouté à l’équation.

Vraiment, c'est dur à montrer en image, mais celui-ci en particulier ne fait jamais vrai dans le décor.
Vraiment, c’est dur à montrer en image, mais celui-ci en particulier ne fait jamais vrai dans le décor.

Point négatif cependant : les fameux animaux fantastiques ont une incrustation qui n’est pas fantastique du tout. Enfin, elle le serait si on parlait d’Harry Potter et la Chambre des Secrets, mais pour 2016 c’est assez honteux. Je pense au Niffler qui à aucun moment ne fait illusion, et surtout au Thunderbird (Oiseau-tonnerre) qui est entièrement en CGI (ou alors il en a beaucoup trop l’air) et qui du coup fait beaucoup plus moche que Buck l’hippogriffe du troisième film, qui lui était un animatronique. Mention spéciale ceci dit au Bowtruckle de Norbert, Pickett de son petit nom, qui étant plus ou moins un bambou avait l’air aussi réel que le Bébé Groot des Gardiens de la Galaxie.

Obscurial dans Les Animaux Fantastiques (David Yates, 2016)
Voilà, l’ennemi qui menace New York à la fin du film. Du déjà-vu, sauf que là c’est pas des aliens. Truc de ouf.

Deuxième point négatif, toujours un peu lié : la fin du film fait totalement blockbuster feignant. C’est un combat final contre un gros monstre de fumée chelou (apparemment ça s’appelle un obscurial), évidemment tout est en CGI, et c’est moche et gris. Toute la première moitié du film est très colorée, d’où le côté rafraîchissant, et ça finit dans une ambiance digne de La Désolation de Smaug. Tout ça pour une fin un peu mi-figue mi-raisin, et une énième destruction de New York, alors que Marvel nous la ressert tous les ans. Cette fin sentait un peu le réchauffé donc.

En somme, un film à voir pour les fans d’Harry Potter, surtout ceux qui auraient besoin d’un film doudou pour se consoler de l’hiver qui approche. Les autres pourront le voir aussi, d’autant que le fait de ne pas connaître le lore n’est absolument pas un problème – il n’y a d’ailleurs que trois noms connus cités dans le film (Dumbledore, Poudlard et Leta Lestrange), ce qui est évidemment du fan-service, mais assez léger pour rester digeste et appréciable.

Et évidemment, Newt est juste tellement charmant à côté d’Harry « j’ai la migraine mais je ne prendrai pas de Doliprane » Potter qu’il serait dommage de passer à côté.

Manon.

Bon, c'est bien beau d'écrire des articles, mais j'ai du travail à faire moi...
Bon, c’est bien beau d’écrire des articles, mais j’ai du travail à faire moi…

Crédit images

Carte de Norbert Dragonneau trouvée à l’adresse <http://fr.harrypotter.wikia.com/wiki/Fichier:Norbert_Dragonneau_-_Chocogrenouille_HP1.jpg>

Image livre Fantastic Beasts trouvé à l’adresse <https://www.amazon.co.uk/Fantastic-Beasts-Where-Find-Them/dp/1408708981>

David Yates, Les Animaux Fantastiques, Warner Bros., 2016.

2 commentaires sur « Les Animaux Fantastiques – Le billet du mercredi »

  1. La sortie de ce film me laisse de marbre. Même si j’adore l’univers et le monde chatoyant de mon vieux copain Harry, les adaptations ciné des romans m’ont fait perdre foi en l’humanité (notamment le troisième volet quand Hermione hurle au clair de lune pour faire diversion, genre c’est une femelle loup-garou)(j’ai cru que j’allais en manger mon chapeau), et la perspective de découvrir ces « animaux fantastiques » ne m’enchante pas plus que ça. Eventuellement, l’arc concernant Grindelwald pourrait m’intéresser (parce que Dumbledore la légende, TMTC) mais pourquoi Johnny Depp ? … Je ne comprends pas.

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    1. Un peu pareil pour moi – personnellement c’est le quatrième film qui m’a fait décrocher de la saga au cinéma, je ne suis plus allé en voir ensuite (sauf la première partie du 7, parce que j’avais envie d’aller au cinéma mais rien envie de voir en particulier).

      Quant à Johnny Depp, sûrement parce que c’est un acteur encore bankable, malgré la disparition de son aptitude à la comédie. Sinon effectivement comme choix de casting c’est assez étonnant… Ca a l’air de fonctionner (sur trente secondes en tout cas), mais j’aimerais bien la justification de Warner là-dessus.

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