Ghostbusters (2016) – Le Billet du Mercredi

S’il se passe des choses étranges dans votre quartier, qui qu’c’est qu’t’i qu’on appelle ? Les Ghostbusters, et quelle que soit l’équipe qui arrive, on vous jure que vous serez heureux !

Et puis ce premier trailer qui promettait des blagues chiffons type "comment tu trouves que ça me va ?", tellement le genre de trucs qui nous insupporte...
Et puis ce premier trailer qui promettait des blagues chiffons type « comment tu trouves que ça me va ? », tellement le genre de trucs qui nous insupporte…

Si vous nous suivez sur les réseaux sociaux, et plus particulièrement sur Twitter, vous nous aurez peut-être vu râler sur le premier trailer de ce nouveau Ghostbusters, qui nous avait franchement énervé. Oui, le trailer le plus disliké de l’histoire du YouTube, on parle bien du même : nous faisons partie des 992.993 pouces rouges sur cette vidéo. Pourtant, nous ne faisons pas partie de ces misogynes attardés qui détestent le nouveau film juste parce que les personnages principaux sont des femmes : mais ce premier trailer, il faut le dire, était quand même une daube. Il nous a donné l’impression d’un Scooby-Doo chick flick qui reprenait exactement le même déroulement que le premier film, tout plein de déjà-vu, et qui jouait sur la nostalgie des fans du premier dès ses premières notes de piano mélancolique. Le deuxième trailer était moins mauvais, mais on est quand même allés voir le film en s’attendant à voir quelque chose de passable au mieux. Genre ça se regarde, mais de là à y prendre du plaisir ou à vouloir le revoir, faut pas exagérer.

Pardon, vous avez deux impressions de déjà-vu en une image ? Et si on vous disait qu'en fait, à chaque fois que cela vous arrive dans le film, la scène ne va pas dans le même sens que dans les films originaux ? Eh oui : Ghostbusters ne pratique pas le plagiat comme le fait un Star Wars VII.
Pardon, vous avez deux impressions de déjà-vu en une image ? Et si on vous disait qu’en fait, à chaque fois que cela vous arrive dans le film, la scène ne va pas dans le même sens que dans les films originaux ? Eh oui : Ghostbusters ne pratique pas le plagiat comme le fait un Star Wars VII.

PAUVRES FOUS QUE NOUS ÉTIONS ! Ce reboot de Ghostbusters – car oui, c’est un reboot, ce film se passe dans un univers où les deux premiers n’ont pas eu lieu – est aussi bon que le premier ; c’est le même genre d’expérience de cinéma et le même plaisir qui est pris devant. Comme pour le Robocop de José Padilha, il reprend les thématiques présentes dans les précédents films, mais les revisite vraiment bien, de façon à ce que l’on puisse apprécier pleinement chacune des deux sagas. C’est vraiment une très bonne sortie cinéma à faire.

« Je suis sûr que tu dis ça parce que t’es une vieille meuf et que dans le fond ça t’a plu qu’il n’y ait plus de mecs dans l’équipe, mais c’est évident que ce film est merdique. »

– Un petit masculiniste sceptique.

Bon, comme visiblement il faut justifier en détail pourquoi Ghostbusters 2016 est bon alors qu’il n’y a jamais eu besoin de le faire pour Ghostbusters 1984, allons-y, que voulez-vous.

Ah ça oui, on le sait que vous êtes mauvais, les mecs.
Ah ça oui, on le sait que vous êtes mauvais, les mecs.

Déjà, parlons d’un premier point sensible : les références aux anciens films, et le fan service. Dans la même semaine nous avons vu Suicide Squad, et ce sont deux films qui utilisent le fan service de deux façons totalement différentes, et l’un d’eux est un modèle dans le genre [Spoiler: ce modèle n’est pas chez Warner]. L’un fait des références par-dessus la jambe à ce que les spectateurs auraient aimé voir dans le film, genre le costume mythique de l’un des personnages principaux, et quiconque ne connaît pas la référence se trouve largué à se demander pourquoi le personnage sort un justaucorps bariolé avec un couinement ravi si c’est pour ne jamais le mettre. L’autre film, le bon, fait des clins d’œils aux fans des premiers films sans pour autant que cela paraissent déplacé dans l’intrigue.

Même Slimer a le droit à son petit cameo dans le film, et encore une fois : c'est pas dérangeant. Ça pourrait être comme dans le premier, un random fantôme goinfre.
Même Slimer a le droit à son petit cameo dans le film, et encore une fois : c’est pas dérangeant. Ça pourrait être comme dans le premier, un random fantôme goinfre.

Un bon exemple de ces clins d’œil dans Ghostbusters (oui, c’est Ghostbusters, le bon film) ce sont les caméos des anciens membres de l’équipe. Bill Murray joue un expert BFM TV sceptique quand à l’existence des fantômes, et ne fait justement pas du Bill Murray en proposant un jeu peu exubérant ; Dan Aykroyd, de même, se trouve dans le rôle du chauffeur de taxi qui sort un petit « ain’t afraid of no ghost » (« je n’ai pas peur des fantômes ») ; et même Ernie Hudson (oui, vous savez, le Ghostbuster noir qui n’est pas toujours cadré dans les premiers films) fait sa petite apparition dans le rôle de l’oncle de Patty – jouée par Leslie Jones – dans celui-ci. Dans la salle (remplie), nous étions à côté d’une fan hardcore des premiers films qui sautait de joie à chaque fois que l’un de ces caméos apparaissait ; et pourtant pour ceux qui ne connaissent pas les originaux, ce fan service n’a rien de choquant, il n’y a rien à comprendre, ce sont simplement les mêmes acteurs qui jouent d’autres personnages.

C'est toujours plus drôle de voir Bill Murray faire référence à Venkman des années plus tard, au final, que s'il avait effectivement repris le costume.
C’est toujours plus drôle de voir Bill Murray faire référence à Venkman des années plus tard, au final, que s’il avait effectivement repris le costume, comme par exemple ci-dessus dans Bienvenue à Zombieland.

Car oui, autre bon point du film : il ne se place pas dans la continuité des premiers Ghostbusters, c’est un reboot. Et on doit remercier Bill Murray pour avoir toujours refusé de tourner dans une suite pour cela : parce que je sais pas si vous vous rendez compte, mais Ghostbusters II date de 1989, c’est à dire de la même année que Indiana Jones et la Dernière Croisade, et vous savez ce qu’a donné la suite faite 30 ans plus tard à ce dernier ? Oui vous savez, c’est Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal. Et nous savons tous que c’est le pire qui aurait pu arriver à la franchise des chasseurs de fantômes : de voir les vieux acteurs renfiler leurs costumes, faire des blagues sur leur âge avancé, et au final se planter monumentalement et donner envie aux fans que leur saga favorite tombe dans l’oubli plutôt que de souiller son slip plus longtemps.

DANS VOS BOOOOOULES LES RAGEUX, WOOOOOH !
Et j’ai bien envie de prendre cette scène comme ça aussi : les rageux qui se cachent derrière leur soi-disant amour pour les premiers films qui se prennent un gros coup dans leur petit ego (et leurs tout aussi petites boules).

Alors oui, on perd le côté kitsch des films des années 80… Parce que tout simplement, l’équipe du film n’a pas pu retourner dans le temps pour filmer dans les années 80. Mais il y a de fortes chances que celui-ci vieillisse comme son prédécesseur, et aie la même saveur que les anciens d’ici trente ans, un charme un peu désuet et très années 2010 – avec l’utilisation notamment de YouTube pour diffuser les vidéos que les Ghostbusters prennent de leur fantômes… Et une petite allusion aux commentaires de rageux qu’il ne sert à rien d’écouter – dit texto dans le film, dans vos dents les relous ! La scène a d’ailleurs été ajoutée suite aux commentaires assez violents (dont un exemple est donné, « Ain’t no bitch gonna catch no ghost », « Aucune de ces salopes ne chassera de fantômes ») sur le trailer, en réponse à ces derniers. Le message : osef, on sait que notre film est bon et qu’il parlera à des gens.

Bon, il y en a qui n’attendent que ça : qu’en est-il de cette équipe entièrement féminine ?

Eh bien, c’est une équipe de Ghostbusters, FIN DE L’HISTOIRE.

Pour ceux qui veulent les informations plus vites : elles font partie des personnages féminins les mieux écrits du cinéma, absolument pas caricaturales, et ça fait hyper plaisir.
Pour ceux qui veulent les informations plus vite : elles font partie des personnages féminins les mieux écrits du cinéma, absolument pas caricaturales, et ça fait hyper plaisir.

Bon, ok, plus de détails. Eh bien contrairement à ce que je craignais, le traitement n’est pas totalement différent juste parce que ce sont des femmes. Il y a évidemment des problèmes qu’elles rencontrent de ce fait – je pense à Erin, a.k.a. le Dr. Erin Gilbert, qui est professeur à l’université Columbia de New York, qui rencontre quelques problèmes au niveau académique parce que, justement, c’est une femme professeur et docteure, et quand son livre de jeunesse sur les fantômes co-écrit avec le Dr. Abby Yates (qui continue d’étudier le paranormal) sort, elle se trouve être virée car… Eh bien comme c’est une femme dans l’académie, on ne lui pardonne absolument rien. Et c’est un sujet très intéressant à aborder, d’autant plus que le film ne s’appesantit pas dessus pour autant – parce que le personnage ne va pas non plus s’appesantir dessus une fois qu’elle est renvoyée. De même, Abby qui est jouée par Melissa McCarthy est visiblement en surpoids, mais… Miracle, pas de blagues dessus ! Elle adore manger asiatique et déteste que ses commandes arrivent en retard mais sans faire pour autant de blagues bien lourdes sur son embonpoint, parce que c’est UNE PERSONNE NORMALE.

Mais elles prouvent toutes les quatre qu'elles sont des héroïnes tout aussi badass que leurs prédécesseurs.
Et elles prouvent toutes les quatre qu’elles sont des héroïnes tout aussi badass que leurs prédécesseurs.

Alors, en tant que fille on s’identifie aux personnages principaux, mais j’ai presque envie de dire que même quand lesdits personnages sont des hommes, on est un peu forcées de s’identifier à eux : mais un homme peut-il apprécier le film même si ce ne sont pas des hommes qu’on lui présente ? Eh bien à en croire Guillaume, oui, parce que les messieurs sont peut-être moins habitués à cela, mais sont tout aussi capables de s’identifier à un personnage féminin qu’une femme est capable de s’identifier à un personnage masculin. Il n’y avait donc pas du tout de quoi s’inquiéter…

« LE PERSONNAGE DE KEVIN SE MOQUE DES HOMMES DANS LEUR ENSEMBLE ! CE FILM NOUS ÉMASCULE ET SE FOUT DE NOUS ! »

– Notre ami de tout à l’heure s’énerve.

La vraie question étant : vous préférez la photo où il joue du saxophone, ou celle où il écoute le saxophone ?
La vraie question étant : vous préférez la photo où il joue du saxophone, ou celle où il écoute le saxophone ?

Aaaah, Kevin. Joué par Chris Hemsworth (oui, vous savez, Thor), c’est peut-être ma plus belle surprise du film, et mon personnage favori. Il joue le rôle du secrétaire embauché par les Ghostbusters pour tenir le standard, de même que Janine, jouée par Annie Potts (qui fait aussi un caméo comme standardiste d’un hôtel) le faisait dans les deux premiers films. Sauf que Kevin est un peu limité, disons, par ses facultés mentales assez particulières. C’est à dire qu’il a le physique de Thor (qui ne fait de l’effet qu’à Erin, et non pas aux quatre filles parce que se crêper le chignon pour un mec, c’est pas ce qu’on fait d’habitude en fait et parce qu’encore une fois, les personnages ne sont pas définis par leur physique mais par leur personnalité), mais le QI d’un bulot. Et c’est donc l’un des ressorts comiques du film, avec des passages que je trouve merveilleusement bien écrits – à condition d’aimer l’humour absurde. C’est simple, la scène où il est recruté est l’un de mes plus gros fous rires du film, parce que le timing est extrêmement bien géré entre deux blagues et que Chris Hemsworth joue, finalement, merveilleusement bien.

Ça faisait vraiment longtemps que Guillaume et moi n’avions pas autant ri devant un film – en fait, la dernière fois remontait à quand on avait revu les premiers Ghostbusters il y a quelques mois. Vous n’avez donc pas d’hésitations à avoir, le film que vous devez aller voir pour votre prochaine sortie cinéma, c’est bel et bien le reboot de Ghostbusters.

Allez, on y va sans hésiter, après tout, c'est nous les difficiles en matière de cinéma qui vous le conseillons.
Allez, on y va sans hésiter, après tout, c’est nous les difficiles en matière de cinéma qui vous le conseillons.

Manon et Guillaume.


Crédit images

Paul Feig, Ghostbusters, Sony Pictures, 2016.

David Ayer, Suicide Squad, Warner Bros., 2016.

Ruben Fleischer, Zombieland, Columbia Pictures, 2009.

3 commentaires sur « Ghostbusters (2016) – Le Billet du Mercredi »

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