Indiana Jones 4 : faut-il qu’Indy se détache de Steven et Harrison ? (Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, Steven Spielberg, 2008)

Résumé

C’est Indiana Jones qui à 70 ans passés continue de crapahuter un peu n’importe où plutôt que de faire cours, passant de la recherche de reliques religieuses aux preuves de l’existence d’aliens à faire bander tous les petits théoriciens du complot dans le monde. Il fait ce que fait Indiana Jones habituellement, mais avec tout plein de clins d’œil de fan service dignes d’un Han Solo sur le point de crever. 

Ah, Indiana Jones 4. Tu sais que j’aurais aimé te défendre ? J’aurais bien dit que « C’est pas si nul, » ou encore « en arrêtant la mauvaise foi pure et dure ça passe. » Sauf que non. Je ne peux pas dire ça d’Indiana Jones 4, même si j’essaie très très fort d’être gentille et positive. Comme pour The Brave, il fait partie de ces films où j’ai beau essayer, je m’ennuie comme un Rattata mort en les regardant tant ils n’apportent rien – ou tellement peu.

Deckard mangeant des nouilles dans la rue, sous la pluie.
Dire qu’il va retourner bouffer des nouilles sous la pluie d’ici 2019 pour la même raison dans Blade Runner 2… C’est quand même vraiment nul.

D’autant que faire une suite dans un univers tel que celui d’Indiana Jones, ça n’aurait pas dû être une mauvaise idée, ni être compliqué. Mais je vous laisse méditer sur le fait que la production du Royaume du Crâne de Cristal a été lancée suite à un appel qu’a reçu Steven Spielberg de la part d’Harrison Ford, qui, GROSSO MODO, avait besoin de payer son loyer. Tout de suite, je trouve que ça explique pas mal de choses quant à la qualité de ce film.

Du coup, je vous propose de voir en détail pourquoi Indiana Jones, ce sera mieux quand tonton Steven et papy Harry ne seront plus dessus.

Le Royaume du Crâne de Cristal : c’est moche.

La pyramide principale du site de Chichen Itza
Non parce qu’une pyramide dans la jungle c’est pas un royaume, c’est juste une pyramide dans la jungle…

Alors, oui, je parle aussi un peu du titre quand je dis ça : j’ai pas vu en quoi le crâne de cristal avait un royaume, ni en quoi il y avait un royaume tout court, et du coup j’ai comme l’impression que Spielberg et George Lucas (eh oui, le papa de Star Wars est aussi dans le coup) avaient envie d’un nom qui claque, mais ne se sont pas plus posé la question du sens derrière ça. D’ailleurs, au vu des nombreux titres envisagés pour le film, je pense ne pas être dans le faux en pensant cela : « Indiana Jones et la Cité des Dieux, » « Indiana Jones et le Destructeur de Mondes, » « Indiana Jones et le Quatrième Angle de la Terre, » « Indiana Jones et la Quête du Pacte »… Tout ça, et aucun titre ne me semble vraiment avoir de rapport avec le film lui-même. Ou alors il faut aller chercher loin. Alors que finalement, Les Aventuriers de l’Arche Perdue ou La Dernière Croisade, ça faisait quand même plus de sens.

Un crâne de cristal tiré du film.
Bon ceci dit, il y a quand même une histoire de crânes vaguement cristallins, donc on peut considérer que le titre a un demi rapport avec le film. Ça et il y a aussi Indiana Jones dedans.

Mais s’il n’y avait que le titre, encore, on dirait juste que c’est un titre naze mais que c’est pas bien grave après tout. Il y a plein de bons films avec un titre hors sujet, genre Reservoir Dogs, qui ne parle pas de chiens ni de réservoir, et Brazil, qui ne se passe pas du tout au Brésil – et les deux sont des chefs-d’oeuvre. Sauf que non, Indiana Jones 4 devait se payer le luxe d’être laid.

Le T-Rex du premier Jurassic Park
C’est quand même un comble d’avoir à reprocher de mauvais effets spéciaux à Spielberg alors que certains de ses films sont des modèles encore aujourd’hui…

Il y a déjà ce problème des réalisateurs qui ne jurent plus que par la CGI depuis quelques années le tout pour un résultat médiocre, alors qu’ils étaient très capables de faire sans. Les Indiana Jones originaux avaient des effets spéciaux classiques et beaucoup de décors réels ou construits en studios, ce qui, on l’a déjà dit notamment dans notre article sur Conan le Barbare, est toujours beaucoup mieux ne serait-ce que pour préserver les yeux du spectateur, mais aussi pour l’immersion, ce qui n’est pas négligeable. Je passe sur les espèces de marmottes ou je ne sais quoi qui énervent tout le monde, parce que ouais elles sont moches, ouais elles servent à rien, mais à la limite vu le reste, si ça peut amuser papy Steven à défaut d’avoir des marionnettes de dinosaure stylées, pourquoi pas hein. Non, le problème c’est par exemple d’avoir une zone 51 en début de film qui est presque entièrement sur fond vert, avec deux ou trois vraies caisses pour que les acteurs interagissent avec, mais mal fait au point de voir la limite entre le sol et le mur du fond vert, et de faire facilement la différence entre les vraies caisses dans le décor et les fausses ajoutées par ordinateur. Pour un décor impossible à reproduire sans ordinateur, pourquoi pas utiliser du fond vert en effet, mais pour un HANGAR ? Un hangar plein de caisses mais autrement sans aucune particularité ? Il fallait VRAIMENT le faire par ordinateur ?

Le hangar en images de synthèses de la zone 51
« Arrête d’avancer Indy ! Tu vas droit dans le mur ! »

Alors c’est un défaut partagé avec plein de films, même bien plus récents, genre la trilogie du Hobbit, bourrée de CGI bien moche alors que la trilogie du Seigneur des Anneaux, sortie quinze ans avant, utilisait un maximum de décors réels, prouvant que c’était possible, déjà, mais aussi que c’était bien plus agréable, encore une fois – et on constate maintenant que ça vieillit beaucoup mieux, aussi. Regardez le Hobbit ou Indiana Jones 4 dans quinze ans, vous allez très probablement pleurer des larmes de vomi. Toujours est-il que même si le défaut est partagé, c’est pas une raison pour tous continuer de faire la même connerie. Messieurs les réalisateurs, inspirez-vous donc un peu plus de Mad Max : Fury Road dans votre usage des effets spéciaux (mais pas que), ça fera plaisir à tout le monde #NouveauFilmPréféré.

Un gif illustrant une cascade en prise vue réelle dans Mad Max : Fury Road
BOOM ! On a fait de VRAIES explosions de VRAIES voitures dans le VRAI désert !

Ce qui ne va pas non plus du tout avec le Royaume du Crâne de Cristal, c’est l’âge de son personnage principal – ou plutôt, la façon dont c’est traité. Parce que oui, comme Harrison Ford s’est pris trente ans dans le nez entre La Dernière Croisade et le film dont on parle ce soir, assez fatalement, il faut admettre que c’est aussi le cas d’Indiana Jones (qui officiellement n’a pris que vingt ans #LaCoquetterie). Alors ça, le film le constate : son père est mort, il a un fils qu’il découvre au cours du film et qu’il se met à appeler Junior, et comme il est plus vieux il est moins souple donc c’est drôle (non). Mais à part quelques blagues faciles et assez pathétiques, le personnage ne gagne rien de sa vieillesse ; il est en fait juste moins fort, un peu rouillé, plus mauvais donc, et il perd du coup pas mal de son intérêt.

Indiana Jones grimaçant tant ses vieux os le font souffrir.
« MDR ! Mon corps part en couille à cause de mon âge ! C’est tellement une source infinie de blagues et un bon développement ! Oh… je viens de me pisser dessus… »

Il y a pourtant deux façons de répondre au fait que son acteur ait visiblement vieilli quand on fait une suite à une saga à succès des années 80. La première, c’est de faire comme dans Star Wars VII (attention, je vais en dire du bien, cramponnez-vous) avec justement le personnage de Han Solo, qui lui aussi a vieilli (puisque Harrison Ford n’a pas rajeuni depuis Indiana Jones 4, #TheMoreYouKnow), mais qui ne s’en soucie pas ; on ne fait pas d’allusions à son âge, il se comporte toujours comme avant, la seule différence étant qu’il a eu un fils, mais ça ne change rien à sa personnalité ou à ses capacités. A l’inverse, deuxième solution quand on a un acteur qui a vieilli, c’est de faire comme pour le personnage de Rocky campé par Sylvester Stallone dans Rocky Balboa, puis dans Creed début 2016 : admettre que le personnage a vieilli, qu’il est moins fort, mais qu’il est aussi plus sage, plus mûr, et en somme qu’il a évolué. La vieillesse n’a pas seulement eu d’impact sur son corps, mais aussi sur son caractère.

Indiana Jones en 2008 est un mélange bâtard des deux, mais pas le plus savant : le personnage a vieilli, s’est affaibli, mais n’a pas changé de comportement ni n’a gagné en sagesse. Sa vie en est au même stade que quand on l’a laissé en 1989, et il a somme toute juste pris en rides et en arthrose.

« Ils sont parmi nous » : les mauvais scénaristes

Enfin officiellement il n’y a qu’un seul scénariste, David Koepp, mais l’histoire a été écrite par George Lucas (encore lui) et Jeff Nathanson (scénariste un peu osef visiblement copain de Spielberg), donc j’ai le droit d’utiliser un pluriel, pouet.

L'affiche du premier film Indiana Jones
Attention, c’est pas un reproche de ne pas être un grand film. C’est juste que les Indiana Jones n’ont pas d’autre prétention que de divertir le spectateur, ce qu’ils font, et c’est tout. Mais ils ne révolutionnent rien non plus.

On y reviendra plus tard, mais déjà, mettons-nous d’accord : les Indiana Jones, ça n’a jamais été de grands films, on parle plutôt de bons divertissements à ce niveau là. Leurs histoires n’ont jamais cassé trois pattes à un canard, et on ne regarde pas un Indiana Jones pour le potentiel de mindfuck du scénario. Tout ce qu’il faut, c’est que la suspension d’incrédulité fonctionne bien et qu’à aucun moment on ne soit sorti du film.

Bon déjà, vu la tête des effets spéciaux, c’est raté, on sort du film à chaque fois qu’on le regarde ou presque.

Mais le scénario repose tellement sur de la vieille théorie du complot moisie qu’il n’aide pas à rentrer dans le film. Indiana Jones a toujours cherché des reliques au cours de ses aventures – deux issues de la mythologie judéo-chrétienne avec l’arche d’alliance et le Graal, et les pierres de Sankara dans Le Temple Maudit sont inspirées de croyances hindoues. Il y a donc à chaque fois une part de vrai et une part de mystère dans ces objets, les deux premiers évoqués n’ayant jamais été trouvés sous aucune forme mais étant évoqués de nombreuses fois dans plusieurs textes, sacrés ou non. Leur traitement de plus est toujours le même que pour des objets ayant une grande valeur historique et archéologique, de façon plus importante que leurs pouvoirs magiques.

Là, pour les crânes de cristal, on part sur quelque chose de très populaire en ce moment, les théories du complot et autres théories de la fin du monde parce que « les Mayas. » Ce n’est plus tant une idée de « ces objets existent » dans le Royaume du Crâne de Cristal, mais plutôt « mais du coup ON NOUS CACHE DES CHOSES HUM HUM ROSWELL TMTC » – je le dis en majuscules parce que c’est TRÈS SUBTIL dans le film. En gros, Indiana Jones 4 finit en mode « les extraterrestres existent et le gouvernement le sait et nous l’a toujours caché, et p’têt bien même qu’ils ont construit des pyramides et qu’on nous fait croire que ce sont des royaumes depuis le début ! »

Bryan Cranston, théoricien du complot dans Godzilla (2014)
« AAAaah ! Et s’il y a des tremblements de terre au Japon, c’est forcément parce que des lézards radioactifs géants vivent sous le pays ! #ToutEstLié! #OnNeNousDitPasTout »

Alors, c’est très drôle, les théories en tous genres, et j’en suis d’ailleurs moi-même friande – il suffit de jeter un œil à mes abonnements YouTube pour le constater, je suppose. Mais ce qu’il y a d’intéressant, c’est que ce ne sont QUE des théories. Je sais bien que les Indiana Jones n’ont jamais remis l’existence du Graal ni du reste en question, on nous montre les reliques à l’écran – mais dans les trois premiers films, il s’agit toujours soit d’objets très connus au moins dans le monde occidental car issus de la mythologie judéo-chrétienne, soit d’objets au contraire inconnus du public américain et européen. Les crânes de cristal, c’est une autre paire de manches : évidemment que tout le monde ne connaît pas, mais il s’agit d’objets assez populaires, et surtout, les crânes de cristal que l’on a retrouvés sont des faux, ne datant pas de l’époque qu’on leur prête. La suspension d’incrédulité s’arrête là, du moins dans notre cas à Guillaume et moi : on n’arrive plus à rentrer dans l’histoire.

Un vrai crâne de cristal exposé à Paris
C’est d’autant plus frustrant quand les vrais crânes n’ont visuellement rien d’alien. Le seul mystère autour d’eux, c’est de savoir comment ils ont été taillés, mais la forme est quand même d’inspiration humaine… Donc rien à voir avec une théorie du complot…

Après, quant à la première fois que je l’ai vu, lors de sa sortie en salle, je ne peux pas dire que j’avais entendu parler des crânes de cristal : mais même là c’était difficile d’y croire. Tout simplement parce que les objets religieux peuvent avoir été créés de la main de l’homme et donc exister, quand bien même il n’y aurait pas de dieu(x). Là, le film se termine en nous montrant le propriétaire du crâne, qui est bel et bien un extraterrestre – et ce qui est dérangeant n’est finalement pas tant de dire qu’ils existent, parce que ce n’est pas impossible, mais qu’ils soient venus sur la planète Terre et aient communiqué avec des humains. Beaucoup interprètent les croyances Mayas en ce sens – parce qu’elles parlent d’être venus du ciel -, et parmi ceux-là des athées convaincus, sans se dire que mince, les religions monothéistes parlent d’un être divin qui serait quelque part dans le ciel, pourtant personne n’a jamais prétendu que si dieu il y a, ce devait être E.T., parce qu’il vient du ciel, si ? Pourquoi vouloir absolument penser que les Mayas ont eu des contacts avec des extraterrestres juste parce qu’ils parlent d’êtres divins venus de l’espace ?

« Oui mais sur l’astrologie ils étaient vachement plus avancés que l’Occident du Moyen-Âge, donc on a dû le leur montrer ! »
– Un random théoricien des reptiliens illuminatis de Brocéliande qui ne jure que par l’avancement de l’Occident.

Une baignoire
Faut être sacrément perché pour imaginer que la technologie de la baignoire puisse être d’origine extra-terrestre… Même si c’est une très grosse baignoire…

Alors : non. Pour l’anecdote, et parce que j’aime aussi parler de mon domaine d’études, il arrive parfois (et même souvent) que le savoir s’oublie – et je pense là au poème anglo-saxon intitulé The Ruin (« La Ruine »), dans lequel le poète s’interroge sur des constructions gigantesques qui ne peuvent être que l’oeuvre de géants aux yeux de ceux qui l’observent – avant de préciser qu’il s’agit en fait de bains romains, et de s’essayer à une description de leur fonctionnement. Mais si au départ le passant anglo-saxon peut penser qu’il s’agit de l’oeuvre de géants, c’est que le savoir-faire permettant la construction de tels bâtiments a été oublié dans les îles britanniques, et qu’il semble impossible de le faire à moins d’avoir un certain pouvoir, ou ici une certaine taille. Ça ne vous rappelle rien ? Expliquer par du surnaturel quelque chose que l’on ne comprend pas ? C’est un peu ce que l’être humain adore faire, mais également ce que le film valide complètement dans sa conclusion, et c’est bien dommage.

Un meilleur avenir pour Indiana Jones ?

Bon, c’est officiel, il y a un Indiana Jones 5 prévu pour 2019, toujours avec Harrison Ford qui fêtera alors ses 77 ans, et toujours avec Steven Spielberg derrière la caméra – et probablement toujours avec George Lucas au scénario, parce qu’en fait depuis qu’il n’a vendu Star Wars il ne semble avoir rien de mieux à faire. On avait pourtant eu droit à quelques rumeurs, mais apparemment infondées, selon lesquelles ce serait Chris Pratt qui reprendrait le fedora et le fouet, qui m’enjaillaient un petit peu plus. Pas à cause de Chris Pratt en particulier, même s’il m’est plutôt sympathique en tant qu’acteur, mais parce que c’est le seul moyen de faire revivre la franchise et lui permettre de perdurer.

Parce que oui, pour l’instant on peut bien continuer avec Harrison Ford, toujours en vie et pas encore à la retraite. Mais du coup, cela veut-il dire que la franchise doit s’arrêter avec lui ?

« Bah oui. Indiana Jones, c’est Harrison Ford, y’a pas moyen autrement. »
– Un fan buté

Cate Blanchett en officier russe pas content
Oui, j’ai osé comparer Cate Blanchett à Mireille Mathieu, mais j’arrive pas à prendre ce personnage au sérieux avec sa perruque évidente et son faux accent improbable.

C’est dommage quand même, parce que Indiana Jones, ça reste du bon divertissement, et surtout : le genre est totalement pulp, ou du moins en a le potentiel. On sera d’accord pour dire que cet Indiana Jones pendant la Guerre Froide avec Galadriel qui se coiffe comme Mireille Matthieu, c’était pas aussi bien que les aventures d’Henry Jones Junior dans les années 30, et notamment parce qu’on se retrouve face à un personnage qui a vieilli alors que clairement les intentions du réalisateur et des scénaristes étaient de faire un film exactement dans la même veine avec un personnage bien similaire. Alors pourquoi ne pas assumer le genre pulp et décider de continuer la série avec un autre acteur – oui oui, sans parler de rebooter quoi que ce soit, juste continuer en changeant le casting.

Une couverture de magazine pulp
Les récits Pulp étaient des histoires d’aventure, d’horreur ou de SF sans vraie continuité et surtout sans prétention. Le but était de divertir le lecteur, un peu comme les aventures d’Indiana Jones au cinéma.

Aux dernières nouvelles, la franchise la plus vieille du cinéma n’est autre que celle des James Bond, qui – vous l’aurez deviné – a fait le choix de changer d’acteurs régulièrement. 007 sévit sur grand écran depuis 1963, et a connu six acteurs – seuls quatre sont vraiment connus du grand public, George Lazenby et Timothy Dalton n’ayant respectivement fait qu’un et deux films. Est-ce qu’on entend des gens râler, aujourd’hui, en disant que le seul vrai James Bond est Sean Connery ? Non : c’est l’original certes, celui que peut-être on va le plus garder en mémoire parce que c’est le premier, mais Roger Moore, Pierce Brosnan et Daniel Craig sont tout aussi légitimes et aimés du public. Il faut avouer qu’à chaque fois qu’un nouvel acteur a été annoncé, il y a eu des fans pour râler – par exemple quand Pierce Brosnan a été annoncé pour Goldeneye, ou Daniel Craig pour Casino Royale parce qu’il est blond-, mais ils ont toujours été acceptés par la suite. Ça permet à la franchise de rester au goût du jour, en gardant une recette qui fonctionne, tout en se renouvelant régulièrement car le personnage change au fil des changements d’acteur.

Les différents acteurs ayant joué James Bond
Aucun de ces acteurs n’est vraiment un meilleur James Bond que les autres. Ils sont tous très différents et c’est aussi ce qui fait le succès de la saga.

Et cela, c’est tout ce que je souhaite pour Indiana Jones, parce que c’est à mon sens ce qui lui permettrait de vraiment devenir une saga inoubliable. En se liant trop à son acteur principal d’origine, la franchise se rend aussi mortelle que lui – parce qu’il sera probablement très dur de remplacer Harrison Ford après sa mort, émotionnellement parlant ; et cela n’arriverait de toute façon pas avant longtemps, quand seuls quelques cinquantenaires se souviendront d’Indiana Jones.

Aussi, et avec tout le respect que j’ai pour Harrison, le mieux pour Indy, c’est de rajeunir un peu et de changer de tête ; parce que dans le fond, j’ai vraiment envie de m’en souvenir, et de me souvenir du Royaume du Crâne de Cristal comme l’équivalent de la franchise Jones de ce film tout chelou qu’est Moonraker pour la saga Bond.

L'affiche UK de Moonraker avec Roger Moore
Mais si ! Vous vous souvenez de Moonraker, ce James Bond sorti 2 ans après Star Wars et qui se termine en bataille de pistolets lasers dans l’espace ! Un classique.

Manon.


5 commentaires sur « Indiana Jones 4 : faut-il qu’Indy se détache de Steven et Harrison ? (Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, Steven Spielberg, 2008) »

  1. « On sera d’accord pour dire que cet Indiana Jones pendant la Guerre Froide avec Galadriel qui se coiffe comme Mireille Matthieu, c’était pas aussi bien que les aventures d’Henry Jones Junior dans les années 30 » → Ahah, je me suis faite la même réflexion concernant Cate Blanchett et ses joues creuses. Et je te parle même pas de l’accent qu’on a collé à la doubleuse française… Une horreur.

    Je ne savais même pas que ces crânes de cristal chelous qu’on dirait échappés d’Alien (la faute au crâne allongé, toussa) étaient à la base inspirés de trucs réels. Bon, les vrais sont moches aussi, cela dit.

    J’avais entendu parler de Chris Pratt en remplaçant (a priori, je valide davantage ce choix que celui de Shia Laboeuf, qui a autant de charisme et de présence qu’une moule à marée basse), mais je savais pas que cela avait été abandonné… Je suis d’accord sur le côté « saga » façon James Bond avec un renouveau à chaque changement d’acteur. Indiana Jones, ce n’est pas la même chose qu’un Han Solo, par exemple. Dans ce dernier cas, j’aurais effectivement du mal à voir un autre acteur endosser ce rôle (lien émotionnel avec le personnage et Chewbi, tavu).

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