Marie-Antoinette : le cinéma peut-il réhabiliter l’un des personnages les plus mal aimés de l’histoire de France ? (Sofia Coppola, Marie-Antoinette, 2006)

Résumé

Marie-Antoinette est une jeune et jolie adolescente Autrichienne* qui aime jouer aux cartes avec ses amies et s’occuper de son adorable bébé carlin. Sa vie change quand sa mère l’envoie en France #SoRomantic #SoBeautiful pour épouser Flipper Louis le Dauphin. A elle les joies de voir ses tenues jugées par des Cristina Cordula du XVIIIème siècle, les interdictions de s’amuser, les repas de dix-huit heures et, en somme, la vie à la Française #SoMuchDream.

* de quatorze ans.

Hey, hier c’était la fête des émeutes de juillet 1789 contre des conditions de vie déplorables et les violences policières, que nous fêtons à grand renfort de revues militaires ! Ouiii !

Louis XVI
En vrai, Louis XVI était un roi ultra cultivé qui pensait qu’il était de la responsabilité du monarque d’écouter son peuple.  Mais malgré ses efforts pour travailler avec les révolutionnaires, certains leaders d’opinions désireux de voir des têtes tomber ont monté le peuple contre lui ce qui a mené à ce que l’on sait…

Alors, comme vous l’aurez compris, le 14 juillet et nous, ça fait plutôt meh. Même si officiellement la date a été choisie pour le 14 juillet 1790 et la Fête de la Fédération, on avouera quand même qu’à l’école, on a tous appris que c’était pour la prise de la Bastille, que c’était cool  et glorieux, et que grâce à la Révolution Française nous étions entrés dans une période de lumière et de liberté, en décapitant les gens à la pelle (dont des penseurs, RIP Lavoisier, encore et toujours), et en refusant d’écouter un roi qui désirait mettre en place une monarchie parlementaire à l’anglaise parce qu’après tout, la guillotine c’est plus drôle.

Non mais oui hein, une fête nationale pour montrer qu’on est des gros bœufs, c’est un concept, je dis pas. Après tout notre hymne guerrier va bien avec tout ça, ça va bien ensemble, ui ui.

Du coup, pour mettre un peu de joie dans nos petits cœurs et dans les vôtres, on s’est dit qu’il fallait parler d’un film qui montre cette période de l’histoire d’une façon un peu différente. Et on a pensé à Marie-Antoinette de Sofia Coppola.

Le film ne traite certes pas de la Révolution avant sa toute fin, mais Marie-Antoinette est très probablement la reine de France à la fois la plus connue et la plus mal-aimée de notre histoire, et notamment à cause de l’épisode révolutionnaire. Toujours présentée comme vaine et hautaine, on nous apprend à ne surtout pas l’aimer… Du coup, ça vous dit de voir ce que Sofia Coppola en fait ?

La prise de la Bastille
Bon, le peuple avait des raisons d’être en colère, et c’est vrai qu’ils se sont fait tirer dessus à la Bastille, mais certainement pas sur ordre de Louis XVI qui n’a pas été informé tout de suite pour les émeutes.

L’histoire vue d’un autre angle

La célèbre statue de Vercingetorix à Alesia
Désolé les gars, mais les gaulois ne sont pas nos ancêtres, juste des gars qui vivaient sur la même zone géographique que les français. Ah, et cette statue, en fait, c’est Napoléon III avec une moustache, pas le vrai Vercingétorix.

Alors, avant qu’on ne m’accuse : non, je ne suis pas royaliste. Mais il faut admettre une chose cependant : quand on enseigne l’histoire de France, à partir de Louis XVI, on ne prendra surtout jamais soin de présenter les choses du point de vue de la royauté. Ça se comprend, l’Ancien Régime c’était pas forcément cool pour le peuple, et comme dans le cas de Vercingétorix (pas le film, mais je vous mets le lien quand même au cas où), on a réussi à retourner un peu le truc pour se faire passer pour les héritiers directs des révolutionnaires.

Une image de propagande du film Starship Troopers.
Oui parce que souvenez-vous de ce qu’on avait dit de Starship Troopers : l’histoire, ce sont les gagnants qui l’écrivent.

Tout en restant aussi les héritiers de Vercingétorix donc, de Clovis, Louis XIV, et en ajoutant aussi Napoléon Ier, mais je suppose qu’au bout d’un moment la cohérence, on n’est plus à ça près. Toujours est-il que le résultat est là : le règne de Louis XVI est toujours présenté sous le prisme de la révolution imminente, et on cherche ce qui peut le rendre coupable de celle-ci.

C’est là que Sofia Coppola propose quelque chose d’un peu original : la Révolution Française n’est vraiment pas l’événement principal dans Marie-Antoinette. Comme son titre l’indique, le film s’intéresse avant tout au personnage de la reine. Et au final, qui est-elle, cette reine ?

« Euuuh… La méchante qui a dit aux gens qui ne pouvaient pas acheter de pain de manger de la brioche ? »

– Vous, qui avez bien écouté la maîtresse au CE2.

Jean Jacques Rousseau, auteur de la réflexion sur les biroches pour remplacer le pain.
D’ailleurs, pour votre culture, cette réflexion sur les brioches est de Jean-Jacques Rousseau et ne parlait pas DU TOUT de la Révolution… Comme quoi, le contexte, tout ça…

Perdu ! Le film s’amuse régulièrement à démonter quelques idées reçues, exactement du genre de celle-ci, sur l’Autrichienne (qui avait par ailleurs plus d’ancêtres français que son mari #AnecdoteRigolote). Ainsi, elle trouve ridicule qu’on lui attribue le fameux « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! » – d’autant plus intéressant dans le film que Kirsten Dunst, qui joue Marie-Antoinette, le dit en regardant la caméra ; sachant que cette sortie ne lui a par ailleurs  été attribuée que plusieurs années après sa mort, on comprend donc que la remarque est plutôt adressée au spectateur moderne qu’à sa suivante dans la scène.

Quelque part, je pense qu’on pourrait rapprocher ce film de Braveheart dans son approche : on parle d’histoire, on s’installe dans une période donnée, mais on ne fait pas un cours. Il n’y a pas de dates données, on ne connaît pas l’âge des protagonistes (Coppola choisit plutôt de rendre leur jeunesse par d’autres moyens, j’y reviendrai après), des noms sont lancés sans que le fait de ne pas les retenir nuise à l’intrigue. Même s’il y aurait eu moyen de donner dans le Game of Thrones avec des intrigues politiques et une Marie-Antoinette, qui [attention digression], pardonnez-moi, a je pense beaucoup inspiré Cersei [c’était une petite digression], on a à faire à une intrigue plus simple. On ne suit que Marie-Antoinette, qui abandonne très vite le monde des intrigues, et on se retrouve dans une tranche de l’histoire de France racontée du point de vue de quelqu’un qui la vit en temps réel.

A gauche, un portrait de Marie-Antoinette, à droite, le personnage de Cersei Lannister dans Game of Thrones
Mariée contre son gré pour créer une alliance entre deux familles, mère de quatre enfants dont un mort jeune, et prête à tout pour eux, contestée, ramenée à sa position de faible femme… Il y aurait beaucoup trop à dire sur la ressemblance entre Marie-Antoinette et Cersei, et je n’ai pas assez de place.

Parce que oui, c’est l’une des fortes impressions que j’ai eu suite au visionnage du film : je n’ai en soi pas vraiment appris quoi que ce soit sur l’histoire de France, mais j’ai eu l’impression d’y être. Il n’y a pas que l’ambiance qui compte pour cela, il y a aussi le fait que quand on est dans l’histoire, et non quand on l’étudie, on ne va pas rappeler les dates sans arrêt, il s’agit plus d’un ressenti. C’est exactement ce que nous donne Coppola : un ressenti de la fin du XVIIIème siècle français, à Versailles. Et le fait que ce soit Marie-Antoinette que l’on suive lui permet de faire encore mieux que ça : voir la vie à Versailles à travers les yeux non pas de la reine, mais de la jeune fille.

Ennui profond, achats compulsifs et rock’n’roll

Si ce titre vous rappelle un peu votre vie dans ses heures les plus sombres, c’est normal : Marie-Antoinette, c’est avant tout un film sur une jeune femme qui trompe son ennui du mieux qu’elle le peut. Son ennui, mais aussi son angoisse.

Marie-Antoinette faisant un câlin à son carlin au réveil.
On. lui. enlève. SON CHIEN. Imaginez le NIVEAU d’angoisse à vie après ça #PLS
L'affiche de Marie-Antoinette
Regardez-moi cette affiche de film, on croirait une Une de magazine people. La reine est traitée comme un enfant star et tout le monde lui met une pression constante en épiant  ses moindres faits et gestes, forcément, elle pète un cable !

Je m’explique : comme je le soulignais dans le résumé, Toinette (ouais, je cherche des surnoms plus courts à lui donner) est mariée à celui qui n’est alors que le Dauphin Louis-Auguste alors qu’elle n’a que quatorze ans ; elle part de la cour de Vienne, somme toute plus simple à vivre, pour se heurter à l’étiquette de Versailles, qui e.x.i.g.e qu’elle doive attendre que toutes les meufs de la cour soient dans sa chambre dès le matin pour la voir à oilpé, et que ce soit la plus importante de toute la cour qui l’habille (quitte à attendre longtemps). Elle se réfugie dans l’amitié des femmes de cour, avant de se rendre compte que ce n’est que crêpage de chignons, ragotages dans le dos des unes et des autres, et rien de très bon en somme.

Elle a en plus la pression de ne pas porter d’enfant, et d’être prise comme responsable pour la non-consommation de son mariage avec Louis-Auguste. Coppola montre effectivement Marie-Antoinette telle qu’on nous l’a souvent présentée : fêtarde, dépensière, gourmande. Sauf qu’à chaque fois qu’on la voit augmenter ses dépenses de toilette, faire une grosse fête, un bal masqué, ou réaménager le petit Trianon en ferme idéale, il y a une scène de coup dur avant. C’est à chaque fois en réponse à un mal-être.

Marie-Antoinette et sa fille Marie-Thérèse à la ferme du château.
Oh une choupette qui découvre les biquettes ! Ça c’est HARD CORE !

Et c’est là que je trouve que Sofia Coppola parvient à nous montrer à quel point les personnages que sont Louis XVI et Marie-Antoinette sont jeunes. Ils ne réagissent pas comme un roi et une reine, ils réagissent comme les adolescents puis jeunes adultes qu’ils sont, chacun à leur manière. Marie-Antoinette choisit la voie du party hard, qui – ne me mentez pas – est quand même la plus répandue chez les jeunes gens, encore en 2016. Louis-Auguste est un peu plus cool (comprenez, comme la personne qui vous parle), et se réfugie dans l’art de la serrurerie et, plus globalement, de l’awkwardness généralisée, ce qui le rend très adorable et attachant, il faut le dire.

Montage montrant un dauphin (l'animal) remplacer une serrure.
Quand on vous dit qu’un Dauphin serrurier c’est awkward, il faut nous croire !

Il y a en plus le choix de mettre de la musique pop-rock qui vient peu à peu remplacer le clavecin de Versailles, et une façon de filmer qui se place très loin du film historique, et qui est très proche de ce que j’aurais envie qualifier du teen movie, mais d’un bon teen movie – ce qui, à ma connaissance, n’existe pas vraiment. On est face aux problèmes d’une jeune fille qui arrive dans un nouvel endroit et essaie de s’adapter tant bien que mal à cette nouvelle vie que ses parents ont choisie pour elle. Sérieux ça pourrait être le scénario de n’importe quel teen movie américain pour fille où l’héroïne va découvrir le sens de la vie et connaître le bonheur.

Le fameux plan d'essayage de chaussures où l'on peut voire une paire de Converses violettes trainer dans le fond.
En somme, Sofia Coppola utilise l’anachronisme pour proposer l’un des biopics les plus précis concernant ce personnage. Paradoxal non ?

Sauf qu’ici ce n’est déjà pas le cas, la situation de Marie-Antoinette ne s’améliore jamais vraiment, et il y a en plus cette ironie dramatique qui fait que l’on sait que les choses n’iront pas mieux. Le film s’achève sur Marie-Antoinette, Louis XVI et leurs enfants qui quittent Versailles à l’aube, en s’échangeant des sourires, alors que l’on sait très bien qu’ils finiront décapités quelques années plus tard, et que seule leur fille Marie-Thérèse leur survivra. Et pourtant la fin donne l’impression d’être heureuse, et je suis prête à parier que si des gens sont allés voir le film en ignorant cette période de l’histoire de France (je pense qu’il y a des Texans qui ont été dans cette situation), ils auront pensé que tout était bien qui finissait bien. Un peu comme ceux qui pensent encore que Blanche Neige n’est pas morte à la fin du Disney du même nom.

Féminisme et représentations

« What ? Attends, tu parles toujours de Marie-Antoinette là ? »
– Un lecteur que mon titre a pris au dépourvu

Oui oui, je parle toujours du même film, suivez un peu. Je trouve qu’en plus d’être rafraîchissante et originale, l’approche choisie par Coppola est féministe (pas féminazie, je vous coupe tout de suite), et ça fait du bien aussi.

Elsa, personnage central de la Reine des Neiges, triste.
Quand on y pense, les problèmes soulevés par Coppola sont proches de ceux qu’aurait aimé traiter la Reine des Neiges s’il n’avait pas été un film maladroit et raté.

On suit un personnage féminin qui se heurte à toutes les difficultés imposées par l’étiquette, sans pour autant protester ou s’en sortir. J’évoquais plus haut le fait que l’absence d’héritier lui était reprochée à elle, et non à son époux : c’est un très bon exemple de cette société qui rend les hommes plus importants que les femmes (le souverain est forcément de sexe masculin, les ministres aussi, et tout ce qui s’ensuit), mais qui blâme ces dernières au moindre problème. Quand Marie-Antoinette devient tante, elle fond en larmes parce qu’elle n’a pas d’enfants, et que c’est grave, et que c’est de sa faute. C’est tout juste si son époux a droit à du « Mais tout fonctionne bien dans ton slibard, Louis-Auguste ? » sans qu’on l’embête plus que ça.

Pourtant – et c’est là que je vous dit que c’est pas la peine de sortir l’argument du « féminazisme » -, on ne présente pas non plus les hommes comme les méchants. C’est la société qui veut ça, et dans le film ce sont souvent des femmes qui sont montrées comme garantes de cet ordre social pourtant dégradant pour elles, parce qu’elles y ont leurs avantages.

Jason Schwartzman jouant Louis XVI dans le film de Sofia Coppola
ATTENTION : Asexuel, ça ne veut pas dire asexué. Louis XVI était bien un homme, mais dans le film, il est suggéré qu’il ne ressent pas de désir pour qui (ou quoi) que ce soit, ce qui existe vraiment. #TheMoreYouKnow

Mais par exemple, plutôt que de présenter Louis-Auguste en mode « osef, c’est ma femme qu’on engueule parce qu’on a pas d’enfant, » on nous montre un gars plutôt timide, qui essaie de se forcer à coucher avec son épouse, mais qui n’y arrive pas. Pas parce qu’il est malformé comme l’a prétendu l’auteur Stefan Zweig, ni parce qu’il est gay, mais parce qu’il ne trouve aucun intérêt à la chose. Il est asexuel, c’est à dire que le cul c’est bien gentil mais il préférerait faire autre chose, dans son cas chasser ou lire des bouquins de serrurerie. Et il n’arrive pas à se forcer, tout simplement parce qu’il n’en a pas envie (que ce soit pour Marie-Antoinette ou une autre), et je suppose que tout le monde se doute que c’est un peu compliqué dans ce cas-là de mettre sa dauphine enceinte. Et rien que le fait de présenter un peu plus de nouveauté en mettant les spectateur au courant de cette possibilité – qui me semble plus que plausible -, c’est une très bonne chose.

Mais revenons à Marie-Antoinette : le film est également à mon sens féministe dans son propos parce qu’il ne cherche justement pas à instrumentaliser son personnage. La jeune reine n’est pas là pour être un exemple de quoi que ce soit, ou une illustration ; ce n’est pas un modèle, dans le sens où elle n’est pas idéalisée – mais pas rabaissée non plus comme d’autres ont pu le faire. Sofia Coppola nous montre une femme qui vit sa vie, avec ses hauts et ses bas, ses qualités et ses défauts, et surtout : sans jamais la juger. Elle trompe son mari, par exemple, sans qu’on la présente comme une vile séductrice ou une faible femme, ni qu’on en parle comme d’une erreur. Ça arrive, ça repart, et on continue.

Marie-Antoinette nue attendant son amant au lit
Ce n’est au final qu’une jeune fille qui essaie de vivre sa vie de jeune fille alors que tout semble vouloir l’en empêcher.

C’est peut-être en cela aussi que Marie-Antoinette est une réussite : le film ne prétend pas apprendre quoi que ce soit sur la dernière reine de France à son spectateur, ne prétend pas non plus dire si elle était « gentille » ou « méchante. » Maintenant, Coppola fait quand même le choix de la légère anachronie pour nous la présenter comme l’adolescente qu’elle était, avec des codes qui parlent à nous autres habitants du XXIème siècle. En ça, on peut dire que Marie-Antoinette est un biopic audacieux et vraiment rafraîchissant à regarder.

Manon.


Jean-Baptiste Lallemand, Prise de la Bastille, 1790, exposée musée Carnavalet .  

 Sofia Coppola, Marie-Antoinette, Pathé Distributions, 2006.

Paul Verhoeven, Starship Troopers, Buena Vista International, 1997.

Maurice Quentin de La Tour, Rousseau en 1753.

Martin van Meytens, Maria Antonia aged 12

Game of Thrones, toujours les mêmes mecs, et j’ai toujours pas envie de faire les crédits.

Guillaume Petit, Le Dauphin Serrurier, 2016, exposé chez ta mère.

Jennifer Lee & Chris Buck, La Reine des Neiges, Walt Disney Animation Studios, 2013.

3 commentaires sur « Marie-Antoinette : le cinéma peut-il réhabiliter l’un des personnages les plus mal aimés de l’histoire de France ? (Sofia Coppola, Marie-Antoinette, 2006) »

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