Pocahontas : le meilleur film éducatif possible ? (Pocahontas, Mike Gabriel & Eric Goldberg, 1995)

Résumé

Alors que les colons britanniques décident de devenir Américains en volant leurs terres à des gens qui n’ont rien demandé pour fonder les bases du capitalisme et de la religion américaine (« De l’or, des montagnes d’or ! »), l’un d’entre eux décide de suivre une petite indienne de façon complètement creepy. Bon, comme c’est un grand blond aux yeux bleus, elle s’ouvre facilement à lui. A moins que ce ne soit l’inverse ?

J'en dirais presque que je suis Joie.
J’en dirais presque que je suis Joie.

Vous n’imaginez pas comme je suis contente de reparler d’un Disney. Enfin si, vous imaginez peut-être, parce que vous vous êtes rendu compte que c’était quand même mes articles les moins laborieux. Mais même juste avec votre imagination vous êtes loin de savoir mon niveau de joie là tout de suite.

Parce que, vous connaissez la chanson maintenant, d’autant que Blanche-Neige c’est le tout premier article posté sur la Question du Vendredi Soir : il y a plus dans un Disney qu’on n’en aurait l’impression de prime abord. Pour ceux qui seraient nouveaux ici, on va en faire une nouvelle fois la démonstration, afin que vous arrêtiez d’être sceptiques comme des fosses (AH AH AH ça s’écrit même pas comme ça, on dit une fosse septique #TheMoreYouKnow) et que vous regardiez vos dessins animés d’enfance (ou de pas enfance) d’un autre œil.

Ce vendredi soir donc, on va parler de Pocahontas. Alors voilà, vite fait, quand on est enfant ou qu’on ne réfléchit pas trop, on en retire le message de « c’est pas gentil d’être méchant, » et éventuellement que les colons c’est pas des gentils dans l’histoire du monde, sauf John Smith qui ne creuse pas pour avoir de l’or et qui fait des bisous à l’héroïne. Donc on va aller creuser un peu plus loin, parce que c’est pas bien profond tout ça.

"Allez Manon, mine, mine, mine !"
« Allez Manon, mine, mine, mine ! »

L’histoire de Pocahontas

Pour ceux d’entre vous qui ne le sauraient pas, Pocahontas est un personnage historique dont les studios Disney a choisi d’adapter l’histoire, encore une fois pour des enfants. Il y a généralement deux points de vue sur ce choix : d’un côté les Américains qui n’aiment pas Pocahontas parce que c’est une histoire dont ils entendent parler depuis toujours et (mais ce n’est que mon avis) qui leur rappelle aussi que cette terre n’a pas toujours été la leur, loin de là, et de l’autre côté le reste du monde (et je parle surtout des autres pays occidentaux/occidentalisés, plus touchés par Disney que le reste du monde #SansBlague), qui trouve Pocahontas sympathique sans plus. La moitié du temps les gens ne savent pas que c’est un personnage historique, et les autres crachent dessus parce que le film ne respecte pas DU TOUT les faits réels.

En résumé : Pocahontas avait douze ans et on n’est pas vraiment sûrs qu’elle ait couché avec John Smith, mais peut-être que si parce que bon, hein, les colons qui ont été en mer quelques mois ne devaient pas franchement se soucier de la santé mentale des gens qu’ils envahissaient, surtout si c’étaient des jeunes filles – parce que déjà chez eux ils s’en souciaient comme de l’an 40.

"C'est marrant mais j'ai comme l'impression que je vais avoir une impression de déjà vu..."
« C’est marrant mais j’ai comme une impression de déjà-vu… »

Eh oui, John Smith doublé par Mel Gibson en VO (sérieux, la VF est un peu nulle, regardez-le en VO parce qu’elle est mieux, même si comme Guillaume vous n’aimez pas Mel Gibson parce que c’est pas un gars très sympa IRL) : ce problème de ne pas coller à l’Histoire, on en a déjà parlé dans Braveheart (de et avec Mel Gibson, donc, #LeHasard). En résumé, je disais dans cet article que ne pas coller aux événements historiques permettait à Braveheart d’intéresser ses spectateurs à ces mêmes événements qu’il n’avait pas respectés, tout en faisant un film plus agréable à regarder pour un non-initié que s’il avait respecté la page Wikipédia à la lettre (les enfants : Wikipédia ça n’existait pas, à l’époque, ça s’appelle une image).

Ce qui n'empêche pas que des fois il ressemble à un gros lourd quand même.
Ceci dit John Smith ressemble un peu à un agresseur des fois.

Dans Pocahontas, c’est pour sauver un peu la mise, déjà, parce que raconter l’histoire d’amour entre une fillette de douze ans et un vieux de… Bon, vingt-sept ans c’est pas vieux, mais à ce niveau-là ça s’appelle de la pédophilie quand même, et ce même si dans sa langue natale Pocahontas veut dire « petite dévergondée. »

« Mais ils auraient pu faire comme la Reine des Neiges et pas en faire une histoire d’amour ! Les années 90, c’est vachement daté n’empêche. »

– Vous, petit jeunot des années 2000.

Oui oui, tu es un vieux film tout pourri tout daté beaucoup moins révolutionnaire que Pocahontas.
Oui oui, tu es un vieux film tout pourri tout daté beaucoup moins révolutionnaire que Pocahontas alors que tu es sorti 18 ans après.

Bon, alors déjà on arrête tout de suite le délire : il y a une histoire d’amour dans La Reine des Neiges, ou alors Anna et Kristof (Kristoff ? Smirnoff ?) sont des friends with benefits et là d’accord, ce film est moderne au moins sur ce seul et unique point. Ensuite, l’histoire d’amour dans le film sert un dessein beaucoup plus haut que « une fille doit forcément être jolie, un peu en conflit avec un membre de sa famille, et avoir un amoureux » (ce à quoi répond TO-TA-LE-MENT Anna, hein. Je dis ça, je dis rien). Et avant de passer à ce que peut bien être ce dessein, je me permet donc de dire que c’est en cela que faire une suite à Pocahontas était une mauvaise idée : dans Pocahontas 2, on suit une histoire qui ressemble un peu plus à la véritable vie de la fille de Wahunsunacock (a.k.a. Chef Powhatan), où elle va au Royaume-Uni et finit par se marier avec John Rolfe, parce qu’elle est un peu fâchée avec John Smith, et retourne avec son mari en Virginie. J’ai déjà vu des gens être contents du plus grand « réalisme » du film, sauf qu’en fait Pocahontas (de son nom chrétien Rebecca Rolfe) est morte en Angleterre en 1617. Mais en plus, la suite gâche en grande partie ce que réussit à faire le premier film, celui dont on parle ce soir donc.

#LeSaviezVous ? Pocahontas est morte moins d'un an après William Shakespeare, à moins de 200km de distance.
#LeSaviezVous ? Pocahontas est morte moins d’un an après William Shakespeare, à moins de 200km de distance.

Une certaine vision de la colonisation du continent Américain

« Mais t’as un problème avec les colons Américains en fait ? Tu veux en parler ? »

– Vous, à la fois inquiets et quelque peu exaspérés.

Visiblement je ne suis pas la seule, et de toute façon, oui je vais en parler.

#FunFact : Thomas, le jeune puceau qui dit au revoir à ses parents ici, est doublé par Christian Bale en VO.
#FunFact : Thomas, le jeune puceau qui dit au revoir à ses parents ici, est doublé par Christian Bale en VO.

Quand Disney décide de faire un film sur Pocahontas, l’allusion à l’arrivée des colons en Virginie est inévitable, et le plus dur est probablement de parvenir à en faire des personnages ni foncièrement bons ni foncièrement mauvais. Déjà, de manière intelligente, le film parvient dès les premières minutes à ne pas en faire les antagonistes principaux : ils sont en effet les premiers personnages à nous être présentés alors qu’ils sont sur le départ, certains disent au revoir à leur femme, d’autres à leurs parents – sauf John Smith qui est trop badass pour avoir une famille, et Ratcliffe parce que par contre lui c’est vraiment le méchant.

Comment on sait qu’il est méchant ? Règle n°44 de Disney : le méchant est toujours moche et le moche toujours méchant, sauf dans le cas d’une exception de type Quasimodo. OUI JE SAIS, pour le coup c’est une belle preuve que Disney n’est pas toujours très subtil. Chut.

"J'ai dessiné des pattes d'ours sur mes tétons pour faire viril."
« J’ai dessiné des pattes d’ours sur mes tétons pour faire viril. »

De même, on pourrait se dire que la tribu de Powhatan serait présentée soit comme des Bisounours trop gentils (parce qu’on est du côté de Pocahontas, si c’est l’héroïne du film, non ?), soit comme des rustres sauvages qui savent à peine parler (parce qu’après tout, c’est bien comme ça que les Américains les perçoivent, donc BON). Eh bien non : les hommes sont présentés comme revenant de guerre victorieux, alors que leurs femmes s’occupaient des cultures et des enfants pendant ce temps (exactement comme les femmes des colons de la première scène, au passage), mais loin de fanfaronner, ils reprennent leurs activités normales auprès de leurs femmes, et dans le cas du chef Powhatan, il a une conversation avec sa fille… pour lui annoncer que le brave Kocoum a demandé sa main, et qu’il l’aura, parce que tu as un vagin donc pas ton mot à dire si tu veux être une bonne femme comme ta mère.

Mmmh… Ouais j’avoue c’est pas cool. Sauf que Pocahontas et les femmes gagnent à la fin de l’histoire. Oui oui oui.

Symboliquement, les colons sont représentés par le sexe masculin – déjà parce qu’il y a que des hommes de ce côté, et ensuite… Enfin regardez juste cette image quoi.

"BRANDISSONS NOS SYMBOLES PHALLIQUES !"
« BRANDISSONS NOS SYMBOLES PHALLIQUES ! »

Et de l’autre côté, les Indiens sont représentés par le sexe féminin, avec Pocahontas évidemment, mais aussi son amie Nakoma, Grand-Mère Feuillage, et les multiples références à la mère de Pocahontas qui était connue pour sa grande sagesse. Et en plus au niveau du temps de parole, les hommes Indiens n’ont pas grand chose, à croire qu’ils n’ont rien à dire. SURTOUT Kocoum, qui quand il parle a juste l’air con. Même quand il parle pas. Nakoma et Pocahontas disent qu’il a l’air vachement sérieux, mais je penche pour la théorie du vide interstellaire entre ses deux oreilles. M’enfin, après tout on s’en fout de Kocoum, il est là pour mourir et libérer Pocahontas de la contrainte du mariage.

"Ah la la, tu ne sais rien de la nature. Attends, je vais te montrer..."
« Ah la la, tu ne sais rien de la nature. Attends, je vais te montrer… »

Et du coup, la rencontre entre John Smith et Pocahontas montre Pocahontas qui sort gagnante de la discussion, puisqu’il commençait à gentiment lui expliquer la vie en mode « je suis un homme, je sais mieux, » et elle lui montre que non. Il sait peut-être se servir de son petit engin qu’il appelle « fusil » et il pense bien à se protéger quand il sort, mais les vraies choses importantes de la nature, c’est elle qui sait.

Alors oui, c’est très classique comme vision des choses, Indiens -> nature -> féminin contre colon -> culture -> masculin, mais ça marche. Et dans cette version de l’histoire, c’est la nature qui a le dessus – mais on peut aussi se dire qu’après tout les colons n’ont pas réussi à détruire le continent Américain dès leurs premiers essais. Il y a quelque chose d’un peu triste à savoir que si à la fin de ce film Pocahontas a sauvé son peuple et leur territoire, ainsi que l’homme qu’elle aime, tout en calmant les ardeurs des mecs qui débarquaient gentiment pour creuser des trous, ça ne durera pas longtemps.

"Ah mince, John n°1, je t'avais promis un amour éternel, mais en fait John n°2 m'a rendue vénale. Oh, et pardon John n°2, je n'étais pas une princesse indienne vierge en fait, voilà mon ex. Oui, maintenant t'es mon ex."
« Ah mince, John n°1, je t’avais promis un amour éternel, mais en fait John n°2 m’a rendue vénale. Oh, et pardon John n°2, je n’étais pas une princesse indienne vierge en fait, voilà mon ex. Oui, maintenant t’es mon ex. »

Ce que nous rappelle le deuxième film, qui fait encore une raison de ne pas l’aimer : Pocahontas qui faisait des choix dans le premier film en décidant de suivre son cœur quant à l’homme qu’elle aime mais de rester parmi les siens quand celui-ci lui demande de le suivre… Bah elle fait tout le contraire dans la suite. Elle suit un random type en Angleterre, on lui met des vêtements à la mode qui sont complètement ridicules, et elle décide de l’épouser et de faire tout ce qu’il dit.

Ceci dit, l’intérêt principal de Pocahontas, c’est pas vraiment les forces féminines de la nature qui font l’éducation des messieurs et de leurs gros canons tellement plus importants que le reste. Parce que les conflits, c’est juste ce qu’il y a en surface.

Un film dont on aurait bien besoin aujourd’hui

Et ça tombe bien parce que dans notre monde moderne du DVD, Blu-Ray et de la VOD, ce film est toujours accessible, donc aucune excuse pour ne pas le voir ni le revoir. Et oui, revoyez-le.

Je n’attends pas la fin de l’article pour le dire, parce que c’est vraiment important. Au risque de paraître un peu gnan-gnan, on vit dans un monde où on oublie plein de choses pourtant assez simples, et dont certains films nous rappellent l’existence. Il y a quelques mois dans Forrest Gump, c’était la recette du bonheur simple. Dans Les Indestructibles, on réapprenait pourquoi on a besoin de héros. Et dans Pocahontas, on apprend l’égalité de tout avec tout, rien que ça.

Et la version courte du message du film est dans la chanson préférée de Guillaume.
Et la version courte du message du film est dans la chanson préférée de Guillaume.

Déjà, l’égalité entre les êtres humains : Ratcliffe arrive avec dans l’idée de trouver de l’or et en se disant que les autochtones ne valent pas grand chose donc osef, mais John Smith a bien dans l’idée de les civiliser, ou au moins de civiliser Pocahontas. Il lui montre sa b…oussole, lui parle des rues de Londres et des bâtiments en sous-entendant que les tentes indiennes c’est quand même vachement rudimentaire (et Pocahontas est en mode « Lol Nope »), et en gros il lui explique bien gentiment que si elle ne comprend pas tout c’est qu’elle est encore sauvage, en fait.

Et du coup elle lui apprend que le gros sauvage, c’est aussi lui. Sans démentir le fait qu’elle soit également sauvage à ses yeux à lui, puisqu’elle ne connaît du monde que l’endroit où elle vit. Comme elle le dit au début de la chanson « l’air du vent », tout ce qui se cache derrière le mot sauvage c’est « différent de vous » – sauf que la différence n’est pas synonyme d’infériorité.

Et aucun d'entre eux n'est pacifique sur cet image à part Pocahontas, et peut-être John Smith vite fait.
Et aucun d’entre eux n’est pacifique sur cet image à part Pocahontas, et peut-être John Smith vite fait.

C’est un thème très récurrent dans le film, puisque les colons traitent les Indiens de sauvages et vice-versa, notamment dans la chanson « Des Sauvages » qui fait le parallèle entre les deux camps qui se préparent à s’affronter… Pour cause de différence, en sortant exactement les mêmes arguments. « Ils sont différents de nous, ça veut dire qu’ils sont méchants, » et « Ils sont différents de nous, ça veut dire qu’on ne peut pas leur faire confiance, » c’est la même chose.

John Smith, la demoiselle en détresse avec ses jolies boucles blondes.
John Smith, la demoiselle en détresse avec ses jolies boucles blondes.

Le film fait même dans la nuance à ce niveau-là, puisque quand le conflit est désamorcé par Pocahontas (pas John Smith, qui a accepté de mourir en fait), les Indiens comme les colons baissent les armes… Sauf Ratcliffe, mais ce choix n’est pas tant manichéen qu’une façon de montrer que oui, il y aura toujours des gros connards racistes. Parce que même si on arrivait à expliquer la tolérance à la majeure partie de la population, Jean-Marie Le Pen resterait très probablement très égal à lui-même dans sa xénophobie, et il y en aurait plein des comme lui. L’important, c’est qu’ils ne soient qu’une minorité à être comme ça – parce que les hommes de Ratcliffe se rendent compte qu’il raconte n’importe quoi, le désarment, et le mettent hors d’état de nuire.

Et oui, il y avait un pug (ou carlin) dans Pocahontas avant que ce soit cool.
Et oui, il y avait un pug (ou carlin) dans Pocahontas avant que ces chiens soient à la mode.

Et Pocahontas ne se contente pas seulement de mettre tous les humains à égalité : les animaux sont aussi à égalité entre eux (il suffit de voir le conflit entre Meeko le raton laveur (<3) et Percy le pug (<3 <3) pour s’en rendre compte), et à égalité avec les humains – toujours dans « l’air du vent », Pocahontas empêche John Smith de tuer une ourse pour ensuite le mener dans la tanière de cette dernière et lui montrer qu’elle a des petits, et que leur vie vaut autant que leur propre vie d’humain. Mais également à égalité avec la végétation, puisque Grand-Mère Feuillage fait figure d’autorité, et en somme, à égalité avec la nature comme un tout.

Pocahontas, ce film Disney que tout le monde oublie facilement, et qui enseigne le principe d’harmonie.

Vous attendez quoi pour le (re)voir, au juste ?

Manon.

Je suis obligée de vous laisser en bonus une photo de ce chien déguisé en Percy.
Je suis obligée de vous laisser en bonus une photo de ce chien déguisé en Percy.

Crédit images

Pete Docter, Vice-versa, Pixar Animation Studios, 2015.

Mike Gabriel & Eric Goldberg, Pocahontas, Walt Disney Pictures, 1995.

Chris Buck & Jennifer Lee, La Reine des Neiges, Walt Disney Pictures, 2013.

Tom Ellery & Bradley Raymond, Pocahontas 2 : Un monde nouveau, Walt Disney Picutres, 1998.

Percy the pug, image trouvée à l’adresse : <https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/236x/5d/dc/7f/5ddc7fe1d520d3c7c80dd9774975bfad.jpg>

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