Sunshine : le remake écolo d’Alien ? (Danny Boyle, Sunshine, 2007)

Résumé :

Comme cette feignasse de soleil est en train de s’éteindre, les scientifiques de la Terre ont décidé de le réveiller à grand coup de bombe nucléaire. Sauf que le Soleil, c’est loin, et il faut faire le voyage sans TV ni Internet, ce qui met un peu tout le monde à cran. A ça s’ajoute le fait que, SPOILER, le Soleil, C chô.

L’espace, c’est cool. C’est un peu flippant de réaliser à quel point c’est grand, mais personnellement, je trouve ça assez fascinant. Un de mes rêves irréalisables consiste d’ailleurs à voyager dans l’espace, juste parce que c’est cool. Ceci dit, comme je suis aussi une feignasse, j’ai jamais eu la prétention de vouloir faire cosmonaute. Il parait qu’il faut être sportif pour ça.

Une des solutions que j’ai trouvées consiste donc naturellement à arpenter l’Internet pour tenter de dénicher un maximum de films de SF traitant des voyages spatiaux, et autant des fois, on tombe sur des trucs un peu étranges comme Flash Gordon, autant il arrive de tomber sur des pépites.

Aujourd’hui, vous l’avez vu dans le titre, on parle de Sunshine, un film sur le soleil et une bande de gars qui veulent lui donner la pêche à coup de dynamite surboostée à l’uranium. Ça sonne un peu comme une absurdité présenté comme ça, mais comme je n’y connais rien en science, à partir du moment où le scénario tient à peu près, je suis prêt à croire à n’importe quoi. Et c’est pas comme si on n’avait pas déjà défendu John Carter pour sa crédibilité.

Les personnages, assis en ligne et souriant à la vue de la planète Mercure.
L’équipe de scientifiques de Sunshine qui ne semble pas s’y connaître beaucoup plus que moi en matière de sciences.

Alors ? Pépite ? Bizarrerie ? J’avais envie de vous parler de Sunshine parce qu’il est sur ma liste des films ayant de très bonnes idées, ou en tout cas des messages que je trouve ultra intéressants, mais qui n’entreront jamais dans le top de mes films préférés de tous les temps pour un tout petit défaut tout con et débile. Ce défaut, j’en parlerais à la toute fin de l’article. En attendant : les bonnes idées.

La nature badass

Rocket Raccoon et Groot, personnages des Gardiens de la Galaxie.
Comme je n’ai pas réussi à trouver d’image de trucs vraiment incroyablement badass dans la nature, je vous ai trouvé une plante et un petit mammifère naturellement badass.

Vous savez ce qui est plus cool que l’espace ? La nature. Alors oui, techniquement, l’espace fait partie de la nature si on considère que la nature est tout ce qui n’a pas été touché par l’homme, mais vous n’allez pas commencer à chipoter.

Ce que je trouve tout particulièrement cool avec la nature, c’est qu’on a beau avoir inventé la roue, Internet, la bombe atomique et le club sandwich, bah on n’a pas créé les planètes ou les étoiles. Ça s’est créé tout seul, naturellement.

Alors oui, c’est vrai qu’on sait être suffisamment ingénieux pour s’aménager un espace vivable et plus ou moins agréable, et ça notamment en domptant (partiellement) la nature, mais il suffit de suivre un peu les infos pour constater qu’on est loin d’être tout puissant face à notre monde et c’est l’une des idées de ce film.

Dans ce thriller spatial en huis-clos, la nature est surtout représentée par le Soleil, mais ça déconne pas.

Le soleil à tête de bébé des Teletubbies
Le Soleil, l’antagoniste principal de ce film.

Notre étoile, on la connait surtout parce qu’elle nous permet de bronzer sur la plage l’été, mais en dehors de ça, les humains lambdas que nous sommes ont un peu de mal à se le représenter tel qu’il est vraiment (nous autres auteurs, parce que ça se trouve vous êtes des astrophysiciens balèzes et des trucs aussi impressionnants que le soleil, c’est votre quotidien).

Le bouclier de panneaux solaires réfléchissant les rayons du soleil.
Le vaisseau est équipé d’un gigantesque bouclier de panneaux solaires, ce qui alimente ses systèmes en énergie et protège la partie habitée des rayons de l’étoile.

Sunshine, c’est le film qui met l’homme face à ce colosse de gaz et de flamme, littéralement. La caméra de Danny Boyle le film à pleine puissance, brûlant et détruisant toute matière s’approchant un peu trop près de lui, réduisant en cendre les humains qui oseraient s’exposer à sa lumière, mais paradoxalement, fournissant en énergie le vaisseau qui transporte les héros.

La nature dans Sunshine a donc un double visage : elle est destructrice, mais elle est également nourricière et indispensable.

Le personnage principal du film Interstellar marchant seul sur une planète désertique.
Si vous êtes un peu attentif, vous vous rendrez sûrement compte que Sunshine ressemble beaucoup à Interstellar sous plusieurs aspects… Sauf qu’il est sorti 7 ans plus tôt et qu’il pompe aussi un peu sur Alien.

C’est parce que le Soleil est essentiel à la vie sur Terre que les meilleurs des meilleurs sont envoyés en expédition quasi suicidaire (les andouilles espéraient vraiment rentrer de leur voyage jusqu’à l’étoile, mais quand tu vois à quelle point elle est vénère, tu te dis qu’ils étaient un peu optimistes les gars). Il est tellement indispensable de sauver notre astre solaire que pas moins de deux équipes ont été envoyées.

Mais la nature n’est pas exclusivement représentée par cette énorme boule de flammes et chaque vaisseau est équipé d’une serre assez cool dans laquelle pousse une mini-jungle d’intérieur. Je ne vais pas vous faire l’affront de vous expliquer à quoi ça sert d’amener des fougères dans l’espace, mais ça a un rapport avec l’oxygène que les plantes produisent et que nous autres, humains, respirons. Encore une fois, la nature est essentielle à l’homme, ce que ces derniers ont un peu tendance à oublier, et c’est intéressant de voir que ça va même jusque dans la santé mentale.

Images comparées de Sunshine et Alien 2 où des personnages se reosent devant une projection de forêt.
Vous trouvez vraiment que certaines idées se ressemblent ? Attendez de lire la suite.

Les membres de l’équipage disposent d’une petite pièce de projections d’image pour se détendre, un peu comme la scène de la forêt dans Alien 2. Ce qui est intéressant de constater, c’est que la plupart des images qu’on y voit projetées on un rapport avec la vie animale ou la vie végétale. Mais ce qui est encore plus cool, c’est que le personnage de Chris Evans (oui, Captain America a été envoyé réparer le Soleil à coup d’uranium) a besoin d’une image spécifique de la nature pour se reposer : des vagues s’écrasant violemment contre la jetée d’un port. Dans cette image, on retrouve la puissance de la nature incarnée jusque-là uniquement par le soleil, mais le fait que Chris Evans en ait besoin pour tenir le coup mentalement pendant son voyage de plusieurs années avec un minimum de communication avec la Terre, ça renforce encore le lien qui existe entre la santé de l’espèce humaine et son environnement.

Un meme de professeur expliquant que si les générations futures doivent faire des efforts, c'est parce que les générations passées n'en ont fait aucun.
Vous vous souvenez de ce genre de discours moralisateurs à deux balles ? Moi oui. #IWasEcoloBeforeItWasCool

Donc oui, Sunshine est encore un film écolo (on en a fait quelques’uns ces derniers temps, c’est vrai, mais c’est une problématique que je trouve particulièrement intéressante quand elle n’est pas enseignée à l’école ou comme dans Carnosaur). Ceci dit, vous conviendrez que c’est bien fait.

Et vous savez ce qu’il y a d’autre de bien fait dans ce film et un peu en lien avec ce qu’on vient de dire ? Le fait que l’Homme, malgré son impression d’être le roi de l’univers, ne soit en fait rien du tout. Mais genre vraiment, vraiment, vraiment rien.

L’Homme, cette poussière d’étoile

Autre point que je trouvais particulièrement intéressant c’était le fait de constater que malgré tout ce qu’on nous montre dans les films, et surtout les fims catastrophes de SF, l’être humain n’est rien. Il n’a pas le contrôle sur son environnement et maîtrise à peine ce qui lui arrive (en tant qu’espèce puisqu’un individu contrôle quand même quelques aspects de sa vie).

La botaniste de l'équipe se rendant compte que des plantes ont commencer à pousser dans les décombres de l'ancienne serre à oxygène.
Il y a sans doute quelque chose à comprendre dans le fait que la botaniste découvre lors d’une de ses séances de relaxation que la vie végétale parvient à surmonter les catastrophes là où les humains meurent un à un, mais ce serait contre le concept même de la méditation de vous donner une réponse. A vous de jouer.

En dehors du fait que dans un combat à mains nues et en pagne opposant le Soleil à l’intégralité de l’espèce, bah on finit en kebab, l’élite des humains n’a rien d’une équipe de super-héros. Comme je l’ai évoqué, ils ont besoin de se ressourcer très régulièrement. Si la plupart des membres de l’équipage le font dans la pièce de projection d’images zens, certains personnages le font ailleurs, mais le concept reste le même. Ainsi, la botaniste va régulièrement s’isoler dans la jungle à oxygène pour contempler la vie qu’elle a contribué à créer mais qui la maintient en vie et pour réfléchir sur l’équilibre fragile qui existe entre l’homme et son environnement (sans doute pense-t-elle d’ailleurs à Princesse Mononoké, un film dont on a déjà parlé et qui reprend aussi ces problématiques). D’autres membres en revanche préfèrent la baie d’observation et s’émerveillent devant la puissance sauvage du Soleil, parce que oui, se faire remettre à sa place par un truc aussi puissant, ça peut calmer.

Le capitain de l'équipage en pleine méditation devant le Soleil.
Avec ces nombreuses scènes de contemplation, Sunshine est presque une invitation à méditer nous aussi, comme The Revenant, mais avec des explosions.

« Me dis quand même pas que le film, c’est juste deux heures de mecs qui méditent devant la nature en attendant que le temps passe. »

-Vous qui commencez à vous demander à quel moment ça devient intéressant de regarder des gens réfléchir intérieurement sans rien dire.

Non, effectivement. Le film serait bien étrange s’il n’y avait que ça. En fait, assez vite, l’intrigue prend la direction d’un thriller où les membres de l’équipage meurent les uns après les autres en tentant de mener à bien leur mission tout en faisant face à des imprévus.

Le vol d'Icare par Jacob Peter Gowy
Petit rappel : Icare, c’est le gars qui a eu la folie de croire qu’il était assez fort pour voler jusqu’au Soleil et qui en est mort après que l’étoile lui ait cramé ses ailes. C’est le pire nom possible pour un vaisseau dont la mission consiste justement à aller vers le Soleil.

Le vaisseau des personnages, c’est l’Icarus 2. Je ne ferais aucune blague sur le fait que des génies aient pu se dire que la mission allait bien se passer en appelant un vaisseau Icarus alors que sa principale mission est de voler jusqu’au Soleil (encore qu’on pourrait voir dans la mort des membres de son équipage une espèce de fatalité : quoi qu’on fasse, tout comme le personnage d’Icare, nous sommes condamnés à être remis à notre place par la nature). Le nom du vaisseau mis de côté, c’est sur le chiffre que je vous demanderais de vous arrêter. 2.

La mission que l’on suit est la seconde envoyée vers le Soleil. Sept ans plus tôt, une première équipe était envoyée mais a échoué à délivrer la giga bombe jusqu’à l’étoile. On se dit que ça n’a pas d’importance, jusqu’à ce que le premier vaisseau soit retrouvé presque intact et qu’on commence à se dire qu’outre les éventuels survivants qu’on pourrait y trouver, il y a dans ce vaisseau une autre bombe, ce qui aiderait vachement à accomplir la mission. Parce qu’après tout, tout le plan ne repose que sur une théorie et personne n’a jamais essayé de faire un électrochoc à une étoile avec une bombe atomique boostée à l’EPO.

Une image d'Alien représentant le mystérieux cadavre géant trouvé dans l'épave du premier film.
J’espère que l’équipage ne va pas prendre le risque d’aborder ce vaisseau fantôme…

Les hommes et femmes de l’équipage sont alors confrontés au doute et à l’inconnu. A partir de cet instant, le plan de vol est modifié puisqu’une nouvelle variable est entrée en jeu et il faut prendre des décisions rapidement. C’est une simple décision, celle de dévier la trajectoire de quelques milliers de kilomètres pour aller récupérer l’épave du premier vaisseau, qui va être à l’origine de la première avarie matérielle et de la première série de décès.

Parce que oui, l’élite des hommes, soumise au stress, fait des erreurs et cela a un impact non négligeable. Le capitaine meurt et le responsable sombre en dépression parce qu’il se dit qu’il est quand même bien trop con d’avoir oublié de régler l’angle du parasol géant qui les protège.

La scène des oeufs dans le premier Alien
Ce serait con qu’à cause de leur manque de professionnalisme, l’équipage ait causé sa perte…

S’ensuivent une série d’avaries et de catastrophes qui mettent l’équipage en danger. Petit à petit, on commence à réaliser que personne ne vivra assez longtemps pour arriver jusqu’aux crédits de fin, mais on espère quand même les voir délivrer la bombe jusqu’au Soleil.

Un à un, les membres d’équipages décèdent à cause des erreurs qui s’enchaînent parce que le moral n’est plus là, moral que chaque nouvelle mort détériore. On a même un suicide, pour vous dire à quel point c’est la rigolade.

L'affiche du premier Alien
Non… Ça doit être un tas de coïncidences… c’est jamais arrivé qu’une équipe d’astronautes tombe sur l’épave d’un vaisseau et en ramène la créature responsable de la mort de son équipage…

C’est pas drôle et vous vous dites sûrement que je suis un étrange personnage pour apprécier de voir des gens dépressifs se suicider dans l’espace. Mais ce qui me plait dans ces deux premiers tiers de Sunshine, ça n’est pas tant que les gens meurent, mais qu’ils meurent à cause d’eux-mêmes. Ils sont les meilleurs, mais face à l’hostilité de l’espace et du Soleil, que l’on a pourtant tendance à voir comme une agréable boule de lumière qui nous éclaire gentiment, ils ne valent plus grand chose. C’est un film psychologique ou le physique et le mental des gens sont mis à l’épreuve face à la mission la plus cruciale pour l’humanité, mais aussi à une nature qui tue sans considération.

C’est typiquement le genre de film qui fait dire à un mec bourré qui regarderait les étoiles que quand même, on est bien peu de chose. Et c’est vrai, mais autant on n’a rien à répondre à ça, autant c’est agréable (ou flippant, je l’admets) de voir ça mis en scène dans un thriller de SF.

Et puis, il y a ce qui se produit après un peu plus d’une heure de film. On arrive à ce défaut con et débile dont je parlais en introduction. Cette tache au scénario, mais surtout dans la mise en scène, qui m’a fait reculer au fond de mon siège avec un sentiment d’effroi, d’incrédulité et de colère dans mon cœur.

Il y a eu le zombie.

L'oeil pixelisé du capitaine de la première mission devenu fou.
Oh mon Dieu ! Un film de monstre !

Le cul entre deux chaises

Vous savez quel est le film de SF que tous les réalisateurs aimeraient pouvoir refaire ? Alien. Alien est une tuerie et une référence en matière de huis-clos dans l’espace. Non seulement ce film parvient à faire tout ce qui est attendu d’un film d’horreur, mais il a également posé les bases d’une mythologie unique au cinéma composées de suites, de prequels et de crossovers des décennies avant que Marvel ne se mette au 7e art.

Kurt Russel dans The Thing (1982)
Dans le même genre, mon chouchou, c’est The Thing : il ressemble beaucoup à Alien mais parvient à apporter une vraie dimension psychologique et philosophique. Un film approuvé par Jean-Paul Sartre.

Je pense que Danny Boyle serait d’accord avec moi si je disais qu’Alien est LE chef-d’œuvre du genre SF/horreur, mais là où je ne peux que me contenter de me refaire en boucle l’intégrale de la saga, monsieur Boyle, réalisateur de son état, peut tenter de s’inspirer du travail de Ridley Scott pour faire son propre film. C’est en tout cas l’impression qu’on a devant Sunshine lorsque soudainement, sorti de nulle part, survient un zombie/infecté/fanatique dont la principale préoccupation va consister à tenter de tuer les membres de l’équipage.

« T’es en train de dire que le film est une espèce de plagiat d’Alien du coup ? »

-Vous qui tentez de comprendre où je veux en venir.

Des plagiats on en a vu plein, et ça agace mais on sait que le problème vient plus d’un manque d’originalité que d’autre chose. Le vrai problème de Sunshine, c’est que le film commençait très bien et qu’il n’avait absolument pas besoin de se terminer sur quelque chose d’aussi simple que « bouuuh, vous êtes enfermés avec un monstre en plein milieu de l’espace ! »

Le personnage du monstre joué par Mark Strong s'énervant un peu.
« Silence ! Je suis bien plus développé que ça ! Ces 7 années d’isolement ont fait de moi un fanatique religieux : je suis un méchant tout ce qu’il y a de plus crédible ! »

En fait, le film change de genre sur la fin, passant du thriller psychologique à une bête tentative de film d’horreur. Et vous savez ce qui est le pire ? C’est qu’en dehors du fait que ça n’était pas nécessaire pour capter l’attention des spectateurs (de toutes façons, ça arrive bien trop tard pour ça), ça n’apporte vraiment rien à l’intrigue.

Une image aléatoire de la créature : un flou totalement abstrait.
Ce que vous verrez du monstre/zombie/fou 95% de son temps à l’écran. Le pire, c’est que le montage devient totalement fou, comme pour tromper un peu plus vos sens.

Les membres de l’équipage meurent à cause de leurs erreurs. La défaillance est humaine et ça sert le message du film qui confronte les forces de l’univers à la faiblesse de notre espèce. Pourquoi ne pas continuer comme ça jusqu’au bout ? Pourquoi faire apparaître une espèce de monstre générique pour justifier les morts sur la fin ? Il est tellement dispensable que personne ne s’est embêté à lui faire un design. Dès qu’il est à l’écran, la caméra s’emballe et l’image devient floue, ce qui rend sa présence juste ultra désagréable pour le spectateur. D’autant que la façon dont les gens continuent de mourir après son arrivée ne change pas : l’équipage meurt toujours par accident. En tout, le monstre ne tue directement qu’un seul personnage avant de se faire enfermer dans un sas.

« Ouais mais il est dit qu’il est responsable d’une partie des accidents qui arrivent non ? C’est pas lui qui sabote le vaisseau ? »

-Vous qui avez vu le film.

Effectivement, les défaillances qui surviennent après l’amarrage entre les deux Icarus sont provoquées par cet espèce de truc, mais on nous a montré que l’équipage était faillible AVANT son arrivée. On n’a pas besoin d’un monstre de pacotille pour justifier les problèmes techniques. Ça dessert même plutôt le film.

Quentin Tarantino, George Clooney et Slma Hayek dans Une Nuit en Enfer.
Si vous voulez un film un peu con un peu taré, allez-y, c’est de la bonne. En plus, Tarantino y joue un gangster pervers sexuel et y est assez drôle.

N’allez pourtant pas croire que je suis totalement contre l’idée d’ajouter un twist de ce genre dans un long-métrage. Sunshine n’est pas le seul à faire prendre à son scénario un virage à 180° et un exemple classique reste Une Nuit en Enfer de Robert Rodriguez.

Dans ce dernier, on passe d’un film de gangster au film de monstre en une scène, mais ça marche parce qu’il n’y avait aucun rapport entre les deux parties du film en dehors des personnages et parce qu’on nous présente ça comme un concours de circonstances. Tout se passe bien pour les héros jusqu’à ce qu’ils se retrouvent par hasard dans un bar de vampires après la nuit tombée. Le grand écart est assumé et c’est bien fait.

Le personnage principal, Capa, dont le trait caractéristique est son incapacité à jouer des émotions complexes.
Tout était déjà tellement parti en couilles que c’est pas un fanatique zombifié de plus ou de moins qui va empêcher notre héros de faire de beaux rêves

Dans Sunshine, au contraire, l’impact du twist est minime pour les personnages qui avaient déjà commencé à douter du succès de leur mission avant que le monstre n’arrive. Sa présence à bord ressemble plus à un problème supplémentaire venant s’ajouter à la liste des difficultés rencontrées, et elle n’est traitée que comme cela. Assez vite, les personnages trouvent une solution pour isoler le monstre dans une partie du vaisseau et continuer leur mission du mieux possible.

En bref, Sunshine est un film qui méritait qu’on s’arrête un peu dessus pour prendre le temps de notifier ses grandes qualités, mais également pour mettre les choses au clair sur le fait que ça n’est pas un grand film.

Si jamais vous ne le connaissiez pas (ce qui n’est pas impossible car je n’en ai pas non plus beaucoup entendu parler), ça reste quand même un long-métrage  intéressant à découvrir, au moins pour sa première heure. Pensez néanmoins à trouver quelque chose à faire à côté pour la fin, la moitié des scènes étant parasitées par les effets douteux associés à la créature.

Guillaume


Images :

Danny Boyle, Sunshine, 20th Century Fox, 2007.

James Gunn, Les Gardiens de la Galaxie, Marvel Studios, 2014.

Anne Wood et Andrew Davenport, Les Télétubbies, Ragdoll Productions, 1997-2001.

Christopher Nolan, Interstellar, Warner Bros. Pictures, 2014.

James Cameron, Alien, le retour, 20th Century Fox, 1986.

Jacob Peter Gowy, La chute d’Icare, 

Ridley Scott, Alien,  20th Century Fox, 1979.

John Carpenter, The Thing, Universal Pictures, 1982.

Robert Rodriguez, Une nuit en enfer, Dimension Films, 1996.

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