Blade Runner : Harrison Ford, c’est un réplicant ou pas ? (Ridley Scott, Blade Runner, 1982)

Résumé :

Dans le futur des années 80, quatre êtres synthétiques, des réplicants, trouvent refuge à Los Angeles alors que leur présence sur Terre est illégale. Rick Deckard, un chasseur de prime spécialisé dans la traque de réplicants est engagé pour les retirer de la circulation.

OUI ! Vous n’imaginez même pas à quel point ce blog est une aubaine pour moi puisqu’il me donne l’occasion de voir encore et encore tout un tas de films que j’adore et cette semaine, on peut dire que j’ai été gâté !

Blade Runner, c’est LE film que j’aime par-dessus tout. A lui seul, il suffirait à me faire dire que j’adore Ridley Scott malgré le fait que je n’ai aimé presqu’aucun de ces derniers films (presque, parce qu’il y a Seul sur Mars qui valait quand même le coup). Bien sûr j’adore aussi son petit bijou qu’est Alien, mais pas tant pour le film que pour la saga qu’il a amené à créer par la suite.

Par contre, Blade Runner, c’est une toute autre histoire. La légende raconte que c’est l’un des premiers films que je me souviens avoir vu au cinéma. C’était un soir d’hiver où mon père et moi étions allés chercher le confort des salles obscures car il estimait qu’il était temps pour moi de commencer ma culture cinématographique. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés dans une petite salle rediffusant en VO ce chef-d’œuvre de SF et que mon amour du 7e art a commencé à se manifester. Ça et mon amour des questions sans réponses. Deckard, c’est un réplicant ou pas ? Je m’en foutais royalement et encore aujourd’hui, même si mon petit cœur penche d’un côté de la balance, ce n’est pas pour cette double lecture que j’aime revoir ce film dans l’une des nombreuses versions en vente sur le marché, mais pour tous les autres niveaux de lectures !

Deckard mangeant des nouilles dans la rue, sous la pluie.
Ce film, je l’aime au point que c’est à cause de cette scène que je suis allé étudier à Singapour juste pour aller manger des nouilles dans une métropole asiatique #TrueStory

J’espère que vous n’avez rien de prévu ce soir, parce que je vous entraîne avec moi, de gré ou de force dans ce film noir futuriste et ultra d’actualité.

Qui sommes-nous ?

Wow ! Ca commence fort pas vrai ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas tombé sur la section présentation de ce site : il s’agit bien du titre de la partie.

Qui sommes-nous ? Question vague s’il en est et qui sert pourtant de colonne vertébrale à Blade Runner.

La société décrite ici est hautement inégalitaire. Il existe de nombreuses différences sociales entre les hommes qui vivent à différents niveaux de richesses, mais l’inégalité la plus flagrante est celle qui sépare les humains des réplicants, des organismes artificiels qui ont été créés afin de servir d’esclave aux êtres « naturels ».

Une vue aérienne de Los Angeles et de ses panneau publicitaires hauts de plusieurs étages.
Bien sûr, tout ça n’est qu’une représentation dystopique du monde capitaliste dans lequel nous vivons, avec ses panneaux publicitaires géants et tout le tintouin. Ça reste classique.

Je déconne pas, c’est en terme d’ « esclaves » que le film les introduit. Certains sont créés pour le combat, d’autres pour être ouvriers et on trouve même des robots dont la seule fonction est de servir aux bons plaisirs des messieurs qui les possèdent.

D’ailleurs, cette catégorisation en fonction de l’emploi est au cœur de tout le film puisque chaque personnage est présenté en rapport avec son métier, comme si ce que nous sommes comme individu se résumait au rôle que nous jouons pour la collectivité.

Ainsi, Deckard, le personnage principal, est le flic, mais on trouve également des ingénieurs en robotiques, des scientifiques, des danseurs, des marchands de nouilles. Les rapports entre les personnages sont rarement plus développés que les rapports entre leurs professions et ce n’est que très progressivement que le protagoniste va se voir prêter des traits un peu plus personnels, notamment au travers de souvenirs.

Arnold Schwarzenegger dans Total Recall faisant une grimace.
Total Recall, un film auquel la SF doit beaucoup puisqu’elle a permit à notre Arnold préféré de nous offrir quelques unes de ses plus belles grimaces.

Seulement voilà, ce qui a secoué le public et qui lui a fait se poser tout un tas de questions sur la nature, naturelle ou artificielle, du personnage principal, c’est que Blade Runner nous présente un monde où les souvenirs ne sont que des données numérisables et intégrables à volonté dans le processeur d’individus. Oui, presque comme dans Total Recall, un film adapté de l’univers de l’auteur Philip K. Dick, également à l’origine des aventures de Deckard et des réplicants. Je dis presque parce qu’il existe une différence : là où cette opération était possible sur les humains dans le film de Schwarzy, elle n’est possible que sur les machines dans celui d’Harrison Ford.

C’est cette découverte qui bouleverse Rachel, la jolie assistante du professeur Tyrell, l’homme derrière cette technologie lorsqu’elle découvre que ses souvenirs ne lui appartiennent pas et qu’elle n’est qu’un réplicant s’ignorant. Ce qu’elle pensait être au cœur de son identité est en fait un programme informatique codé de toutes pièces. Pourtant, elle a l’impression d’être quelqu’un. Comment cela serait-il possible?

Grâce à Descartes !

Descartes et Deckard, des noms comparables, des philosophies opposées.
Cette fois, on parle bien évidemment du philosophe, le flic du futur n’étant pas célèbre pour ses traits d’esprit.

« Je pense donc je suis », c’est grâce à cette célèbre maxime que les réplicants en cavale parviennent à garder foi en ce qu’ils sont. Ils savent qu’ils sont différents et qu’ils ont été créés par l’homme, mais ils savent aussi qu’ils ont le même droit de prétendre à la vie que leurs créateurs, tout simplement parce qu’ils sont conscients.

Tyrell, l'homme le plus riche et brillant du film profitant de son appartement richement décoré.
Et pendant ce temps là, Tyrell est riche.

Le groupe de fugitifs, mené par le terrifiant Rutger Hauer, a décidé d’échapper aux fonctions qui leur ont été imposés. Ils souhaitent pouvoir se définir selon leurs vécus et leurs expériences. Ils aimeraient croire au libre-arbitre et échapper à un quelconque destin qui régirait leur existence. C’est dans cette quête d’identité et de reconnaissance qu’ils se sont mis en chasse de Tyrell, tant pour se faire valoir comme êtres vivants que pour avoir le droit de repousser l’échéance de la mort, laquelle est programmée en eux pour des questions de sécurité.

« Oui mais, c’est pas la question ça. La vraie question à laquelle tu n’as pas répondu, c’est de savoir si Rick Deckard est lui aussi un robot ou pas ! »

Vous qui voulez passer directement à la suite.

Très bien, puisque c’est comme ça et que je sais que vous lisez cet article uniquement pour avoir mon avis dans ce débat, je vais y venir.

Qui de l’homme ou du robot ?

Ce qu’il faut savoir de Blade Runner, c’est qu’au moment de sa sortie, ça a été plus ou moins un bide. Tout le monde s’en foutait de cette histoire sombre, lente et un peu déprimante sur des robots et des humains. L’Empire contre-attaque venait de sortir et la Science-Fiction sans bataille spatiale n’était pas à la mode. Le truc qui a vraiment contribué à faire de ce film un film culte, outre le fait qu’il soit génial et qu’il ait fallu du temps aux gens pour s’en rendre compte, c’est la licorne.

Une petite licorne mignonne.
Unicorn saved the day #RealMVP

Oui, parce qu’à un moment, il est suggéré que Deckard rêve de licornes et les licornes ça n’existe pas. #PlotTwist. Plus sérieusement, dans la toute dernière scène, le personnage principal découvre un origami devant chez lui. Ces petites figurines en papier pliés sont la signature de l’un de ses collègues (mon personnage préféré quand j’étais petit alors que clairement, il ne servait pas à grand-chose). Cette fois-ci, l’origami représente justement une licorne : coïncidence ? Sans doute pas. Ce qui est alors suggéré, c’est que le rêve de Deckard a été implanté artificiellement et que son collègue est au courant. Deckard serait alors un réplicant. Ou alors ce collègue taquin aura juste eu accès à un éventuel dossier médical ou je ne sais quoi et aura décidé de troller un peu Harrison Ford en créant une des fins ouvertes les plus fameuses du cinéma.

Deckard trouvant un origami licorne.
Oui, parce que contrairement à ce qu’on trouve sur internet, la vraie scène de fin du film, c’est celle là.

Personnellement, j’aimerais autant que ce rêve de licorne n’existe pas. Non seulement il semble ne pas avoir sa place dans le film (jusqu’à ce qu’on découvre la scène finale), mais ce qu’il suggère ferme tout une piste de lecture que je trouve savoureuse.

Dans l’hypothèse où Deckard serait un humain, une différence de plus est créée entre les êtres naturels et les synthétiques : leur degrés de « j’en ai rien à foutre ».

La caractéristique principale qui est censé permettre de différencier les humains des machines est le manque d’empathie de ces dernières. La meilleure façon de traquer un réplicant qui chercherait à se la couler douce parmi les humains est de faire passer à tous les suspects un test de réaction émotionnelle afin d’établir si les sujets se comportent comme attendu ou non. Ce simple concept (qui induit que les émotions des humains sont quantifiables et contrôlable, ce qui est assez horrible) est à l’origine d’un renversement intéressant mais inutile dans le cas où Deckard ne serait pas un humain.

En effet, la fine équipe de robots fugitifs nous est montrée comme soudée et ses membres, bien que supposément incapables d’éprouver de l’empathie paraissent avoir plus de sentiments que Deckard, le flic froid et inexpressif qui les traque.

« C’est la preuve que c’est un Réplicant ! Il n’éprouve aucune pitié ! »

Vous qui n’avez pas lu ce que je viens d’écrire.

Sarah Connor dans Terminator 2, mère de famille qui n'hésite pas à tuer des innocent pour sauver le reste de l'humanité.
Sauvez notre humanité en abattant des enfants, n’est-ce pas un peu sacrifier cette humanité ? T’en penses quoi Sarah ?

Les robots tissent des liens, ce que ne fait pas Deckard. En fait, on a un schéma très proche de celui de Terminator 2 : la machine présentée comme un danger apprend la valeur d’une vie là où l’adulte raisonnable n’a plus aucune notion de bien ou de mal concernant ce sujet.

Tellement sûr de sa supériorité sur les machines, Deckard se paye le loisir de passer pour le roi des macho-connards et va violer Rachel, être synthétique de son état parce que de toute façon ça compte pas, elle est aussi humaine que le serait un grille-pain.

Un grille-pain avec une poitrine généreuse.
Et là-dessus, j’ai deux choses à dire : ne forcez pas quelqu’un qui dit non, et ne mettez pas votre sexe dans un grille-pain.

Comme on ne peut pas généraliser le message d’un film à partir d’un seul personnage, il est important de prendre le temps de regarder comment s’en sortent les autres humains, et c’est pas glorieux.

Dans ce film, les hommes sont seuls. La seule compagnie que connait un personnage venu au monde naturellement est celle d’au moins une machine, mais ils n’ont finalement que peu d’interactions entre eux. Les rares scènes qui représentent deux humains se parlant sont celles avec Deckard et son collègue flic (encore qu’il soit possible que Deckard soit un réplicant, je le rappelle), et celle où Tyrell joue aux échecs avec l’un de ses employés. Et encore, cette dernière scène se fait par l’intermédiaire d’un téléphone, les deux personnages ayant l’habitude de jouer ensemble chacun depuis leur chambre.

L'appartement de Sebastian, responsable du génome des réplicants.
L’appartement dudit employé, rempli d’êtres artificiels inachevés qui illustre la grande solitude du personnage.

Blade Runner met le doigt sur quelque chose : l’humanité a sacrifié sa sociabilité au profit du progrès.

Rutger Hauer lors de son monologue final.
Rutger Hauer est un robot soldat, certes, mais c’est surtout un poète.

Les personnages vivent donc dans de grands immeubles déserts malgré le fait que la foule inonde les rues. L’espèce humaine existe comme un tout, mais les individus ne valent plus rien dans un monde où personne ne s’intéresse à son prochain. C’est le constat désespéré de Rutger Hauer, le chef des robots en cavale qui compare son existence sur le point de prendre fin à des larmes perdues dans la pluie.

Pour revenir au débat entre les fans et dans lequel Ridley Scott lui-même est intervenu, ça me ferait bien chier que Deckard soit un robot (ce que prétend le réalisateur) parce que ça retire cette réflexion sur l’humanité décadente. On obtient juste un film qui suggère vaguement que si les hommes sont des connards incapables d’être sympathiques entre eux, c’est parce que la société les aliène. En effet, la seule différence qui existerait alors entre le personnage d’Harrison Ford et celui de Rutger Hauer serait le lieu d’origine. Les réplicants ayant vécu toute leur vie sur des colonies extra-terrestres, ils auraient échappé au mal qui ronge les autres protagonistes. C’est un message ultra intéressant, je vous l’accorde, mais qui personnellement me parle un peu moins.

Heureusement, le film apporte une troisième alternative, et ça, personne ne l’a vu venir.

Une question qui ne se pose pas

J’étais assez agacé la première fois que j’ai vu cette interview de Ridley Scott révélant la vraie identité de Deckard. Non seulement il amenait une réponse catégorique à un débat qui contribuait au charme du film, mais en plus, de quel droit se permettait-il de le faire ?

Une image opposant la PS4 de Sony et la X-Box One de Microsoft, illustration moderne de la guerre des consoles.
Avoir une opinion sur l’identité de Deckard, c’est comme défendre sa console préférée dans la cours de l’école : c’est un conflit totalement stérile mais qui permet de passer des instants diablement enthousiasmants dès que le sujet est mis sur le tapis.

Effectivement, Ridley Scott est le réalisateur du film, et nous autres français, on a tendance à lui attribuer la paternité de l’œuvre. Sauf que ce n’est pas toujours évident aux Etats-Unis où les studios ont plus de poids, et ça l’est encore moins quand l’œuvre est adaptée du travail de quelqu’un d’autre (comme c’est ici le cas). Mais ce qui me dérangeait le plus avec l’avis de Ridley Scott sur Blade Runner, c’est que son film était devenu culte.

Philip K. Dick, auteur de SF renommé.
« Bonjour, je suis Philip K. Dick et c’est mon roman « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? » qui a été adapté dans ce film. J’espère que ça vous a plu ! »

La réputation du long-métrage s’est faite au fil des décennies et chaque fan de ce film s’est approprié l’histoire et les personnages qu’il présentait. Lorsque Ridley Scott est intervenu, ce long-métrage n’était plus seulement son long-métrage, mais c’était un classique qui appartenait autant aux spectateurs qu’aux membres de l’équipe de production. La voix de Ridley Scott comptait comme celle d’un seul homme au milieu d’un tumulte d’autres voix s’élevant pour savoir si Deckard était un réplicant ou non.

Il y a cependant une chose qui m’a fait réaliser que tout ça n’était pas important, et sans doute le réalisateur a-t-il voulu mettre un terme à un débat qui n’avait pas lieu d’être pour concentrer les fans sur la vraie fin du film.

Bob L'Eponge OSEF.
La réponse personnelle de Deckard. Allégorie.

La vraie réponse de Blade Runner aux questions identitaires qu’il soulève, c’est qu’on s’en fout.

N’allez pas comprendre par là qu’il abandonne ou qu’il suggère tout un tas de choses pour ne jamais revenir en détail dessus. Blade Runner semble nous dire que Deckard est effectivement un réplicant, mais ce qu’il nous dit avec certitude, c’est que ça ne change rien : Rick Deckard est Rick Deckard parce qu’il s’est construit une identité lui-même. Au début du film, on ne sait rien de lui, et ce qu’on va apprendre du personnage, on va le faire en le voyant réaliser des actions.

Deckard se définit grâce aux choix qu’il fait, aux vies qu’il épargne, à celles qu’il abrège. C’est le concept de toute la partie « les gens ne sont définis que par leur métier ». On ne peut pas juger une personne sur ce qu’on croit connaitre d’elle, mais sur ce qu’on sait effectivement d’elle.

Les personnages d'Harrison Ford et de Rutger Hauer se faisant face sous la pluie.
Les deux personnages ne sont opposés que par les circonstances, mais leur but est le même : survivre dans un monde où l’individu n’importe plus.

Ainsi, le film nous montre un équilibre assez saisissant entre le camp des « gentils » humains et celui des « méchants robots ». Les réplicants sont caractérisés par leur espérance de vie courte ? Le personnage de Sebastian, l’homme qui design le génome artificiel des réplicants voit son corps vieillir trop vite et se sait condamné à une mort prématurée. Ces robots esclaves manquent d’empathie ? Je crois qu’on a établi plus tôt que les humains n’étaient pas beaucoup mieux lotis.

Finalement, le personnage de Rutger Hauer qui sert d’antagoniste principal ne tue pas plus pendant le film que Deckard, le héros. On sait qu’ils ont déjà tué par le passé, mais on ne sait pas combien de fois, et si cela leur a été reproché à tous les deux, on ne peut les juger que sur ce qu’on voit d’eux pendant le film.

Les préjugés qu’on peut avoir sur les gens et les apparences sont au centre du développement de Deckard. Il commence le film avec un profond mépris pour les machines qu’il estime indigne de confiance (ceci-dit, son métier consistant à traquer des robots criminels, on comprend que sa vision des synthétiques soit limitée), mais au contact de Rachel et de Rutger Hauer, il va réaliser qu’il n’existe pas de vraie différence comportementale entre les humains et les réplicants.

« Mais pourquoi tu disais plus haut que Ridley Scott voulait nous concentrer sur la vraie fin ? De quelle vraie fin tu parles ? »

Vous qui me ramenez dans le droit chemin.

Du tout dernier plan, et de la toute dernière réplique de mon personnage préféré, le mystérieux flic aux origamis. Alors que Deckard vient de survivre à sa rencontre avec le chef des réplicants, ce mystérieux flic arrive pour le récupérer et lui révèle avec tout le flegme du monde qu’il trouve ça dommage que Rachel soit condamnée à mourir. Mais alors que Deckard pense que sa condition de réplicant fait d’elle la prochaine cible de son collègue, celui-ci ajoute « mais c’est notre lot à tous ».

La fameuse scène où le flicmystérieux révèle le destin de Rachel.
Cette réplique a toujours été ma préférée, même avant que je ne réalise son importance. Au fond de moi, je savais qu’il y avait plus à comprendre que ce qui était dit.

Cette réplique, tout en signalant à Deckard que Rachel est en sécurité puisqu’elle ne fera pas l’objet d’une traque, annihile les dernières différences entre les humains et les réplicants. Tout le monde doit mourir, donc tout le monde vit, et si la mort d’un être synthétique est « dommage », alors c’est que sa vie est importante. Ces mots, Deckard se les remémore lorsqu’il trouve l’origami licorne qui lui confirme ce dont il avait peur (il est bel et bien un réplicant). Que fait-il alors ? Pour la première fois du film, Deckard a l’air soulagé et sourit, parce qu’il a enfin la réponse aux questions qu’il se posait. Il broie ensuite l’origami au creux de son poing, parce que réplicant ou humain, ça ne change rien. Il est vivant et il compte bien profiter du temps qu’il lui reste avant de mourir.

Voilà, ça c’est la vraie fin de Blade Runner. Tout le monde s’est concentré sur cet origami sans voir ce qu’il lui arrivait, un peu comme la toupie de Inception, mais en plus vicieux.

Le flic aux origami pliant une poule.
Tu peux être fier de toi moustachu inconnu ! Tu était détenteur du dernier indice et personne n’a su comment s’en servir.

Vous l’aurez compris, ce film est une tuerie. Je suis désolé pour le développement qui peut paraître un peu moins structuré que d’habitude, mais nous sommes cette semaine en présence d’un film qui mériterait qu’on écrive des bouquins entier d’analyse. Il est facilement à la SF ce que Conan le barbare est à la fantasy (sauf peut-être que la SF compte beaucoup plus de chef-d’œuvres que la fantasy, et que Blade Runner fait donc moins office d’exception, mais c’est un autre débat).

En attendant, jetez-vous sur ce film, peu importe la version. Il existe deux éditions principales avec deux montages différents, la Director’s Cut et la Final Cut, défendant respectivement les théories de « Deckard est un humain » et « Deckard est un robot ». Personnellement, je me délecte de n’importe laquelle de ces deux versions, et maintenant que vous connaissez la vraie signification de la fin, vous pouvez vous aussi apprécier l’une ou l’autre sans différence.

Guillaume.

PS : Pour les curieux qui voudraient mon avis sur Blade Runner 2 (parce que oui, ça a été officiellement annoncé par Ridley Scott), le simple fait qu’Harrison Ford reprenne son rôle va totalement contre l’idée de Ridley selon laquelle il est un réplicant pour la simple et bonne raison que ceux-ci ne vivent que quelques années (et ne vieillissent donc pas physiquement). Voilà, le film a juste annoncé un bout de son casting et c’est déjà un échec de cohérence. En plus, il parait que Ryan Reynolds sera dedans et vu son niveau d’acting, lui c’est certain que c’est un réplicant. #BilletDuMercrediVachementEnAvance.


Images :

Ridley Scott, Blade Runner, Warner Bros, 1982.

Paul Verhoeven, Total Recall, Carolco Pictures, 1990.

James Cameron, Terminator 2 :  Le Jugement dernier, TriStar, 1992.

12 commentaires sur « Blade Runner : Harrison Ford, c’est un réplicant ou pas ? (Ridley Scott, Blade Runner, 1982) »

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