Le Labyrinthe de Pan : un film horriblement génial ? (Guillermo del Toro, Le Labyrinthe de Pan, 2006)

Résumé :

En Espagne dans les années 40, une jeune fille un peu rêveuse du nom d’Ofélia va rendre visite à son beau-père à la campagne. Ce dernier étant un officier franquiste, c’est pas toujours la joie à table, mais c’est pas bien grave parce qu’Ofélia a des amis fées qui vont l’emmener voir leurs amis chelous mangeur d’enfants, ce qui a l’air un peu plus sympa déjà. Heureusement que la petite s’amuse, parce que pendant ce temps, tout le monde meurt de la guerre.

Guillermo Del Toro. On avait déjà un peu parlé du bonhomme à l’occasion de Crimson Peak, globalement pour en dire du bien. Mais autant, ce dernier film, on ne l’avait pas trouvé tip top, autant le Labyrinthe de Pan (qui est le film d’aujourd’hui), est particulièrement savoureux.

La faune recouvert de terre et de mousse.
« Oh boy ! Oh boy ! Si j’avais su qu’on allait me sortir de l’étagère des DVD, je me serais lavé derrière les oreilles. J’ai littéralement de la mousse qui pousse. »

Ce film, c’est ce que fait Del Toro de mieux : une ambiance lourde et poisseuse, des monstres aux mouvements désarticulés et une violence visuelle toujours présente mais qui, parce qu’elle est maitrisée, ne dérange pas. Mais tout ça, c’était déjà dans Crimson Peak. Ce que ce film n’avait pas et qu’a notre long-métrage de la semaine, c’est une écriture dense aux multiples niveaux d’interprétations.

L’histoire, si elle est classique, sert de prétexte à réfléchir sur de multiples aspects tant du fascisme que de la mythologie ou de l’art. Et ça, ce ne sont que les interprétations que j’ai réussi à déceler. Je suis convaincu d’être passé à côté de la moitié des idées véhiculées par ce film. Ceci dit, ce n’est pas plus mal puisque je n’ai qu’un article pour vous en parler et les quelques pistes que j’ai décidé de suivre vont nous intéresser assez longtemps comme ça.

Trêve de bavardages. Plongeons-nous immédiatement dans ce dédale lugubre de niveaux de lectures pour vous montrer que des perles dans le genre de l’horreur/fantastique, ça existe totalement.

Ofélia qui ne semble pas vouloir s'avancer dans ce dédale.
Ne fais pas cette tête Ofélia, promis ton film il est bien.

Qui de l’homme ou du monstre ?

La première chose qui marque, c’est l’importance des oppositions dans ce film. Qu’il s’agisse des soldats et des rebelles, des adultes et des enfants ou des humains et des monstres, Del Toro s’est débrouillé pour créer du contraste entre ses personnages ou groupes de personnages de façon à ce que la comparaison se fasse presque d’elle-même.

C’est à partir de ces oppositions que ma réflexion sur ce film s’est construite et logiquement, c’est en commençant par la première et peut-être la plus évidente, que j’avais envie d’aborder cet article.

La plus évidente, parce qu’elle ne se cache pas d’être au centre de l’intrigue, c’est celle qui oppose les hommes et les monstres.

Le capitaine Vidal et l'homme pâle à table, comparés grâce à un montage.
Sur cette image, un monstre responsable de la mort de dizaines d’innocents à qui ses horreurs ne coupent pas l’appétit, à droite, une bestiole sans amis…

Après une petite exposition nous présentant le monde dans lequel vivent les créatures étranges que sont les fées, le film s’ouvre sur Ofélia arrivant à la campagne. Cette étape de sa vie est un changement important puisque c’est à ce moment qu’elle rencontre le capitaine Vidal (le nouvel époux de sa mère) et le faune. Ces deux personnages nous sont directement présentés comme comparables puisqu’ils font tous les deux office de figure paternelle (le père biologique d’Ofélia étant décédé). Vidal sera l’incarnation de l’autorité là où le faune se montrera plus doux.

Merlin l'Enchanteur tel qu'il apparaît chez Disney
Il a sans doute été élevé devant Merlin l’Enchanteur pour en arriver à une telle conclusion.

Pourtant, à ce stade du film, on ne sait pas vraiment de qui viendra la menace. Vidal est un militaire violent et autoritaire, mais il parait respecter un minimum son épouse qui attend un enfant de lui et ignore royalement Ofélia puisqu’elle n’est pas sa fille et qu’il semble penser que, de toutes façons, les filles c’est bien pour coucher avec, mais ça n’a aucun intérêt d’en avoir une comme enfant.

De l’autre côté, le faune se montre serviable et sympathique, mais son physique inquiétant (et génial, avouons-le) joue totalement contre lui, sans parler de l’imaginaire lié aux créatures de son espèce. A cause de sa voix douce et de sa façon d’être presque trop poli, on s’attend à ce qu’il fasse une crasse à la petite.

Hans Landa, l'officier Nazi d'Inglorious Basterds, particulièrement effrayant lorsqu'il est aimable.
« Oooh ! Pourquoi donc se méfier des gens lorsqu’ils sont trop gentils ? Ils sont peut-être juste bien élevés. Tenez, reprenez un peu de crème avec votre strudel ! » #gentilsméchants #angoisse
Francisco Franco en 1969
Francisco Franco est un « sympathique » dictateur qui gouverna l’Espagne de 1939 à 1975. Il partageait avec Hitler son amour des moustaches et sa haine des communistes.

Le parallèle entre ces deux personnages apparait donc comme évident. Mais Del Toro, malgré la présence de créatures étranges et un peu flippantes au générique, désire faire un film sur les hommes, et les hommes sont cruels et monstrueux. Vidal, l’homme, est en effet un officier franquiste convaincu du bienfondé du régime du dictateur espagnol et il n’hésite pas à multiplier les actes de violence pour faire taire pour de bon la poche de résistance qu’il a été chargé d’éliminer dans les bois. Cela comprend de la torture, des exécutions d’innocents, mais également des menaces à l’encontre de son entourage qui, s’il ne lui obéit pas, risque de passer un sale quart d’heure. C’est bien simple, le médecin chargé de s’occuper de sa femme enceinte a reçu pour ordre de sauver le bébé quoi qu’il arrive, même aux dépens de la vie de sa femme. Et que se passera-t-il si l’enfant décède malgré tout ? Il est bien probable qu’un certain médecin soit poussé à prendre sa retraite à coup de balles dans la tête… Rien que ça…

L'homme pâle, un grand humanoïde avec les yeux dans les mains.
« Coucou ! C’est re-moi ! »

De l’autre côté, le faune n’est par contre jamais vraiment un danger. Il pousse Ofélia à remplir des épreuves, mais toujours en prenant le temps de lui détailler précisément les consignes qu’elle doit respecter. Ofélia ne se met en danger que parce qu’elle décide de ne pas suivre ces consignes. C’est son libre-arbitre qui est dangereux pour elle. D’ailleurs, j’ai trouvé intéressant de constater que le monstre le plus menaçant pour la jeune fille était également le plus humanoïde et que son nom n’était autre que « l’homme pâle ».  C’est d’autant plus marrant que c’est le monstre qu’on a précédemment comparé à Vidal… Coïncidence ? Je ne pense pas.

Mais bon, cette inversion du schéma « Homme VS. Monstres » a sans doute déjà été remarquée par un tas de personnes

« Oui. »

Vous qui l’aviez remarqué.

Aussi, passons à la deuxième partie.

Laissez-la rêveeeer !

Très vite, un autre thème important apparait au spectateur : le thème du rêve. Là encore, le film opposera deux personnages extrêmes dans leur relation à l’imaginaire : Ofélia et Vidal.

Ofélia et Alice ont la même robe : verte pour l'une, bleue pour l'autre.
Tu la sens l’inspiration ? Hein ? Tu la sens là ?

Pour la petite fille, c’est simple : grande lectrice de contes de fée, Ofélia a tendance à essayer d’échapper au monde réel grâce à cet univers qu’elle a découvert dans les livres. On la sent l’inspiration d’Alice au Pays des Merveilles (le livre, pas le film où Alice fait du commerce avec les chinois). Elle semble familière de cet univers et en connait les moindre créatures, aussi n’est-elle pas étonnée de rencontrer ce qu’elle pense être une fée. Et oui, je dis bien « ce qu’elle pense être » puisque la toute première apparition des fées est assez spéciale et qu’elle me fait penser qu’en réalité, toute la partie « fantastique » n’existe pas réellement mais n’est qu’un travail d’imagination de l’enfant.

L'insecte sur la pierre, une espèce de gros phasme/sauterelle en images de synthèses.
Ceci dit, des bestiaux comme ça, on n’en croise pas tous les quatre matins non plus.

Pour revenir à cette première apparition de fée, elle a lieu alors que la voiture qui amène la fillette et sa mère chez Vidal est arrêtée en pleine forêt. Ofélia, qui vient de passer un petit bout de temps le nez plongé dans ses livres de contes, sort donc prendre l’air et s’éloigne un peu de la voiture pour tomber face à une statue grotesque recouverte de mousse. C’est à cet instant, alors qu’elle fait face à cette figure de pierre qui aurait fait se poser de nombreuses questions à tout un tas d’enfants un peu versés dans les légendes, qu’elle voit en sortir un insecte à l’aspect inédit. C’est cet insecte dont elle ne reconnait pas la forme qu’elle appelle « fée ».

« Elle est débile en fait, c’est tout. »

Vous qui pensez qu’elle ne sait pas faire la différence entre une blatte et un farfadet.

Pour défendre la version d’Ofélia, cette dernière a vécu toute sa jeune vie dans une ville dont le nom n’est jamais précisé (il ne me semble pas en tout cas). On peut donc imaginer assez facilement qu’elle n’a pas été confrontée à toutes les formes animales qu’on peut voir en forêt. Ajoutez à cela qu’elle a encore l’esprit un peu nauséeux d’avoir lu ses contes pendant tout le trajet et vous comprendrez assez facilement que la bestiole bizarre qui sort de la statue encore plus bizarre puisse faire un effet… bizarre à la petite fille.

Ofélia montrant une illustration de fée à l'insecte.
Avec des illustrations comme ça, j’aime autant vous dire qu’il en faut de l’imagination pour lire des contes de fée…

Mais cela ne s’arrête pas là. Ses aventures fantastiques continuent la nuit suivante. On voit clairement Ofélia se réveiller et voir que sur son lit se promène un insecte semblable à celui aperçu plus tôt. Ce n’est que lorsque l’enfant va l’appeler une nouvelle fois « fée » et qu’elle lui montrera une illustration de son livre que l’animal prendra effectivement la forme d’une fée. En gros, ce que nous dit cette scène, c’est que la vision qu’Ofélia a de son monde lui vient principalement de ses bouquins. Oui, exactement comme pour le film John Carter où l’aspect Péplum/Far West de Mars était justifié par l’imaginaire littéraire des personnages. Si on prend en compte le fait qu’elle est au lit et qu’il fait « nuit-bleue » (oui, parce que les nuits sont un peu fantastiques aussi et ne sont jamais noires, mais bleues), il n’est pas très compliqué d’imaginer qu’Ofélia est en fait encore en train de rêver et qu’elle mélange plusieurs éléments marquants de sa journée à savoir : l’insecte étrange, le labyrinthe (dont elle a vu l’entrée en arrivant à la maison) et la figure paternelle manquante incarnée par le faune et qui resurgit suite à la rencontre de Vidal qu’on lui demande d’appeler « papa ».

L'arbre de la première épreuve évoquant la tête d'un bouc.
Autre détail qui pourrait faire pencher pour l’hypothèse du rêve : durant chaque épreuve, la tête du faune est suggérée. Or, celle-ci apparait pour la toute première fois au dessus de l’entrée du labyrinthe alors qu’Ofélia le découvre. Ici, un arbre à la forme suggestive.

Le plus marrant avec ça, c’est qu’il semblerait que le faune est une créature chère à Guillermo Del Toro puisque c’est précisément lorsqu’il était enfant qu’elle lui serait apparue en rêve chez ses grands-parents. Si cette anecdote est vraie, il n’est plus du tout compliqué d’imaginer que c’est également ce qui arrive à l’héroïne de ce film.

D’ailleurs, il est bon de noter qu’aucune des créatures vues par Ofélia ne sont visibles pour les autres personnages. Ce que l’enfant appelle « racine de mandragore », le spectateur ne le voit plus que comme un vulgaire tubercule lorsque d’autres personnes tombent dessus et il est clairement montré que le faune est invisible aux yeux de Vidal.

Mais tiens, tant qu’on l’a sous le coude celui-là, parlons de son rapport au rêve. Parce que je vous avais dit qu’une fois encore, le capitaine était au cœur d’un parallèle, cette fois-ci avec Ofélia. Le fait est que Vidal a une relation toute particulière au rêve et aux histoires : ça le fait grave chier.

Outre le fait qu’il envoie balader la petite dès qu’il la voit, il vit avec le poids du nom de son père sur les épaules. Le général Vidal (le père du capitaine), est un peu l’Apollo Creed de l’armée espagnole. Le gars est une légende et il a eu la chance de mourir en héros sur le champ de bataille. Ce fait, tout le monde aime à le rappeler à son fils, sans méchanceté, mais ça l’énerve.

La scène de la montre dans le cul de Pulp Fiction
« Cette montre, ton père me l’a confiée, et pour la protéger, je me la suis mise bien profond, là où personne ne serait allé la chercher. »

Plusieurs scènes montrent en effet Vidal réparant une montre qui se trouve être celle de son père. Lorsque le spectateur entend parler du général Vidal pour la première fois, il est fait mention de cette montre qu’il avait lui-même brisée afin que son fils connaisse l’heure exacte de sa mort. Dans son obsession à vouloir faire fonctionner la montre, le capitaine exprime en fait son désir de se débarrasser de la légende qu’était son père. Il cherche à le faire disparaître pour se construire sa propre légende. C’est d’ailleurs son souhait lorsqu’il se sait sur le point de mourir : il demande aux personnes présentes de parler de lui à son fils et de lui dire qu’il est mort en héros. En fait les histoires ne l’intéressent pas tant qu’elles ne parlent pas de lui.

Lieutenant Dan dans Forrest Gump
« Vouloir mourir en héros pour faire comme son pôpa, c’est tellement 1994 tout ça… »

Ofélia la rebelle

Tant que j’y pense, vous vous souvenez de ce moment, il n’y a pas si longtemps, où j’évoquais le fait que c’étaient le libre arbitre d’Ofélia qui la mettait en danger ? Moi oui, et ça tombe bien parce que je suis loin d’avoir tout dit là-dessus.

Le capitaine Vidal portant de petites lunettes de soleil rondes.
« Certes, j’ai un joli uniforme, mais j’ai surtout d’adorables petites lunettes ! »

Une fois de plus, le film nous montre des personnages qui viennent s’opposer autour d’un concept, cette fois celui de l’obéissance et une fois de plus, on parle du capitaine Vidal (qui en fait est au cœur de mes trois parties, à croire que c’est plus qu’un personnage secondaire…). Ce dernier avec son joli uniforme incarne le régime stricte de l’armée de Franco. S’il est à la campagne, ce n’est pas pour se refaire une santé, mais bien pour traquer une bande de rebelles qu’on lui a donné l’ordre d’écraser. Comme Vidal veut faire carrière, mais qu’il rêve aussi de devenir un héros de guerre, il obéit avec zèle aux ordres qu’on lui donne et il attend de même des gens (militaires ou non) qui dépendent de lui.

Les rebelles dans les bois.
« Bonjour, nous sommes les rebelles et nous nous rebellons. »

Hélas, par définition, les rebelles sont rebelles. Ils incarnent la lutte contre l’autorité et la liberté de rêver un monde meilleur. Je fais exprès d’employer le mot « rêver » puisqu’ils ont conscience de ne pas avoir la moindre chance contre le dictateur que servent Vidal et ses copains mais s’ils peuvent bien les faire chier avant de se faire chopper, ils auront l’impression de ne pas avoir trop perdu leur temps. Heureusement pour eux, ça semble marcher puisque Vidal a un peu les boules de ne pas réussir à coincer cette bande, d’autant qu’il se doute qu’il y a des traîtres dans son entourage qui aident les rebelles, et ça l’agace encore plus.

Mais les rebelles ne sont pas les seuls à refuser de se soumettre à l’autorité puisque c’est aussi un trait de caractère qui définit Ofélia. Très vite, elle va rejeter le capitaine en refusant notamment de le considérer comme son père (ce qui peut sembler peu mais est lourd de sens puisqu’elle estime que Vidal n’est pas digne de recevoir le titre de « papa »). A mesure qu’elle va prendre partie pour le militaire, la mère d’Ofélia va également voir son autorité sur sa fille décroître et bientôt, la seule personne qu’écoutera l’enfant sera le faune… encore que…

Ofélia c'est un peu comme Conan : tu lui dis pas de ranger sa chambre quand elle n'en a pas envie. Personne ne lui dit quoi faire de sa vie !
Ofélia c’est un peu comme Conan : tu lui dis pas de ranger sa chambre quand elle n’en a pas envie. Personne ne lui dit quoi faire de sa vie !

Il y a un petit objet dont je ne vous ait pas encore parlé. Présenté comme le « Livre des chemins », il s’agit d’un artefefact que le faune donne à Ofélia lors de leur première rencontre. Ce livre contient tous les conseils utiles et les informations nécessaires pour parvenir à surmonter les épreuves du faune. Seulement voilà, lorsque la petite fille l’ouvre pour la première fois, elle a l’étonnante surprise de constater qu’il est intégralement vide. Autant dire que ce bouquin en dit assez sur le positionnement du film vis-à-vis de la liberté puisqu’en gros, c’est à Ofélia d’écrire sa propre histoire et de faire ses propres choix. A personne d’autre.

V, le rebelle anarchiste de V pour Vendetta prêt à sacrifier son identité pour des principes.
« That’s my girl ! »

Finalement, elle refusera d’écouter les conseils du faune et des fées et ira même jusqu’à entrer en conflit avec eux puisqu’elle a des convictions voyez-vous. Le résultat de cette décision ne manquerait pas de plaire aux plus anarchistes des personnages dont nous avons parlés puisqu’Ofélia mettra sa vie en jeu au nom de son droit à la désobéissance et de sa capacité à penser par elle-même.

Ofélia est donc totalement une rebelle. Elle refuse de se soumettre pour un monde meilleur malgré son jeune âge.

Une tâche de sang prenant la forme d'un sexe féminin.
Oh ! Une tâche de sang évoquant à la fois le faune et un utérus, ce film nous parlant de « choix » traiterait-il en fait du passage à l’âge adulte ?

Le Labyrinthe de Pan, vous l’aurez compris, est une pépite. S’il parle un peu de la monstruosité de l’homme, il s’attarde surtout sur l’importance de savoir remettre certaines règles en question et de la nécessité de se poser les bonnes questions et de prendre des décisions pour faire avancer les choses (puisque le film ne se termine que grâce à la désobéissance d’Ofélia et des rebelles). Bien entendu, une fois ces décisions prises, il faut savoir en assumer les conséquences.

Personnellement, je vous invite chaleureusement à le voir ou à le revoir, mais à le faire en allumant votre cerveau. Le Labyrinthe de Pan est sans hésitation un chef d’oeuvre aux interprétations aussi nombreuses qu’il existe de spectateurs différents. Malgré son dénouement à la Blanche Neige (donc tragique), c’est un film qui fait du bien.

Ofélia atteignant enfin le royaume promis aux plus purs, mais il n'est pas celui qu'elle croit.
« What ?! Papa ? Maman ? Genre depuis le début vous étiez le roi et la reine du royaume des fées ! »

On m’a un peu reproché de ne jamais dire du bien des films appréciés du grand public et c’est un peu pour ça que j’avais envie de parler de celui-ci. Maintenant que l’article est terminé, j’espère que vous réalisez qu’en fait, un succès au box-office peut totalement être intelligent et agréable à regarder.

La bande de Cry Baby, un film à éviter.
Un succès commercial donc, mais aussi critique puisque comme Cry Baby, Le Labyrinthe de Pan a été récompensé d’une standing ovation à Cannes, sauf que là c’était mérité.

Guillaume


Images :

Guillermo del Toro, Le Labyrinthe de Pan, Warner Bros., 2006.

Wolfgang Reitherman, Merlin l’Enchanteur, Walt Disney Pictures, 1963.

Quentin Tarantino, Inglourious Basterds,

Image de Franco trouvée sur sa page Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_Franco

Clyde Geronimi, Wilfred Jackson & Hamilton Luske, Alice au pays des merveilles, Walt Disney Pictures, 1951.

Quentin Tarantino, Pulp Fiction, Miramax Films, 1994.

Robert Zemeckis, Forrest Gump, Paramount Pictures, 1994.

John Milius, Conan le Barbare, Dino De Laurentiis Corporation, 1982

James McTeigue, V pour Vendetta, Warner Bros., 2006

John Waters, Cry Baby, Imagine Films Entertainment 1990.

7 commentaires sur « Le Labyrinthe de Pan : un film horriblement génial ? (Guillermo del Toro, Le Labyrinthe de Pan, 2006) »

  1. J’ai trouvé ta critique extrêmement pertinente et intéressante, je n’avais d’ailleurs pas apprécié le film, mais je pense que je vais le revoir en portant plus d’attention aux détails maintenant

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  2. J’ai vu le film plus jeune (peut-être trop, je sais pas) et j’en avais surtout gardé un souvenir bien glauque (coucou le monsieur avec les yeux dans les paumes, c’est de toi que je parle)… Le Faune, particulièrement m’avait mise extrêmement mal à l’aise. Son côté doucereux et faussement concerné par Ofelia, ça me faisait un peu froid dans le dos, je crois.
    Bon, j’ai pas dû comprendre le quart de ce que tu as écrit ici quand je l’ai visionné mais la lecture de ton post’ offre une deuxième jeunesse à ce film dans mon esprit. Et c’était vachement intéressant de remixer tout ça 🙂

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