Le Hobbit : un voyage indésirable ? (partie 2) (Peter Jackson, Le Hobbit, 2012-2014)

Résumé :

La semaine dernière, nos deux auteurs vous laissaient sur votre faim avec une roublardise sans nom. Avant même de terminer leur phrase, ils s’étaient précipités vers la porte de sortie en ricanant, fiers de leur blague. Mais comment vont-ils revenir cette semaine alors que tout semblait être dit ? Pourquoi vouloir s’acharner à faire des suites dispensables plutôt que d’employer cette énergie à traiter de meilleurs films ? Voilà autant de questions auxquelles cet article ne répondra pas car… oh ! Regardez, une pierre qui brille !

(Attention, cet article est une suite. Si vous voulez profiter pleinement de notre avis éclairé sur cette daube sans nom qui a en fait un nom (puisque c’est le Hobbit), lisez notre dernière publication : Le Hobbit : un voyage indésirable ? (Peter Jackson, Le Hobbit, 2012-2014)).

Ha ! ha ! ha ! Lecteurs de LaQVS, nous vous avons bien eu ! Non, effectivement, vous n’aurez pas de réponses aux questions que vous vous posez. Nous avons juste voulu nous assurer que vous cliqueriez pour voir la fin de la phrase alors que nous n’avons plus rien à dire ! Cette technique, nous l’avons apprise des plus grands comme Peter Jackson. Ainsi, si vous avez vu la trilogie du Hobbit, ce sentiment de déjà-vu qui vous a peut-être dérangé est tout à fait justifié car c’est de cette manière roublarde qu’il avait conclu La Désolation de Smaug.

On dit qu’on n’a plus rien à dire de cette calamiteuse trilogie, mais ce n’est pas tout à fait vrai. En fait, il y a tellement de matière qu’on pourrait aisément faire une trilogie de notre analyse. Et il y aurait encore tellement de matière après ça qu’on pourrait même ressortir nos articles en version longue dans six mois, juste pour vous faire profiter de trois blagues moisies en plus qui ne serviront qu’à diluer encore un peu les rares instants agréables dans une masse confuse d’effets et de pitreries grotesques.

Scène des nains prenant un bain dans la fontaine d'Elrond, présente dans la version longue du premier film
T’es content d’avoir acheté la version longue pour voir des nains à poil ? Ça rajoute tellement à l’intrigue !

Mais nous n’arrivons plus à ne pas parler du Hobbit.

Mettons un terme à cette introduction et tentons de boucler notre histoire en deux partie, comme cela avait été prévu avant qu’on se dise que décidément, si on pouvait faire acheter trois places de cinéma au lieu de deux aux fans, ce serait sûrement mieux vu.

Cette semaine, la suite et fin du Hobbit. Espérons que plus jamais, Jackson ne s’intéressera à Tolkien… Plus jamais.

Des enjeux ? Dans un film ? Absurde !

Lorsqu’on a vu la fin de La Désolation de Smaug, lorsqu’on a vu ce dragon plein de paillettes dorées voler en direction de la ville des humains pour tous les détruire, et qu’on a constaté que le film s’arrêtait là-dessus, on n’a pas compris. En connaisseurs du bouquin, on savait que Smaug n’en avait plus pour longtemps car les archers, menés par Bard, parvenaient à l’abattre. Sauf qu’on ne commence pas un film comme ça…

Pour le Seigneur des Anneaux, c’était simple, chaque roman se terminait par une bataille épique, et il suffisait de suivre le découpage des livres pour parvenir à créer trois films qui tenaient tout seul (avec un début, un milieu, et une résolution de problème), tout en les intégrant dans une même continuité.

« Oui mais ça c’est parce que le Hobbit c’est adapté d’un seul roman, non ? »

Vous qui n’êtes pas chanceux.

Effectivement, vous n’avez pas de bol. Il y a une chose qui EVENTUELLEMENT, pouvait rendre possible le fait de découper le roman en au moins deux films : il y a deux résolutions de problème. Si Peter Jackson avait fait mourir Smaug à la fin du deuxième film, il apportait une solution aux soucis des nains et il ne lui restait plus qu’à se concentrer sur les intrigues politiques liées à la fameuse Bataille des Cinq Armées.

Mais en terminant son film sur une non-résolution, la seule façon de rendre la mort de Smaug intéressante aurait été de la garder pour la fin. Hélas, pour une fois, l’équipe du film a respecté le travail de Tolkien.

Smaug tombant vers sa mort.
« Flûte ! Je m’arrête pour faire un monologue face à la SEULE personne qui pourrait me tuer. C’est tellement con que c’est un gag dans les Indestructibles ! »

Ainsi, Smaug, le grand méchant du Hobbit, finit-il par se faire tuer en 15 minutes, laissant dans l’intrigue un énorme trou puisqu’il n’y a maintenant plus de méchant.

Sauron tel que vu dans la Communauté de l'anneau
« Bon, si c’est pour dépanner, je veux bien faire le méchant. Mais faudra pas toujours compter sur moi ! »

« Que tu crois ! » semble te dire le film puisqu’il enchaine alors sur Gandalf, prisonnier des forces de Sauron. A ce moment précis, on était heureux de voir que finalement, ces scènes sorties de nulle part allaient être utiles. Sauron est un antagoniste parfait. Il tenait déjà ce rôle dans le Seigneur des Anneaux, il a un cv qui colle.

Sauf que la trilogie du Hobbit s’en branle. Elle ne veut rien savoir de ce qui pourrait sauver le film ou non. Selon Peter Jackson, il a retardé le tournage du dernier film de deux mois pour le réécrire afin d’apporter la meilleure conclusion possible. Sûrement qu’il avait en fait conscience de l’échec narratif qu’il était en train de réaliser et que, pour partir en beauté, il voulait mettre son nom sur un film plus mal construit qu’un texte d’invention de CM1 (la classe où on a appris qu’une histoire doit avoir un schéma narratif, ce que n’a pas ce film).

Ainsi Sauron (qui pourtant faisait des efforts, genre il avait sorti ses Nazguls et tout) finit-il par s’envoler comme un vieux pet, bouté par un sorcier et un elfe qui font du Kung Fu (en même temps, l’un d’entre eux est l’agent Smith) et… ça…

Dame Galadriel prisonnière d'un effet numérique moche.
Sérieusement, avec ça du côté des gentils, on va direct avec Sauron, il a l’air plus aimable.

33 minutes. C’est le temps, en version courte, qu’auront tenu les deux grands méchants de l’histoire dans le dernier film.

A présent privé de menace, le film se barre en roue libre pour notre plus grand plaisir. Tantôt nous rions devant le ridicule des scènes, tantôt nous pleurons en nous souvenant qu’on a payé le même prix que pour le Seigneur des Anneaux pour voir une parodie, même pas bonne en plus.

Quoi ? Attendez, on me dit dans l’oreillette que le méchant, en fait, c’est Azog.

Azog souriant à pleine dents.
C’est vrai ? J’ai eu une promotion ? Chic alors !

Contre toute logique, celui qui n’est qu’un sbire est promu au rang de général et veut nous faire croire qu’il est assez menaçant pour empêcher nos héros de bien dormir. Bien essayé Azog, si seulement tu avais été là pendant tous les films. Le problème de ce mec, c’est qu’on ne l’a vu que dans le premier tiers de la trilogie, et qu’il revient, comme une fleur, en nous faisant croire qu’il va faire aussi bien qu’un P*TAIN DE DRAGON ou qu’un P*TAIN DE SEIGNEUR DES TENEBRES ! On n’y croit pas un seul instant.

« Sauf que les enjeux de ce film ne sont pas guerriers, ce sont des enjeux moraux. Tout le film s’oriente autour des choix que doit faire Thorin pour tenir sa parole et protéger son royaume »

Serieusement, là, on ne sait plus qui pourrait défendre ce bousin de trilogie.

L'ancètre de Bard maniant une baliste pour tuer Smaug, sans succès.
Une question qu’on s’est longtemps posée avant de jeter l’éponge : si la flèche noire est le seul moyen de tuer un dragon, et que les dragons attaquent souvent les cités naines, pourquoi on n’en a forgé qu’une poignée ?

Sur le principe, pourquoi pas. Mais la trilogie du Hobbit, méchant ou pas, manque de toutes façons d’enjeux. Passons sur le fait que l’antagoniste qu’on te vend comme un monstre invulnérable n’est pas du tout dans le premier film, fait le guignol à la fin du deux et meurt dans son caca au tout début du trois.  Ces films passent leur temps à te montrer des trucs qui ne serviront jamais, ou à se servir de trucs dont personne n’a jamais parlé. Bard tue le dragon avec son arc cassé et son arbalète de fils alors que La Désolation de Smaug passe trente ans à t’expliquer qu’il faut un baliste pour ça et qu’il faut forcément une flèche noire. Sauf que non parce que la flèche sert à percer les écailles, mais si comme Bard, tu vises le seul point sur Smaug sans écaille, t’as pas besoin de cette foutue flèche ! Pareil, pourquoi abandonner une partie de la communauté à Laketown à la fin du deuxième film pour réunir tout le monde dès le lendemain matin ? Pourquoi faire autant de choses pour les défaire tout de suite après ?

Et puis, l’Arkenstone, ce caillou qui brille et qui n’arrive qu’au milieu de la trilogie, c’est quoi cette daube ? Effectivement, le papi de Thorin a pété un cable, mais c’était pas du tout à cause de ses montagnes d’or. A la limite, si le film avait voulu se dissocier du Seigneur des Anneaux, on pourrait comprendre que cette jolie caillasse suffise à faire tourner la tête d’un nain (même si c’est brutal, genre dans le deuxième film Thorin s’en fout, dans le troisième, on dirait un camé qui cherche sa dose). Mais cette trilogie ne peut pas se passer de faire des références à sa grande soeur et a réussi à nous recaser Sauron. Allez jusqu’au bout les gars, vous avez LE seigneur DES ANNEAUX, servez-vous en ! Vous voyez où on veut en venir ?

Scène issue de l'introduction du Seigneur des Anneaux où les sept seigneurs nains reçoivent leurs anneaux de pouvoir.
Un indice ? Il est question de sept nains, mais ce n’est pas Blanche-Neige.

Le film nous offre une pierre multicolore pour créer un anneau de substitution à Thorin alors que le papi de Thorin A UN ANNEAU !  Tu payes des experts de Tolkien pour écrire un film et quand tu leur demandes ce qui, éventuellement, pourrait faire l’effet de l’anneau sur Thorin, personne ne répond « je sais pas, l’anneau que Sauron a forgé  et qui a fini au doigt de son grand-père, ce qui l’a rendu fou ? »

Oui, on sait, normalement, les anneaux des nains ont tous disparus, mais quitte à faire des entorses à l’univers, autant le faire pour les bonnes raisons.

Mais le film est mal écrit, et ceci, est une autre partie.

Le Hobbit, la désertion des scénaristes.

Un énorme problème qu’on a avec la trilogie du Hobbit, c’est son nom. Si on voulait être juste avec l’histoire, ça s’appellerait « L’humain de petite taille, ses deux vieux copains nains, les 10 inconnus qui les suivent, le hobbit rigolo et le magicien ».

La compagnie du Hobbit.
De gauche à droite : Le Magicien, le Hobbit, Grincheux, Papa de Gimli, Sourd, Vieux, Chauve, Chapeau, le gars qu’on voit jamais, Bo gosse, Frère du Bo gosse, Poli, Débile, Débile et Gros. Une belle brochette de personnages bien développés !

Encore une fois, la trilogie souffre de la comparaison avec le Seigneur des Anneaux. Désolé de toujours en revenir à ça, mais c’est Peter Jackson qui a tout fait pour qu’on fasse le parallèle entre ses deux trilogies.

Le Seigneur des Anneaux, c’est l’histoire d’un modeste personnage qui va se dépasser pour faire basculer le destin du monde tandis que l’un de ses amis va reconquérir le trône de son peuple et mener son royaume défaillant vers la gloire et la légende. Le parallèle est là ! Bilbo et Frodon sont le même personnage tandis que Thorin nous fait son Aragorn.

Aragorn et Thorin, prenant la même pose.
Et le pire, c’est que rien n’indique qu’ils sont d’une espèce différente ! Quand on vous dit que Thorin est raté.

Du coup, on se tape autant de Thorin que de Bilbo, mais c’est pas intéressant ! Aragorn menait des hommes dans d’épiques batailles qu’il remportait, il y avait des histoires de romances et de corruption, il y avait des mages et des Morts sous la montagne et le siège de Minas Thirith ! Thorin ? Il se fait attraper par des trolls, puis par des araignées, puis par des elfes, il joue à Scooby-Doo contre un dragon et après il pète une durite et cherche un caillou. Thorin n’est pas intéressant parce qu’il ne lui arrive rien d’intéressant, tout simplement parce qu’il n’est pas le héros de l’histoire.

La scène du gland
La seule scène qui soit bonne est celle où Bilbo montre son gland à Thorin. Dommage que ce soit si court…

On est mauvaise langue, il lui arrive bien un truc : la fièvre de l’or. Même si on a établi que la raison de la corruption de Thorin est un peu bancale, il faut admettre qu’on est content que ce soit là : au moins le chef des nains a droit à un peu de développement.  Mais cette soudaine attention tournée vers le personnage de Thorin semble avoir surpris les scénaristes et le bonhomme passe de la phase « De l’or, c’est cool, mon peuple est stylé pas vrai ? » à la fin d’un film à la phase « Raaaah ! C’est mon mien ! Touche pas à mon or sale voleur ! » dès le début du suivant. D’autant que pour rappel, il ne se passe que quelques instants entre les deux. Et le fait qu’il suspecte ses nains de l’avoir trahi, mais jamais Bilbo (alors que le spectateur sait que c’est Bilbo le menteur) ça pourrait être drôle et créer de la tension. Mais non ! Parce que les acteurs jouent comme du paté.

Au début, on pensait que seul Thorin était le problème avec son jeu de « je suis trop torturé, tu peux pas comprendre #JSuisDark #DouleurDAdolescent », mais en revoyant le film, on a réalisé que Bilbo et Gandalf, joués par Martin Freeman et Ian McKellen étaient également en dessous de tout. On ne les sent pas impliqués. Le truc, c’est que c’est aussi le rôle du réalisateur de donner des conseils aux acteurs, et si le réalisateur ne sait pas où il va, il est impossible que les acteurs fassent du bon boulot. La preuve que les deux lascars ne sont pas juste de gros bons à rien ? La semaine de notre visionnage de la trilogie, on s’est également fait la série Sherlock et Mr Holmes, respectivement avec Freeman et McKellen, et si vous ne les avez pas vus (et il  y a des chances que ce soit le cas, puisque Mr Holmes ne sortira pas en France avant plusieurs mois), ce sont des chefs d’œuvres où tous les acteurs sont justes excellents !

Ian Mckellen dans Mr Holmes
« Un film qui sort en France presque un an après sa sortie en Grande-Bretagne ? C’est absurde ! Voilà un mystère qu’il sera de notre devoir de résoudre. »

On pourrait croire que notre problème, c’est que nous sommes des fanboys de Tolkien, et ce n’est pas tout à fait faux. Bilbo le Hobbit est l’un des premiers romans de Guillaume. Plus accessible que le Seigneur des Anneaux, c’est celui qu’il a acheté après avoir découvert Tolkien grâce à Peter Jackson. Il se souvient avoir entendu des rumeurs quant à une possible adaptation du Hobbit il y a déjà dix ans, et il était excité comme une puce. Mais finalement, ce n’est pas parce que les films ne ressemblent pas au livre que nous sommes aussi aigri, mais bien parce qu’ils ne ressemblent à rien.

A force de tout réécrire constamment, les scénaristes n’ont pas réussi à créer un style propre à la saga. Les soucis d’enjeux dont on parlait viennent du fait que personne ne savait comment finir ce qui avait été commencé. Le fait que Peter Jackson ait eu à réécrire la fin de son histoire alors qu’il en avait déjà tourné les deux tiers est un problème. Du coup, on te lance des indices pour te dire que peut-être que des trucs vont se passer… et puis non, c’était pas une bonne idée, on va éviter d’en parler dans le film suivant en espérant que tu oublies.

Alfrid habillé en femme, un personnage ridicule.
Contemplez Alfrid (on découvre son nom en même temps que vous), le fils caché de Grima Langue de Serpent et de Jar Jar Binks, mais en bien plus mauvais que ses parents.

Ce manque de cohérence, on l’a un peu évoqué dans l’article précédent en parlant des styles, tantôt féériques, tantôt sombres et moches. En fait, chaque film est presque un genre différent. Le premier ressemble à un film d’aventure fantastique, là où le deuxième commence à pencher vers le drame et ou le troisième est tellement grotesque et ridicule que ça en devient une comédie (et une mauvaise en plus).

On pourrait faire une liste des éléments drôles-mais-pas-trop de la Bataille des Cinq Armées, mais on n’a pas le temps et comme ce film, on se précipite vers la fin en essayant de mettre ce mauvais moment derrière nous.

Pourquoi comme ce film ? Parce que le troisième opus de la trilogie est tellement bourré d’incohérences qu’on se demande si Jackson a vraiment passé plus de temps à l’écrire. On dirait qu’il a tout fait pour le finir plus vite et rentrer chez lui.

Azog et ses drapeaux de commendement
« Je pose ça là, bien en évidence de manière à ce que ce soit visible depuis le champ de bataille, mais normalement, les elfes qui montent la garde ne me voient pas le construire. »

Ainsi, les armées se téléportent sur le champ de bataille et arrivent toutes en même temps malgré le fait que celle des nains, par exemple, n’ait été convoquée qu’au milieu du film. Mais 12h, ça suffit pour recevoir un message, lever une armée et faire tout le trajet jusqu’à la bataille. Et c’est quoi ces éclaireurs elfes qui ont ordre de tirer sur tout ce qui bouge et qui ne voient ni Bilbo sortir tranquillement de la ville d’Erebor (donc littéralement à 500 mètres d’eux), ni une satanée armée prendre position sur les collines de la région ? Mais rassurez-vous, ces problèmes sont aussi présents dans les autres films. Parlons de la romance entre Kili et Tauriel…

En soit, qu’ils ajoutent des elfes avec les personnages de Legolas et Tauriel, on s’en fout. C’est pas dans les livres, mais on peut espérer que les auteurs avaient une bonne raison de le faire. Leur raison ? Un bête trio amoureux ! Parce que le film passait encore trop de temps à nous parler de Bilbo (le héros de l’histoire si vous êtes perdu), des gars se sont dit qu’on pourrait arranger ça en inventant une histoire d’amour bancale entre un nain destiné à mourir (puisqu’il ne ressemble pas à un nain), une jeune elfe sans profondeur et un Legolas qui fait des cascades de ouf, mais il est un peu transi d’amour quand même #tmtc.

Vous voulez mon avis sur cette idée ? Pourquoi pas. Les films sont tellement loin du roman que… pourquoi pas. On n’a même plus envie de brandir l’argument de la fidélité à ce stade là… Mais ça, plus que tout, c’est mal fait. Tauriel voit Kili trois minutes dans sa vie, et malgré le fait que, pendant des siècles, elle ait grandi en apprenant que les nains, c’est un peuple méprisable, elle sait que c’est l’homme de sa vie. Il n’y a aucun effort d’écriture de fait. Tauriel et Kili se voient : ils sont âmes sœur.

Tauriel qui pleure.
Mais pleure pas sombre idiote ! Tu ne le connaissais que depuis une semaine. Ça se trouve, il pétait au lit !
Beorn, un personnage que les scénaristes auraient mieux fait de ne pas intégrer.
« Ah oui mais pas n’importe quel ours ! Je suis Beorn, le personnage qui ne sert qu’à prêter des poneys que les héros vont monter pendant 7 secondes. »

On s’emporte, mais c’est compliqué de garder son calme quand on pense que cette trilogie est un projet sérieux. Je veux dire, le dernier film s’appelle La Bataille des Cinq Armées, et la cinquième armée n’est là que 30 secondes à l’écran, après quoi elle se fait boxer le derrière par un ours qui saute depuis le dos d’un aigle… et c’est tout.

La bataille elle-même, qui est le seul élément de ce film puisque, rappelons-le, les méchants sont morts en 33 minutes,  n’est jamais une source d’angoisse pour les personnages puisque les orcs, qui, grâce aux auteurs du film sont accompagné de vers capable de manger la roche, ne pensent pas à en profiter pour entrer directement dans la forteresse qui est creusée DANS la roche. Finalement, on essaye encore de te faire croire que ce combat est épique mais quand tu te rends compte que la situation est retournée par une charge de 13 nains sans armure et une poignée d’aigles, tu réalises que la bande à Thorin aurait pu rester couchée, ça aurait été pareil. Comme si les armées des hommes, des elfes et des nains avaient besoin de 13 troufions même pas équipés…

Non, vraiment, à ce stade-là, il n’y a qu’une chose qui pourrait éventuellement sauver le film. Dans le milieu, on parle déjà de la technique Abracad’Abrams du fait de son utilisation massive dans Star Wars VII : le fan service, beaucoup trop de fan service.

Han Solo et Chewbacca regardant la caméra.
« Regarde Chewie, ces gamins nous ont mis dans leur article de façon à ce que les gens qui nous aiment ne fassent pas attention à la merde qu’ils racontent » #FanService #Ironie

A défaut d’avoir des scénaristes, on a au moins des spécialistes.

Alors là, chapeau aux gars qui ont réussi à se faire passer pour des spécialistes juste pour pouvoir avoir accès au tournage des films. Non seulement ils ont fait croire à tout le monde qu’ils y connaissaient quelque chose, mais en plus, ils ont été payé pour leur connerie au point que même Wikipedia est tombé dans le panneau.

« Ces trois films constituent l’adaptation du roman éponyme de J. R. R. Tolkien paru en 1937 ainsi que des événements qui se déroulent en parallèle de ce récit et publiés dans les appendices du Seigneur des anneaux. Ce projet s’inscrit dans la continuité de l’adaptation du Seigneur des anneaux en trois films (2001-2003), également réalisée par Jackson. »

Wikipedia, bourré,

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Hobbit_(s%C3%A9rie_de_films)

Non parce que, Wikipedia parle d’une adaptation des appendices du Seigneur des Anneaux et pour ceux qui ne les connaîtraient pas, lesdits appendices sont dans TOUTES les éditions des romans. Ils proposent principalement des informations sur les Hobbits et les rois du Gondor, mais aussi une chronologie de la Terre du Milieu. Et aucun spécialiste n’avait lu ça.

Elrond, fâché.
« Vazi Aragorn touche pas à ma fille ! T’as que 10 ans, mais si tu remets ta main là, j’te fais une technique de Kung Fu ! »

Vous voulez savoir comment on le sait ? Parce que dedans, il est clairement écrit noir sur blanc que pendant les événements du Hobbit, Aragorn a 10 ans, il se fait appeler Estel et vit chez Elrond. Logiquement, si tu veux du fan service en « adaptant les appendices », tu profites de la scène à Fondcombe dans le premier film pour caser un gosse qui court partout et qui dragouille la fille déjà adulte du seigneur elfe. C’est nul, on dirait Star Wars I, mais ça plait aux fans.

Non. Les « experts » te disent qu’Aragorn s’appelle déjà Grand-Pas, qu’il vit dans le nord et que Legolas doit le rencontrer pour vivre plein d’aventures ensemble…

OK.

Bon, on a vu que le coup de l’anneau du papi de Thorin, ils connaissaient pas. Visiblement, ils pensent que caser dans un film toutes les idées que Tolkien avait raturées (genre les vers des sables et le ton sombre du Hobbit) c’était du génie et ils n’ont pas lu le Seigneur des Anneaux jusqu’au bout. Peut-être que les experts en question ne sont pas des spécialistes des livres, mais des films alors ?

Ça ne peut-être que ça. Le nombre de clins d’œil à la première trilogie de Peter Jackson est effarant. Les répliques les plus cultes sont toutes reprises de façon beaucoup trop insistantes. Certains personnages ne sont d’ailleurs là QUE pour le fan service, comme Gloïn, le papa de Gimli, dont l’un des rares dialogues ne sert qu’à caser une petite blague sur son fils, parce que #lol, on connait son fils. La trilogie arrive même à te remettre des décors des trois premiers films (en bien plus moche évidemment) juste pour BIIIIEN insister sur le fait que tout est lié.

Les ruines d'Amon sul sur le Mont Venteux.
De tous les endroits pour faire une réunion secrète, les méchants ont choisi le Mont Venteux. A ce stade là, le film ne te fait plus des clins d’œil, il te met des coups de pieds dans les tibias pour être sûr que tu le remarques.

Vous savez quoi ? On est fatigué. Cette trilogie n’a aucun intérêt. Elle nous file la migraine et on était bien content de ne plus en entendre parler après la sortie du dernier film.

Il y a des gens qui ont osé prétendre qu’elle était du même niveau que le Seigneur des Anneaux. A ces gens, nous répondons que le Seigneur des Anneaux est une trilogie culte dont on parle encore 15 ans après, et c’est certain que ça durera. Le Hobbit ? Tout le monde était fan à l’époque de la sortie des films, mais plus personne n’ose dire qu’il aime maintenant. Les films sont-ils tombés dans l’oubli ? Sans doute. Ils ne marquent que par leur nullité.

Ce double article, c’était l’occasion pour nous de percer l’abcès sur cette saga surévaluée avant de passer à quelque chose de nouveau. Ces dernières lignes sont, on l’espère, la fin de notre relation avec ces films qu’on ne verra plus jamais de ma vie.

Pour une fois, on vous conseille de vous tenir éloignés de ces longs-métrages. Il y a tellement de bons films à voir que s’attarder sur ces horreurs est une perte de temps.

Du coup, Joyeux Noël à tous (sauf à ceux qui fêtent pas Noël #lolilol, mais à vous on souhaite un bon week-end quand même) et ne faites pas comme nous : ne perdez pas du temps à revoir de mauvais film, on le fait assez pour vous.

Manon et Guillaume.


Images :

Peter Jackson, Le Hobbit (trilogie), Metro Goldwyn Meyer & New Line Cinema, 2012-2014.

Peter Jackson, Le Seigneur des Anneaux (trilogie), Metro Goldwyn Meyer & New Line Cinema, 2001-2003.

Bill Condon, Mr. Holmes, BBC Films, 2015.

J. J. Abrams, Star Wars VII, le Réveil de la Force, LucasFilm, 2015

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