Seul sur Mars – Le Billet du Mecredi

« Eh bah voilà ! » C’est à peu près en ces termes que je résumerais ma réaction à la sortie de  Seul sur Mars. Si vous avez lu notre article sur Alien VS Predator, vous avez peut-être compris que je ne suis pas un grand fan du travail récent de Ridley Scott. Bien sûr je n’ai pas tout vu, mais sa version de Robin des Bois et surtout, Prometheus avaient tendance à me faire penser que le monsieur était tombé dans une politique du divertissement à tout prix, au point de négliger l’histoire et l’écriture de façon générale. Pourtant, Ridley Scott a du talent, et il vient de nous le démontrer à nouveau.

Une carte 3D telle que vue dans Prometheus
Sérieusement film, tu crées une carte holographique en 3D totalement anachronique avec l’univers, et en plus, tu te permets de pas t’en servir comme il faut !

Seul sur Mars fait échos à des films comme Gravity ou Interstellar dans le sens où lui aussi tente d’aborder la science-fiction de façon réaliste. Cette nouvelle approche, bien que déroutante si on a en tête la science-fiction du XXe siècle, est ultra intéressante et on se dit que ça y est, le futur, c’est maintenant. On envoie des robots sur des comètes, on survole des astres aux confins du système solaire et on découvre même de l’eau liquide sur Mars. Le monde évolue vite, très vite, et cela donne envie au public de s’intéresser à l’actualité scientifique et, par extension, de se divertir avec des longs-métrages réalistes.

Le fameux trou noir "réaliste" d'Interstellar.
Non. L’amour, ça ne dispense pas de respecter les lois de la physique. Un homme à côté d’un trou noir, ça explose, ça va pas vivre dedans.

Sauf que vous savez quoi ? Moi, Gravity et Interstellar, j’avais pas accroché. Le premier n’est qu’un drame sans scénario où Sandra Bullock va d’un point A à un point B en poussant des cris à chaque secousse, ce qui la rend particulièrement insupportable. Le second, un film épique, certes, mais qui perdait un temps fou à paraphraser des bouquins de physique pour se donner une sorte de crédibilité scientifique et qui espérait nous faire croire que le pouvoir de l’amour est la loi physique la plus puissante de l’univers. Rien de honteux cependant dans ces deux films, mais rien non plus qui justifie de les ériger au statut de chefs-d’œuvres de la science-fiction.

Et Seul sur Mars dans tout ça ?

Seul sur Mars donc, nous propose un drame de science-fiction où un botaniste en mission pour la NASA se retrouve coincé sur la planète rouge. Dans un film de SF normal, ça ne serait pas bien embêtant, car il suffirait de passer en hyper-espace pour aller le récupérer en 2 minutes. Le hic, c’est que la technologie décrite est à peu près celle dont on dispose actuellement, et on ne sait pas aller en hyper-espace. Au mieux, il faudrait 6 mois à un vaisseau pour parcourir la distance entre la Terre et sa voisine et ça, c’est quand tout va bien.

Un lance-pierre
« Programme spatial terrestre. Allégorie. »

Le scénario est donc simple : un des meilleurs scientifiques du monde doit se servir de ce qu’il a sous la main et de ses connaissances pour survivre. Pendant ce temps, le reste des meilleurs scientifiques du monde tentent de monter une mission de sauvetage dans un temps record sans pouvoir communiquer en direct avec lui.

Globalement, c’est par sa simplicité que le film réussit. Ridley Scott, toujours aussi bon pour nous faire nous sentir tout petit, filme Matt Damon, de loin, au milieu de paysages désertiques. Cet homme est le seul être vivant sur toute une planète (si on exclue les patates qui poussent et les bactéries qui s’y développent). Pas besoin de cris pour nous faire ressentir la pression que vit cet homme. Le bruit du vent martien qui menace à tout moment de créer une brèche dans son refuge et de le tuer sur-le-champ ? Le silence tendu d’une équipe qui réfléchit pour tenter de sauver leur ami ? Dans n’importe quel autre long-métrage, ça pourrait être ennuyeux. Sous la réalisation de Ridley Scott, c’est intense.

Ce film me fait vachement relativiser sur le temps d'attente entre deux RER. Vraiment.
Ce film me fait vachement relativiser sur le temps d’attente entre deux RER. Vraiment.

Et puis, il y a cette gestion des relations humaines. Les astronautes envoyés dans l’espace vivent sur une corde raide, surtout à 6 mois de la planète Terre. A la moindre avarie, ils peuvent y passer s’ils ne réagissent pas correctement. Ce danger les rend tous très proches les uns des autres, et les choix qui sont faits pour sauver Matt Damon n’en sont que plus touchants. Qu’est-ce qu’une vie humaine après tout ? Ça semble bien peu. Sauf que dans l’espace, ça fait la différence. Une vie en plus ou en moins, ça peut s’avérer salvateur en cas de problème. Sans contact direct avec d’autres êtres humains, on devient fou, on perd ses repères et on ne sait même plus qui on est.

J'aurais aimé qu'on passe par exemple plus de temps à développer l'histoire d'amour entre le héros et ses plants de patates.
Ce moment où tu réalises que, dans ce film, la patate est l’espèce dominante sur Mars.

Le seul regret que j’ai vis-à-vis de ce film, ce sont les ellipses hélas nombreuses même en pleines péripéties. Je parle de regret plus que de reproche puisqu’il est tout à fait compréhensible de ne pas montrer plus d’un an de survie sur Mars en 2h20 de films.

Si vous cherchez à voir un bon film au cinéma, Seul sur Mars a des chances de vous plaire. Pour ma part, j’ai encore un peu de mal à réaliser que ça y est, Ridley Scott est remonté dans mon estime, et qu’en plus, c’est avec un film de SF.

Guillaume.


Images :

Ridley Scott, Seul sur Mars, 20th Century Fox, 2015.

Ridley Scott, Prometheus, 20th Century Fox, 2012.

Christopher Nolan, Interstellar, Warner Bros. Pictures, 2014.

3 commentaires sur « Seul sur Mars – Le Billet du Mecredi »

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