Le Bossu de Notre-Dame : Disney peut-il s’attaquer à la littérature française ? (Le Bossu de Notre-Dame, Gary Trousdale & Kirk Wise, 1996)

Résumé

Quasimodo avait une belle carrière de monstre de foire devant lui quand un juge sans cœur décide de le cacher de la vue de tous et lui donne un travail et un logement sur l’Île de la Cité. Il a depuis développé un talent pour le parkour et la sculpture sur bois, mais a envie de constater à quel point il ressemble à l’une de ses amies gargouilles en allant se mêler à la plèbe. Il va y faire la première expérience de la friendzone, et inventer la règle qui dit que si t’es moche, même si c’est toi le héros, tu peux pas pécho. 

Affiche du Bossu de Notre-Dame
« Partage l’article si tu te souviens que ce film existe LOL ! »

Ca y est, c’est le retour à Disney pour moi, et quelque part j’en suis très contente. J’adore regarder des Disney, j’adore en parler, et j’adore faire ça parce que malgré que ce soient des films très médiatisés, je trouve qu’on ne cherche jamais à en dire quoi que ce soit d’un peu intéressant au-delà de « Mets un like si tu te souviens de ce film que tout le monde a vu quel que soit l’âge LOL. »

Et là c’est particulier. On parle du Bossu de Notre-Dame… Qui n’est pas mon Disney favori, non, la place est déjà prise. Cependant, c’est adapté de mon roman français favori de tous les temps passés et à venir, celui que rien ne pourra remplacer, pour aucune raison possible : Notre-Dame de Paris, par Victor Hugo. Bon après ça ne vaut que pour la littérature française, parce que si on s’intéresse à la langue de Shakespeare, il y a pas mal de concurrence je dois l’admettre. Mais on n’est pas un blog de littérature ici, alors trêve de bavardages lettrés, parlons du Bossu de Notre-Dame par Disney.

Le traditionnel et très prévisible point adaptation

Et si vous ne le trouvez pas prévisible, c’est que vous n’avez pas lu la petite introduction qui précède.

Photographie de Notre-Dame de Paris.
Bon, avant Victor Hugo, il y avait déjà la cathédrale. Mais rien ne dit qu’il y en aurait encore une sans lui.

Il y a beaucoup de choses à dire du Bossu de Notre-Dame en tant qu’adaptation de Notre-Dame de Paris, et beaucoup de choses à expliquer, vous vous en doutez. Le titre en fait partie, et j’ai déjà vu des critiques qui en ont été faites, de la part de gens qui ont lu le roman et qui savent que Quasimodo est assez loin d’être le héros, ou même l’un des héros. On va s’en occuper vite : The Hunchback of Notre-Dame est la traduction anglaise du titre du livre, de base. Selon moi c’est parce que le nom de Notre-Dame de Paris n’évoque pas grand-chose à quelqu’un qui n’est pas familiarisé à la capitale, au XIXème siècle comme aujourd’hui; parce que ça pourrait presque plus faire titre d’étude de la cathédrale, son histoire et son architecture ; et parce que l’image même du bossu attire peut-être plus le lecteur anglais romantique que le nom de la cathédrale.

Toujours est-il que ce n’est pas juste les studios Disney qui ont dit « on va dire qu’en fait c’est Quasimodo le héros », puisque visiblement, le traducteur du roman a été le premier à le faire.

« Non mais, tu es censée nous parler adaptation non ? »

– Ceux d’entre vous que j’ennuie déjà avec mes détails de traduction de titre

Parce que Disney aurait aussi pu vous la faire comme ça, la mort de Blanche Neige (bon, j’ai pris l’image moins violente du jeu, l’autre m’avait brisé le coeur)
Parce que Disney aurait aussi pu vous la faire comme ça, la mort de Blanche Neige.

Pour faire bref : c’est à mon sens une bonne adaptation pour enfants. Beaucoup peuvent pester sur le fait que l’histoire a été simplifiée et édulcorée, embellie, tout ce qu’on veut. Mais Disney fait des films pour des enfants qui n’ont pas encore lu de romans du genre de Notre-Dame de Paris, et ne seront pas amenés à le faire avant des années – s’ils le font un jour d’ailleurs. Ils ont peut-être tué Blanche-Neige, mais ils ne l’ont pas fait violemment. Nous sommes dans le même cas ici.

Gentil Frollo.
Et pour le coup il va pas le jeter dans un puits.

Prenons le personnage de Claude Frollo : s’il y a un héros dans le roman, c’est lui. Il est à l’origine l’archidiacre de Notre-Dame, un jeune homme d’une trentaine d’années, pieux et cultivé, qui s’occupe de son petit frère turbulent, car eux deux sont orphelins. Il recueille Quasimodo quand celui-ci a quatre ans, dans la cathédrale même, où il a été laissé pour l’adoption, parce que personne ne veut de lui du fait de sa difformité. Il en veut effectivement à Esméralda, mais parce qu’elle le rend fou de désir, ce qui est un sentiment qu’il ne connaît pas. Dans son étude et sa pratique de la religion il était devenu inhumain, car au-dessus des hommes, mais Esméralda fait ressortir l’humain en lui, puis l’homme dans ses bas instincts, puis le monstre.

Vous imaginez, 87 minutes de Frollo qui sniffe les cheveux d'Esméralda et/ou essaie de la violer ? C'est pas très Disney ça...
Vous imaginez, 87 minutes de Frollo qui sniffe les cheveux d’Esméralda et/ou essaie de la violer ? C’est pas très Disney ça.

L’histoire de Frollo étant celle d’un puceau de trente ans qui a soudainement une furieuse envie de déflorer une jeune vierge de seize ans, vous comprendrez que Disney ne pouvait décemment se permettre de l’adapter ainsi. Et pourtant, il eût été dommage de ne pas faire découvrir cette histoire aux plus jeunes, donc l’adaptation était nécessaire – de même pour tout le reste, parce que beaucoup d’enfants se sont intéressés aux contes allemands, français, à la mythologie grecque et donc à la littérature française grâce à Disney, et il faudrait ne pas l’oublier.

Je suis sûre qu'il ne se frotte pas que le visage avec ce foulard. #EnfanceEncoreBrisée
Je suis sûre qu’il ne se frotte pas que le visage avec ce foulard. #EnfanceEncoreBrisée

Dans le film, Frollo devient donc juge, sans famille mais toujours aussi célibataire, et il recueille Quasimodo parce qu’il y est forcé. Il l’élève ceci dit un peu dans la même idée que le roman et n’a pas plus d’égards pour lui. Et, évidemment, il y est fait allusion au désir fou de Frollo pour Esméralda, mais d’une façon trop subtile pour qu’un enfant comprenne – entre la chanson de Frollo, « Infernale », et cette scène très, très inspirée du roman, où Frollo propose à Esméralda de la sauver si elle le choisit lui plutôt que le bûcher. Quand on est petit, on ne comprend pas qu’il lui donne le choix entre deux grosses bûches enflammées spécialement pour elle, et, comme pour tout le reste, on ignore ce que l’on n’a pas compris pour regarder le reste du film.

Toutes les modifications faites dans le film sont de ce ressort. Je ne vais pas vous mentir, et je vous dirai que je préfère mille fois le roman (c’est normal, puisque c’est mon roman favori). Mais je ne trouve pas le film honteux pour autant. Le tout reste cohérent, on garde les grandes lignes de l’histoire, quoiqu’on en perde la force, et c’est en théorie léger à regarder.

Oui… En théorie seulement.

La méthode Disney pour garder l’attention des enfants

« Quoi ? Tu parles mal de Disney là ? TOI ?! »

– Non, c’est toi.

J’ai parlé de trois Disney avant aujourd’hui : aucun ne m’a laissée aussi perplexe après la fin du visionnage que celui-ci. Ça n’a jamais été mon favori, aucun des personnages ne me parlait particulièrement, les chansons étaient bof, mais au global ça allait. Ce jugement n’a pas énormément changé, mais quelque chose m’a choquée au visionnage.

"Oooooooooh ! Oh bah, ooh ! Oh bah, oh bah alors !"
« Oooooooooh ! Oh bah, ooh ! »

Ce film souffre du syndrome « doublage français de Dragon Ball » : il ne laisse pas le temps aux choses de se poser, il faut tout le temps quelque chose à l’écran, toujours un truc qui parle, qui chante, qui bouge, qui fait des blagues… Sans aller dans les extrêmes hugoliens d’expliquer au spectateur l’apparence de Paris vu depuis les tours de Notre-Dame au Moyen-Âge, on aurait pu juste apprécier un peu de silence dans une scène. Mais non, il y a des gargouilles.

Victor. Et Hugo. On peut faire un montage du film où ces choses n'existent pas ?
Victor. Et Hugo. On peut faire un montage du film où ces choses n’existent pas ?

La Muraille, La Rocaille, la Volière – et encore, en anglais les deux mâles se nomment Victor et Hugo, ce qui n’aide pas du tout à me rendre ces personnages sympathiques. Les trois sont bien évidemment des ajouts à l’histoire, et ils auraient pu être très intéressants, s’ils n’avaient pas brisé le quatrième mur, au point de sortir le spectateur (moi, en l’occurrence) du film.

Pourtant, Disney SAIT faire des gargouilles.
Pourtant, Disney SAIT faire des gargouilles. Et le Bossu de Notre-Dame est sorti en pleine période de diffusion de Gargoyles !

Toutes leurs interventions ou presque ont lieu à un moment où, comme je le disais plus haut, le film aurait pu se poser un peu, mettre un peu plus le spectateur dans l’ambiance, ce genre de choses. Un moment triste, la discussion a été plus grave que d’habitude ? Les gargouilles arrivent et font des blagues qui échouent assez lamentablement, que ce soit auprès du public jeune ou du public plus âgé. Blagues qui tournent autour de la vie moderne du XXème siècle, ce qui ne fait donc plus aucun sens avec le film.

Un exemple : la grosse gargouille (pardon, je n’ai pas fait l’effort de retenir le nom) qui sort à Quasimodo après qu’il offre à Esméralda de l’aider la première fois, texto : « T’as enfin allumé une gitane. »

La friendzone et l'exhibitionnisme à leur plus haut niveau.
#QuandTuAsDesAmisExhibitionnistesChezToi.

Je n’ai pas de mots pour ça. Entre l’allusion sexuelle derrière le mot « allumer », et la référence à la gitane, donc à la cigarette comme à Esméralda, ce qui fait un jeu de mot des plus pourris, je ne sais pas quoi dire. Tu me déçois, film. Je dis au début que tu es subtil dans l’allusion au désir de Frollo pour Esméralda, et tu me sors ça après ? Phoebus drague lourdement Esméralda, d’accord, parce qu’il le fait dans le roman de toutes façons ; ils le font littéralement devant Quasimodo (bon, une grosse pelle du moins), d’accord, parce que ça a quelque chose de drôle et qu’il y a quasiment la même scène dans le roman, sauf que c’est Frollo plutôt que Quasimodo. Tu te tapes un délire de non-sens total quand les gargouilles chantent, d’accord, je conçois qu’au moment où Frollo fait brûler Paris et sa banlieue, tu avais besoin d’alléger un peu les choses, en plus de créer un effet dramatique pour ce qui suit, c’est-à-dire Phoebus et Esméralda qui jouent aux exhibitionnistes devant Quasi.

Mais ça, non. Faire des références comme ça, à quelque chose qui n’a rien à voir, ce n’est pas drôle. C’est trop compliqué pour qu’un gosse comprenne, et ça ne fait rire aucun adulte. C’est comme cet ami geek qui fait des blagues sur son nouveau jeu favori pendant les trois heures que vous passez en soirée avec lui, sans même se rendre compte que personne connaît son jeu et que tout le monde s’en fout. Vous voudriez le trouver un peu plus cool, vous dire qu’il est sympa, mais au moment où vous commencez à le faire, il refait une de ces blagues, et vous vous souvenez que non.

"Mais si je te jure, elles parlent !" - c'est pour ça plus que pour son apparence que Quasimodo est seul.
« Mais si je te jure, elles parlent ! » – c’est pour ça plus que pour son apparence que Quasimodo est seul.

Les gargouilles, c’est tout pareil. J’aurais voulu profiter d’elles juste parce qu’elles impliquent que Quasimodo est fou, puisqu’il est le seul à les voir s’animer et à les entendre parler (sauf Djali la chèvre pendant une demi-seconde) – ce qui serait logique de la part de quelqu’un qui vit reclus avec pour seule compagnie humaine son maître qui n’est pas forcément sympathique avec lui. Il y a des moments même où Quasimodo, loin d’avoir un discours construit, semble revenir à tout ce qu’il peut faire dans le roman – la scène du droit d’asile pour Esméralda qui échappe au bûcher, par exemple, où il ne dit que « droit d’asile » assez maladroitement (sauf qu’elle n’échappe pas au bûcher mais au gibet, et celui-ci n’est pas sur le parvis de Notre-Dame).

Ceci dit, ce film est-il aussi impossible à sauver que l’âme du juge Claude Frollo ?

Puisqu’on parle d’une cathédrale…

Ce n’est certes pas le meilleur Disney, que l’on s’entende bien là-dessus : que ce soit au niveau du scénario ou même de l’animation (les foules animées par ordinateur piquent un peu les yeux quand même), on a déjà vu mieux. Mais, et comme c’est le cas pour une grosse partie des films du studio aux grandes oreilles, il y a toujours quelque chose d’intelligent derrière l’apparence simple du film. Et je dis bien une grosse partie seulement : il y a des exceptions, tous les Disneys ne sont pas bons à voir.

En plus, c'est pas comme si Walt Disney avait vécu de son vivant dans une avenue à son nom. #DealWithIt #GetRekt
Victor Hugo, c’est le gars que quand il fait une faute d’orthographe, ça s’appelle un néologisme #DealWithIt #HugoBoss

Revenons au Bossu de Notre-Dame : Frollo dans le film a dû devenir juge pour éviter tout problème avec la religion. L’Eglise n’avait déjà pas franchement aimé le portrait qu’en avait fait Victor Hugo, mais ce que l’auteur pouvait se permettre de faire, en partie grâce à son ego monstrueux, des studios américains ne le peuvent pas. Et ne le veulent peut-être pas. Il faut avouer qu’en France on a un peu plus de couilles caractère qu’au pays de l’Oncle Sam, des fois.

Ce qui ne veut pas dire que la question religieuse est écartée du film – Frollo reste pieux par exemple, ce qui a au final bel et bien posé problème. Mais, surtout, nous pouvons ajouter un nouveau personnage à notre liste de messies.

Et pour le coup dès le début du film on te fait comprendre qui domine le game.
Malgré un pic de pollution record, on voit quand même qui pèse dans le game.
"Aimez-vous les uns les autres !"
« Aimez-vous les uns les autres, merde ! » – ton oncle qui dispense la bonne parole au PMU du coin.

Oui, Quasimodo joue ce rôle, et c’est très intéressant vu son apparence. Il a tout du démon point de vue religion catholique, parce qu’il est bossu, il a les jambes arquées, sa tête est déformée – bref, il n’y a pas que Frollo dans le genre croyant zélé qui aurait essayé de le tuer. Cependant il vit plus proche du ciel (et donc de Dieu, dans le cadre religieux du film) que n’importe quel autre personnage : déjà il crèche à plein temps dans la cathédrale, mais en plus il est dans les tours, et il surplombe tout Paris et ses habitants. De même, quand Esméralda se réfugie la première fois dans la cathédrale, l’archidiacre lui dit qu’elle ne peut pas régler tous les problèmes du monde à elle seule, mais que peut-être que quelqu’un là-haut le pouvait. Evidemment, il faisait allusion à Dieu, mais celui qui vit là-haut et qui lui vient en aide, c’est Quasimodo.

Me regarde pas comme ça ma grande, t'es pas assez bien, c'est tout. Ce sont des choses qui arrivent.
Me regarde pas comme ça ma grande, t’es pas assez bien, c’est tout. Ce sont des choses qui arrivent.

Ce qui peut aussi être une des raisons pour lesquelles il ne pouvait de toute façon pas finir avec Esméralda, puisqu’il n’est pas assez humain pour elle – il est plus que cela, il est en permanence au-dessus des humains, et on peut le voir un peu comme une sorte d’ange gardien de Paris si l’on veut. Donc ce n’est pas tant qu’Esméralda est avec Phoebus parce que ça ne se fait pas de donner une belle fille en pâture à un moche, mais parce qu’elle ne mérite pas Quasimodo et n’est pas assez bien pour lui. Elle est après tout l’incarnation du désir, elle le sait, mais le désir n’est que bassement terrestre. Ce qui ne dérange pas Phoebus, dont je suis sûre qu’il a autant de valeur que dans le roman ; ça intimide Quasimodo, qui est étranger à ce genre de choses et le reste finalement, parce qu’il vaut mieux que Phoebus ; et ça rend Frollo furieux parce qu’il aurait voulu être au-dessus de cela, donc au niveau de Quasimodo.

Imaginez : Dieu existe, et il a cette tête.
Imaginez : Dieu existe, et il a cette tête.

Sauf que le point commun entre nos bas humains, c’est qu’ils sont tous croyants en Dieu. Pas une seule fois Quasimodo ne prononce quoi que ce soit qui indique qu’il est croyant. Il ne prie pas, ne chante pas de chant religieux, ne parle pas d’un être supérieur, n’a pas d’effigies de saints chez lui. Quasimodo vaut mieux que les autres parce qu’il croit en l’homme. Il ne pense personne capable d’être méchant avec lui ou avec d’autres, et en retour il se montre gentil avec tout le monde – même avec ceux qui le méprisent. Ses effigies sont en bois et ce sont celles des hommes qui vivent en bas, qui n’ont pas de noms, ni de destin incroyable – contrairement aux saints, par exemple.

#Boobyshot. Aucun mec n'aurait refusé de tendre la main.
#Boobyshot.

Cependant cela ne vaut que pour une partie du film. Quand il rencontre Esméralda, il devient méfiant avec Phoebus – mais quand il est avéré que c’est lui que la belle aime, il devient son ami. Sauf qu’à présent qu’il a un couple d’amis qui l’aiment, et non pas des gargouilles qu’il a imaginées, il se met à ne plus aimer son maître Frollo – mais ne s’abaisse pas à son niveau, et tente quand même de le sauver quand ce dernier cherche à le tuer. Quasimodo finit le film heureux et au milieu de la foule, en allant s’enfoncer dans les rues de Paris avec le reste des parisiens – foule qu’Esméralda l’a encouragé à rejoindre, puisque c’est elle qui l’invite à sortir de la cathédrale.

"J'ai été battu par un moche, mais restons positifs : lui non plus n'a pas pécho."
« J’ai été battu par un moche, mais restons positifs : lui non plus n’a pas pécho. »

Si ce n’était pas assez clair, Quasimodo avait réussi à atteindre l’idéal de Frollo, qui était de ne pas se mêler à la foule des communs pour les dominer : mais en plus, Quasimodo aimait ces communs (s’approchant ainsi plus d’un Frollo à la Hugo d’ailleurs). Cependant l’idéal de Frollo n’est pas enviable, puisqu’il est fait de solitude et d’incapacité à aimer autrui. Quasimodo au contraire rejoint la société humaine dont il était séparé, et s’épanouit ainsi, plutôt que de rester au sommet de sa tour.

En somme, pas le meilleur Disney à mon sens, peut-être : toujours est-il que cela fait un Disney qui n’encourage pas tant à trouver l’amour (je rappelle encore une fois que c’est bien Quasimodo le héros, Esméralda c’est ce qu’on appelle un personnage secondaire) qu’à le donner, et pas uniquement à l’objet de notre désir. Et c’est important.

Allez, je vous laisse avec mon nouveau personnage favori pour ce film.
Et sinon, regardez-le pour lui.

Manon.


Crédits images

Gary Trousdale & Kirk Wise, Le Bossu de Notre-Dame, Walt Disney Pictures, 1996.

Photographie de Notre-Dame de Paris trouvée sur Wikipédia (prise par Peter Haas).

Telltale Games, The Wolf Among Us, Vertigo & Warner Bros. Interactive Entertainment, 2013.

« Les Bonnes Âmes » de Notre-Dame de Paris, Victor Hugo, livre 4 page 219, 1889 (propriété de la BNF).

Image de Pilaf tirée de la série Dragon Ball.

Image de Goliath tirée de la série Gargoyles.

Montage de Victor Hugo trouvée à l’adresse <http://www.topito.com/top-figures-historiques-gangsta-bling-bling-sisi-la-famille-wesh>

6 commentaires sur « Le Bossu de Notre-Dame : Disney peut-il s’attaquer à la littérature française ? (Le Bossu de Notre-Dame, Gary Trousdale & Kirk Wise, 1996) »

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