Alien vs. Predator : Et si c’était ça, la vraie suite d’Alien ? (Paul W. S. Anderson, Alien vs. Predator, 2004)

Résumé :

Un satellite découvre une pyramide prisonnière sous la glace de l’Antarctique. Comme c’est un endroit étrange pour construire une pyramide, Charles Bishop Weyland, l’homme à qui appartient le satellite, envoie une équipe de scientifiques sur place. Quel n’est pas le bonheur de ces derniers quand ils constatent qu’ils arrivent juste à temps pour le début de la rencontre séculaire entre le FC Aliens et l’Olympic Predators.

ALIEN VS. PREDATOR ! Il n’y a pas beaucoup de titres de film plus prometteurs que ça. Je veux dire, du côté gauche, la créature mythique inventée par Ridley Scott en 1979 dans le sobrement nommé Alien, et dans le coin droit, le plus célèbre chasseur de l’espace introduit en 1987 dans le non moins sobrement nommé Predator de John McTiernan.

Ces deux monstres sacrés de la science-fiction n’ont pas trainé à faire rêver leurs fans les plus imaginatifs, et c’est dès 1989 que ceux-ci purent assister au premier affrontement entre les deux bestioles dans un bande dessinée éditée par Dark Horse Comics, un éditeur indépendant pas si inconnu que ça puisqu’il est également à l’origine de 300 et de Sin City, de Hellboy ou encore de The Mask. Les gars sont donc une source d’inspiration inépuisable pour Hollywood. Dix ans plus tard, en 1999, Alien Vs Predator a même droit à un jeu vidéo sur PC, lequel aura une suite en 2003.

« Mais le film dans tout ça ? »

-Vous qui ne perdez pas le nord.

Ce n’est qu’en 2004 que le film sort en salle, soit bien après les comics et les jeux vidéo. Ce cas de figure peu commun témoigne de l’engouement des fans autour de ce crossover. Pourtant, aujourd’hui, quand on évoque en bonne société le titre simplement évocateur de ce long-métrage, la réaction générale est l’apparition d’un équilibre subtile de dégout et de mépris sur les visages de l’assemblée.

« Comment ? » s’exclame-t-on, « tu apprécies ce genre de films bassement commerciaux qui n’ont pour but que de capitaliser salement sur deux franchises célèbres en liant leurs univers ? »

Bon, j’avoue, je n’ai jamais entendu ça, mais je ne fréquente pas beaucoup de gens lettrés (spéciale dédicace à mes copains !). En revanche, il est très souvent admis que ce film repose sur un concept débile et un scénario des plus faibles.

Par pure contradiction, mais aussi parce que moi, je le trouve quand même un peu cool ce film, nous allons donc prendre le temps de réfléchir sur ce crossover de légende.

Un Alien face à un Predator
« Let’em fight ! »

Non, un crossover n’est pas par définition une mauvaise chose.

J’en vois déjà un ou deux en train de s’arracher les globes oculaires à coups d’ongles sales. Calmez-vous les gars, que je m’explique. J’ai parlé de « crossover de légende », et c’est vrai qu’on peut difficilement imaginer un concept plus tentant que de faire s’affronter deux monstres sacrés du cinéma. Et vous savez quoi ? C’est loin d’être la première fois que ça arrive.

Godzilla et King Kong jouant à chat.
C’est marrant comme c’est pas le genre de film qu’on reboot…

Avant de jeter la pierre à Hollywood et à son amour de l’argent, j’aimerais évoquer la saga Godzilla. Quand je parle de « saga », je n’inclue bien entendu pas les deux films américains de 1998 et 2014, mais des japonais. Le concept même de cette suite de films repose effecitvement sur les crossovers. On sort King Kong en 1933 ? Bim ! En 1962 sort King Kong contre Godzilla. Un film sur Mothra la grosse mite en 1961 ? Bam ! 1964, Mothra contre Godzilla. Mais pourquoi se contenter de duels de monstres quand on peut s’offrir une impasse mexicaine ? En 2003 sort Godzilla, Mothra, Mechagodzilla: Tokyo S.O.S., un film de monstres opposant trois titans du cinéma japonais en même temps.

Vous l’aurez compris, le concept même de Godzilla, c’est le crossover, et personne n’oserait nier le capital sympathie de cette grosse bêbête !

Mickey et Bugs Bunny dans le film "Qui veut la peau de Roger Rabbit ?"
Histoire que vous compreniez ce que cette image représente, c’est au moins aussi improbable que Batman et Superman VS les Avengers. Rien que ça.

Pour revenir sur le cas américain, plusieurs exemples vont dans mon sens lorsque je dis qu’on peut allier deux univers différents et en tirer un beaucoup plus riche et passionnant. Saviez-vous que Mickey Mouse et Bugs Bunny  avaient partagé l’écran malgré le fait que Disney et Warner sont les deux plus gros concurrents qui soient sur le marché du film d’animation ? Eh bien c’était dans Qui veut la peau de Roger Rabbit ? et le film est d’une richesse et d’une créativité rarement vue chez ces deux studios.

D’ailleurs, je suis désolé de vous l’apprendre aussi violemment, mais le film Avengers n’est qu’un crossover lui-aussi. L’équipe a été assemblée pour la première fois en 1963 avec comme objectif de réunir les lecteurs des différentes aventures solos sur une seule et même série. Oui, dans ma tête, je mets Avengers au même niveau qu’Alien vs Predator… Quoi que non, un peu en dessous quand même puisque je prends beaucoup plus de plaisir à voir Sigourney Weaver en petite culotte manier le lance-flamme et Arnold Swarzenegger s’enduire de boue dans Predator qu’à voir Captain America taper des nazis armés comme des Stormtroopers de Star Wars.

Les héros d'Alien et de Predator, côte à côte.
L’idée d’une rencontre entre ces deux personnages provoque chez moi de violents orgasmes.

« Ouais enfin, l’objectif premier d’un crossover, c’est de faire de l’argent ! »

-Vous qui visiblement n’avez pas besoin d’argent pour vivre.

Je ne comprends pas quelle honte il y a à vouloir gagner sa vie en faisant du cinéma. Il est tout à fait normal qu’un studio, qui est une entreprise, désire faire entrer de la monnaie pour financer ses projets futurs. Rien ne vous oblige à aller voir tous les films qui sortent au cinéma, donc à donner de l’argent à ces méchants studios capitalistes. Et puis, en quoi un crossover est-il plus honteux qu’un reboot, un remake ou une suite ?

L'affiche de Dark Knight de Nolan
« Bouuuh ! Je suis la vilaine suite du méchant reboot d’une franchise qui compte 8 films ! »

Dans ces trois cas, l’objectif est également de capitaliser sur le succès d’un premier film pour attirer les fans au cinéma et les faire dépenser le prix d’un ticket. Parfois, ça dure même sur plusieurs dizaines de films (n’est-ce pas James Bond ?). Pourtant, on a vu des films entrer dans l’une de ces trois catégories et être de vrais chefs-d’œuvre.

Juste pour illustrer ce que je dis, je pense que les Star Trek de J.J. Abrams sont un très bon reboot de la célèbre franchise, La colline a des yeux réalisé par Alexandre Aja et sorti en 2006 est un remake ultra-intelligent qui va bien plus loin que l’original, et pour les suites, les exemples sont tellement nombreux que vous en avez déjà un en tête. Pour ma part, et comme on parle des films Alien, je me contenterais d’Aliens, de James Cameron, qui est sans doute mon préféré de la saga.

AvP, le petit dernier de la famille ?

Petite question : je suis le seul ici à ne pas avoir hâte de voir Alien 5 réalisé par Neill Blomkamp ? Dans une interview, ce bon monsieur a annoncé vouloir faire table rase de Alien 3 et 4 qu’il juge, comme malheureusement beaucoup trop de gens, être indignes de porter le même nom que les opus de Ridley Scott et James Cameron. J’ai deux petits problèmes avec ça. Non seulement je trouve que les films de David Fincher et Jean-Pierre Jeunet, s’ils n’ont pas forcément le niveau des premiers, sont quand même deux excellents films de science-fiction, mais en plus, la dernière fois que quelqu’un a désiré faire la suite d’un film de SF en ignorant les suites déjà existantes, c’était pour Terminator Genysis, et je n’ai pas besoin de rappeler à quel point ce film était nul, mal écrit et ridiculement con.

Oui, Terminator 5 est con.
« Gnééé »

Ce qui fait la force, à mon sens, de la quadrilogie Alien, c’est que quatre grands réalisateurs se sont succédés, chacun pour apporter sa touche à l’univers, et pour créer ensemble une mythologie et un monde qu’aucun d’eux n’aurait pu imaginer seul.

Un couloir dans Alien.
Comment faire pour créer de la tension sans budget ? On réduit le champ de vision du spectateur avec des couloirs, c’est diablement efficace !

Ridley Scott, à l’époque fauché et contraint de tourner avec de vulgaires décors en carton, a posé les bases dans le premier film, un slasher movie intelligent et angoissant : un vrai film d’horreur, et le seul de la saga.

James Cameron arrive ensuite, et conscient qu’il ne pourra plus créer la même sensation que Ridley Scott car les spectateurs sont maintenant habitués à la créature, il décide de s’orienter vers un film d’action. La menace ne vient pas du monstre, mais du fait qu’il vive en colonie et qu’une Reine Alien ponde des œufs à longueur de journée, augmentant ainsi à chaque heure qui passe le nombre de créatures qui rodent dans les couloirs.

Dans Alien 3, le malchanceux David Fincher n’a pas réussi à s’entendre avec le studio et a été brimé pendant toute la réalisation. Il savait pourtant que le vrai ennemi dans l’univers d’Alien, ça n’est pas le Xénomorphe (qui n’est finalement qu’un animal agissant par instinct), mais la race humaine qui tente de l’exploiter à des fins financières. Ripley, l’héroïne de la quadrilogie, se retrouve enfermée au milieu de prédateurs humains dans une prison de haute sécurité tandis que l’industrie de l’armement désire récupérer un spécimen d’alien pour développer de nouveaux projets. Hollywood est cette industrie, et Fincher glisse dans ce thriller futuriste une critique de son propre monde.

Image d'Alien 4 montrant un scientifique à l'expression plus effrayante que celle d' l'Alien.
Sérieusement, avec une tête comme ça, comment vous faites pour ne pas comprendre qui est la vraie menace ?

Enfin, seul français de la saga, Jean-Pierre Jeunet continue sur la lancée  de Fincher en proposant un film d’action où il s’interroge sur ce qu’est un être humain en opposant une très humaine androïde et une monstrueuse humaine. Le monstre devient même l’allié des héros en se montrant en fin de compte, plus sensibles que les scientifiques travaillant pour l’industrie mentionnée plus haut.

Et Alien VS Predator dans tout ça ? Il ne pousse pas la réflexion très, très loin, d’accord, mais il propose de s’intéresser au côté animal du Xénomorphe et de réfléchir à travers les rites initiatiques des Predators sur le côté monstrueux de l’être humain. Le scénario n’est pas très complexe, mais il est cohérent avec les deux sagas qu’il mélange et cohérent avec lui-même. D’ailleurs, Dan O’Bannon, Ronald Shusett et Walter Hill, scénaristes et producteurs d’Alien VS Predator, sont également les scénaristes et producteurs du premier Alien. Il n’est pas forcément le plus développé d’un point de vue scénaristique, mais je défie qui que ce soit de dire qu’Alien n’est pas digne de la saga Alien.

*Insérer blague générique sur le hentai*
*Insérer blague générique sur le hentai*

Et pour finir sur la cohérence du scénario, j’aimerais rappeler que Papa Ridley en personne a réalisé Prometheus, longtemps pensé comme un prequel, puis comme une histoire indépendante mais ayant lieu dans l’univers des films Alien. J’ai tendance à être tolérant en matières de goûts et de couleurs, mais il y a une chose à propos de ce film que je ne laisse pas passer, c’est quand j’entends des gens dire qu’il est bon. Rien dans ce film n’a de sens, que ce soit mis en perspective avec les quatre longs-métrages Alien ou mis en perspective avec lui-même. La technologie est anachronique, les personnages débiles et la venue au monde du Xénomorphe ne fait aucun sens et passe par des zombies, du sperme contaminé et des poulpes dans des salles de bain.

Vous m’excuserez donc de considérer Alien VS Predator supérieur au travail récent de Ridley Scott.

Et ça m'embête de dire ça, parce que Ridley Scott a quand même fait Blade Runner...
Et ça m’embête de dire ça, parce que Ridley Scott a quand même fait Blade Runner

Mais alors, AVP, c’est bien ?

Inutile de se mentir, en regardant Alien VS Predator, vous n’assistez pas à un grand moment de cinéma. Le film est assez quelconque, voire oubliable, mais il y en a pour son argent.

Batman et Superman qui trouvaient pourtant que le titre de leur film était cool.
« Sois pas triste Batou, il peut pas dire ça pour nous… Tu dis pas ça pour nous hein ? »

Je veux dire, quelles genres d’attentes avez-vous vraiment en visionnant un long-métrage avec un titre comme ça ? Dans le meilleur des cas, on sait très bien qu’on va avoir à faire à une bonne grosse série B sans grand intérêt, mais on espère que ce sera divertissant. Totalement l’inverse du précédemment mentionné Prometheus donc, qui promettait de révolutionner l’une des plus grandes sagas de SF mais qui empruntait finalement plus d’éléments au nanar qu’au chef d’œuvre.

Un Predator superisant la construction d'une pyramide.
On ne rit pas ! Il y a des gens qui pensent sérieusement que la civilisation nous a été offerte par des extra-terrestres.

Et vous voulez savoir ce qui est drôle avec Alien VS Predator ? C’est que ça marche. J’ai passé un bon moment devant une bonne série B, à me plonger le temps d’un film dans un univers de combats tribaux entre deux races sacrées du cinéma. On retrouve avec plaisir de nombreux clins d’oeils aux films des deux séries d’origines, la mythologie mise en place passe pour peu qu’on accepte le nawak et certaines scènes d’actions sont même carrément cools.

Un hybride monstrueux entre un kebab, une pizza et un hamburger.
Sinon il y a aussi ça pour ceux qui ne parviendraient pas à choisir…

On va me dire qu’il m’en faut peu pour être satisfait, ce à quoi je vous répondrai d’aller lire mes articles sur certains des plus grands succès de ces dernières années (ici). Non, ce que j’aime avec ce film, c’est qu’il se regarde parfaitement sur un canapé, un dimanche soir un peu triste, avec un bon kebab/hamburger/chinois/morceau de pizza (rayer la ou les mentions inutiles) histoire de faire passer la morosité. Les ficelles scénaristiques sont trop grosses ? Le scénario est résumé dans le titre, je sais pas ce que vous espériez ! Les personnages sont creux ? On vous parle d’Aliens et de Predators en même temps, c’est déjà assez extraordinaire qu’un seul personnage survive à la fin, on n’est pas là pour les humains.

L'affiche du film Godzilla de 2014.
Si ce film avait suivit l’exemple d’AvP en filmant plus les combats de monstres et moins les humains, je l’aurais sans doute aimé.

Je sais que beaucoup de fans des deux univers, et surtout celui d’Alien, ont râlé et ont qualifié ce film de honte, mais j’en pense tout l’inverse. Rien ne pouvait me faire plus plaisir que de voir une Reine Alien se mettre à courir après l’héroïne à la manière d’un T-Rex dans Jurassic Park et globalement, les effets spéciaux de ce film parviennent même plus de dix ans après à satisfaire mon amour des bestioles visqueuses de l’espace.

En fait, Alien VS Predator représente ce que j’aime le plus dans certaines des plus grandes sagas du cinéma ou de la littérature : l’univers étendu. Si une œuvre est suffisamment marquante pour qu’elle inspire des générations entières de fans à créer du contenu autour de son univers, alors elle dépasse le stade d’œuvre : elle devient un mythe. Star Wars ou Harry Potter sont les deux premiers exemples qui me viennent à l’esprit quand je pense à ce concept d’univers étendu, et Alien est le troisième. Comme je l’ai dis plus haut, chacun des films est une contribution à une œuvre commune plus grande que la somme de toutes les œuvres individuelles, et Alien VS Predator, en étant l’adaptation d’une BD inspirée de films, prouve que chacun devrait être capable de créer des histoires concernant son univers de fiction préféré.

Un univers étendu, c’est un peu comme si l’art se créait de lui-même grâce à une foule de fans passionnés, et j’ai beau savoir qu’en matière d’art, il y a peu de réponses certaines, je suis persuadé qu’un art qui s’auto-génère, c’est la plus belle forme d’art qui soit.

Guillaume


Images :

Alien VS Predator, Paul W. S. Anderson, 20th Century Fox, 2004.

King Kong contre Godzilla, Ishiro Honda, John Beck etTomoyuki Tanaka, 1962.

Qui veut la peau de Roger Rabbit ?,  Robert ZemeckisTouchstone Pictures, Amblin Entertainment et Silver Screen Partners, 1988.

Sigourney Weaver telle qu’elle apparaît dans  Aliens, le retour, James Cameron, 20th Century Fox, 1986.

Predator, John McTiernan, 20th Century Fox, 1987.

The Dark Knight : le chevalier noir, Christopher Nolan, Warner Bros., 2008.

Terminator Genisys, Alan Taylor, Skydance Productions & Paramount Pictures, 2015.

Alien, la résurrection, Jean-Pierre Jeunet, 20th Century Fox, 1997.

Blade Runner, Ridley Scott, The Ladd Company, 1982.

Batman v Superman : L’Aube de la Justice, Zack Snyder, Warner Bros., 2016.

Godzilla, Gareth Edwards, Warner Bros., 2014.

8 commentaires sur « Alien vs. Predator : Et si c’était ça, la vraie suite d’Alien ? (Paul W. S. Anderson, Alien vs. Predator, 2004) »

  1. Moi le Alien de Blomkamp, je l’attend car même si je deteste pas les opus 3 et 4, Je veux revoir Hicks (le réalisateur sait ou il va lui au moins, pas comme Scott qui change d’avis toutes les deux secondes), par contre Alien Covenant me fait peur ça sent le film sans personnalité (limite un reboot du premier qui pompe sur le film de Cameron) et avec le recul je préfère revoir le premier Alien vs Predator car il est beaucoup plus cohérent avec la franchise Alien que cette escroquerie de Prometheus.

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