Pop Redemption : un film qui a tout compris ? (Pop Redemption, Martin Le Gall, 2013)

Résumé

Quatre musiciens sur le bord de la rupture artistique pour cause de « j’ai une vraie vie » redécouvrent leur amour de la musique en passant par un genre qu’ils méprisaient jusque là. Et par un festival de la fraise aussi.

Les notes du film d'aujourd'hui sur Allociné.
Les notes du film de ce vendredi soir sur Allociné.

Soyons francs et sérieux deux minutes : au départ je n’avais pas de raison particulière de parler de ce film à part le fait que j’en avais un autre de prévu, mais que je n’avais pas envie de revoir ce dernier, là tout de suite. C’est Guillaume qui m’a proposé de voir, à tout hasard, Pop Redemption, quitte à ne faire qu’un petit article dessus, juste pour dire en quoi c’est un film sympa (oui, c’est un film sympa oui). En commençant à préparer cet article, je décide de vérifier l’année de sortie du film, et je tombe sur ces notes et les commentaires qui vont avec. Je m’énerve un peu, puis je me souviens que c’est aussi pour ça qu’on a voulu créer la Question du Vendredi Soir : parce que certains films ne sont pas appréciés autant qu’ils devraient l’être selon nous. Ce n’est jamais que notre avis dans chaque article, mais comme on fait l’effort de le développer, j’estime pour ma part que cela vaut autant, et même (beaucoup) plus, que quelqu’un qui se contente de dire dans une section commentaire : « c’est pas comme ça que je le voyais, c’est nul. »

Revenons à un ton un peu plus habituel par ici. Pop Redemption, c’est le film que je n’ai pas vu avant longtemps malgré les conseils de tous mes amis métalleux, qui se trouvaient avoir été au Hellfest pendant le tournage en 2012 et qui jusqu’à il y a peu pensaient être aperçus dedans en train de se recoiffer (mais en fait ils n’y sont pas). Quelle n’est donc pas ma surprise quand je vois pas mal de personnes qui se réclament de la communauté métalleuse cracher dessus, parce que « c’est pas vraiment métal »… Mon avis dessus ?

Je demanderai juste à tout le monde de relire bien trois fois le titre du film et de me dire qui a compris « Plein de métal partout avec des bonasses à poil et de la bière, ambiance fin de festival complètement bourré. » Personne ? Merci.

Une bonne comédie française

L'affiche du film "Aladin" avec Kev Adams
Franchement, l’affiche a tellement des relents d’Iznogoud que j’ai envie de dire qu’effectivement, « is no good ».

C’est dur à imaginer ça non ? On a subi plusieurs vagues Dany Boon, Franck Dubosc, Kad Merad, et on est en plein Kev Adams au cinéma. Sans parler de catastrophes majeures, on se contentera de dire que clairement, c’est juste bien pour passer le temps en bouffant du pop-corn, mais surtout parce qu’il y a du pop-corn à la clef en fait. Les anciens citent toujours La Grande Vadrouille et le Gendarme de Saint-Tropez, mais à part ça, rien. Le vide (sauf Alain Chabat quand même, #Bisous sur lui). Bienvenue chez les Ch’tis, et c’est à peu près tout ce dont on entend parler.

« Mais Bienvenue chez les Ch’tis c’est super bien, ça montre aux gens que le Nôôôrd c’est bien et que les gens ils sont gentils ! »

– Ta mère.

"Hein oui t'es con le Ch'ti, hein ?" "LOOOOOL J'suis trop un teubé en fait mdr !" - la véritable histoire de Bienvenue chez les Ch'tis.
« Hein oui t’es con le Ch’ti, hein ? » « LOOOOOL j’suis trop un teubé en fait mdr ! »
– la véritable histoire de Bienvenue chez les Ch’tis.

Peut-être, si on veut. Moi j’ai surtout retenu que quoi qu’il arrive ils parlent bizarre et que donc, par conséquent, c’est lol. Enfin je n’ai pas trouvé le film particulièrement drôle, et je ne trouve pas qu’il réussisse très bien à dire « les gens du Nord sont comme tout le monde. » C’est plutôt « Regarde comment le gars du Sud il peut trop bien s’intégrer aux gens bizarres qui vivent au Nord tout en restant normal. »

Là où Pop Redemption arrive bien à montrer que les métalleux sont des gens comme les autres. Non, vous n’avez pas besoin d’un sonotone, j’ai bien dit : comme les autres. Oui, même ceux qui refusent le plus ce genre d’idées absolument révoltantes parce que non, ce sont des rebelles, autre chose que le métal c’est de l’hérésie musicale, plutôt crever que  de s’habiller autrement… Un peu comme Alex, le personnage de Julien Doré dans le film, en fait, mais j’y reviendrai un peu plus tard.

Des métalleux dans une voiture : ça à des gens normaux dans une voiture. C'est tout.
Des métalleux dans une voiture : ça ressemble à des gens normaux dans une voiture. C’est tout.
"Mais non t'es pas juste un connard comme tant d'autres. T'es un homme malheureux et torturé, voilà pourquoi tu te comportes comme un connard comme tant d'autres."
« Mais non t’es pas juste un connard de citadin. T’es un homme malheureux et torturé, voilà pourquoi tu te comportes comme un connard de citadin. »

Contrairement à beaucoup de comédies faites en France qui prônent la tolérance, l’acceptation des différences, et veut le faire avec humour, Pop Redemption parvient effectivement à faire passer cette idée, là où d’autres films se contentent de faire des blagues plus ou moins moisies en pointant du doigt les défauts des uns et des autres, pour juste se contenter d’un câlin général à la fin. Ca ou alors il y a le côté de gentils et le côté des méchants, en mode bonne morale manichéenne qui n’avance à rien – mais en fait les méchants sont pas vraiment méchants, c’est juste qu’ils sont malheureux, roh la la, il n’y a pas de méchant au pays de la comédie.

« A moins de faire preuve de mauvaise foi, tu pourras pas dire que Pop Redemption ne finit pas sur une morale de ‘tout le monde il est gentil’. »

– Sûrement pas vous.

Eux aussi c'était le concert de leur vie, faut pas croire !
Eux aussi c’était le concert de leur vie, faut pas croire !

Non, sauf qu’on ne part pas non plus de l’idée qu’il y a les gentils et les méchants / malheureux. Déjà, pour changer, on suit ceux que l’on pense communément comme différents – enfin, je dis on, vous comprenez l’idée, c’est un on de généralité, je ne m’inclue pas dedans. Ils nous arrivent dans le film en pleine répétition : ce sont les premiers personnages que l’on voit. Ils sont notre point de repère dans le film et notre norme. Ce sont en fait les personnages qui gravitent autour qui peuvent sembler étranges, à commencer par les collègues gendarmes de Martine, qui ont l’air incompétents et plus préoccupés par leur fanfare que par leur métier, ce qui les rapproche d’ailleurs un peu de nos héros en un sens – et pour autant, ils ne sont pas plus incompétents que nos quatre métalleux, quand on y regarde, et ils ne les poursuivent (plus ou moins) que parce qu’ils font leur travail – pas juste parce qu’ils sont méchants et tout le tralala. De même, contrairement à beaucoup d’autres films, il n’y a pas de la part des gendarmes ou des enquêteurs de « Pardon, nous avions tort de vous poursuivre, ah la la, allez, on trinque et on en parle plus ! »

Arthur et la Dame du Lac, un fanfiction réalisée.
Arthur et la Dame du Lac, une fanfiction réalisée.

Non. A la fin, la punition flotte toujours au-dessus de la bande. On ne sait pas ce qu’ils deviennent, mais on sait qu’ils ne vont pas échapper à Alexandre Astier aussi facilement – même s’il a réussi à pécho grâce à eux.

C’est en tout cela que je trouve que c’est une comédie française qui s’élève un cran au-dessus du reste : c’est drôle, même si on est pas absolument plié en deux, et cela qu’on soit métalleux ou pas je pense…

« Moi je suis métalleux et j’ai pas trouvé ça drôle. »

– Un goujat qui me coupe la parole.

"Tu dis ce que tu veux, moi c'est vraiment le film qui me met dans l'ambiance des vacances."
« Tu dis ce que tu veux, moi c’est vraiment le film qui me met dans l’ambiance des vacances. »

Et moi je suis métalleuse et j’ai trouvé ça drôle. On a peut-être juste pas le même humour, tout comme on écoute peut-être pas les mêmes groupes. L’idée c’est qu’il n’y a pas qu’un groupe de personnes qui soit visé par le film. On aurait pu avoir un film qui n’est drôle que pour les adeptes de Black Metal, et pas du tout pour les autres. Ou un film qui n’est drôle que pour les étrangers au métal, et pas pour les métalleux. Ou juste drôle pour les métalleux parce que c’est une série de blagues sur le Hellfest. Mais non. Ce n’est pas le film de la private joke, et ce n’est pas pour autant le film de l’humour à Jackie et à sa femme Jackie qui aiment bien regarder Camping à chaque début de vacances, histoire de s’ambiancer.

Une déclaration d’amour à la musique

On dirait un métalleux au Hellfest, dans les champs pareil, sauf que soit il est arrivé le premier, soit il est pas sur le camping.
On dirait quand même un métalleux fraîchement arrivé au Hellfest, dans les champs pareil, sauf que soit il est arrivé le premier, soit il est pas sur le camping.

Ce qui fait également de Pop Redemption une bonne comédie à mes yeux, c’est que le film n’existe pas juste pour faire rire. Le problème que j’ai avec les comédies françaises en général, c’est que j’y vois une succession de sketches sans grand intérêt, autour d’un même thème assez vague, et avec en tête d’affiche des humoristes populaires du moment pour attirer le public. En tête par exemple, j’ai le dernier Robin des Bois, dont je n’ai vu que la bande annonce qui était déjà assez pitoyable pour que je n’aie pas à me farcir le film avec ça. Le décalage blague – époque du film, c’est bien à condition que l’humour du film ne repose pas là-dessus. Et puis « Belle Marianne est moche lol », déjà l’idée n’est pas hilarante, et en plus ils n’ont même pas fait l’effort de rendre l’actrice qui l’interprète moche. Bref, typiquement un film qui n’aurait pas du voir le jour, l’idée étant aussi bonne que celles qu’on peut avoir après une soirée bien arrosée au cours d’une phrase qui commence par « ce serait marrant si… »

Dans le cas du film qui nous intéresse vraiment ce soir, disais-je, il ne s’agit pas simplement de faire rire. Je pense que c’est une déclaration d’amour à la musique, et même pas juste au métal avec ça.

La chanson qui commence à jouer dans votre tête là tout de suite résulte d'une fusion entre le métal et le rap.
La chanson qui commence à jouer dans votre tête là tout de suite résulte d’une fusion entre le métal et le rap.

Le métal, je dirais que c’est un point culminant, si l’on peut dire. Il n’y a pas plus extrême, et il n’y a pas plus vibrant – j’ai beau avoir été malade comme c’est juste pas permis, le Hellfest reste probablement l’endroit où j’ai eu le plus l’impression de ressentir la musique, presque de comprendre ce que ça pouvait faire. D’autant plus que le métal est un point de rencontre entre plusieurs genres, comme le film en fait le résumé au moment où Julia (la fille métalleuse de Martine la gendarme) explique l’histoire de son style musical de prédilection à sa mère, et il ne disparaissent jamais tout à fait. Même maintenant que le métal n’a plus de preuves à faire pour se définir comme style musical, d’autres genres apportent encore leur pierre à l’édifice. Par exemple le groupe Rage Against The Machine (que vous avez TOUS entendu à la fin de Matrix, et si vous n’avez pas vu Matrix, arrêtez la lecture de cet article, vous reviendrez plus tard), pour lequel le rap est un apport important qui s’entend encore. Epica prend beaucoup à la musique classique, Simone Simons demeurant une chanteuse d’opéra de formation. Les influences de musique celtique citées dans le film sont toujours très remarquables dans un groupe tel qu’Eluveitie. Et ce sont trois groupes qui ont déjà été entendus au Hellfest auparavant – Epica pas plus tard qu’en juin 2015.

Ozzy "The Prince of Darkness" Osbourne avec un top à franges de hippie, vous ici ?
Ozzy « The Prince of Darkness » Osbourne avec un top à franges de hippie, vous ici ?

Je ne vois donc pas pourquoi la pop devrait ne rien amener du tout au métal. Sérieusement, je pense que « I love Strawberries » des Dead MaKabés (la chanson titre du film, par notre groupe de héros) ne ferait pas tache au Hellfest. Ceux qui y sont allés ont quand même pu constater qu’on y voit et qu’on y entend absolument de tout, faites pas genre vous seriez étonnés, puis choqués et déçus si des gars en costumes bariolés entraient sur scène pour chanter ça. Ca ferait peut-être plus rire que grawler, mais ça ne provoquerait pas des commentaires du type « C’est honteux, » « il faut les interdire, » « n’importe quoi, » « c’est pas du métal, » « c’est pas métal, » « c’est nul… »

Contrairement à cet homme qui ne se nourrit que de sa propre oeuvre, laquelle retombe comme un soufflé froid, au bout de vingt ans.
Contrairement à cet homme qui ne se nourrit que de sa propre oeuvre, laquelle retombe comme un soufflé froid de vingt ans.

L’idée avec ce titre pop, c’est que trois des musiciens du groupe qui étaient fâchés avec le métal à force de toujours en jouer, et Alex qui leur en parle à chaque fois qu’ils se voient et ne parle jamais d’autre chose, finissent par aimer à nouveau la musique. Le métal avec, évidemment, puisque cela fait partie intégrante de la musique, mais ils avaient besoin d’entendre et de faire autre chose. Ce qui n’est pas une première dans le milieu, puisque de vrais groupes de la vie réelle confient eux-mêmes ne pas écouter que du métal, surtout en tournée. John 5 (ancien guitariste et compositeur de Marilyn Manson, maintenant chez Rob Zombie), fait partie de ces musiciens qui pensent qu’un artiste s’étouffe s’il fréquente toujours le même type d’œuvre, et même le même type d’art – et il admet donc écouter bien souvent autre chose que du métal. Parce que le métal n’est pas la seule musique au monde. De même que le jazz ne l’est pas, ou le rap, ou le blues, ou la pop, ou n’importe. Ca peut être la seule musique de votre monde, il n’y a aucun mal à cela, mais un musicien par contre peut difficilement s’arrêter à un seul genre à mon sens.

"Et maintenant je vous propose une reprise au clavecin de 'Concatenation' de Meshuggah..."
« Et maintenant je vous propose une reprise au clavecin de ‘Pussy’ de Rammstein… »

Et là je pense très très très fort à Alexandre Astier qui, on le sait tous, joue du Bach au clavecin et à la perfection, mais qui est également un appréciateur (et défenseur) du métal, dans lequel il trouve quelque chose de « sain et de sensuel. » Donc si on peut être ouvert d’esprit dans ce sens, je ne vois pas pourquoi un métalleux ne saurait être ouvert d’esprit dans l’autre sens. Et c’est justement un autre point intéressant du film.

Le passage à l’âge adulte

Ceci dit ils ont quand même la classe.
Ceci dit ils ont quand même la classe.

On se pose deux minutes et on réfléchit : quatre mecs. Dans un groupe formé pendant leur adolescence. L’un a une femme et tient un resto ; un autre est père au foyer. Il y en a un qui a juste les mêmes préoccupations dans la vie qu’un étudiant gratteux en soirée. Le dernier est toujours dans le même délire qu’à ses quinze ans, ne vit que pour son groupe, pense encore que ça va décoller – il n’y a que sa grand-mère malade qui le sorte de son univers de noir et de faux sang le temps qu’il s’en occupe.

Bon j'avoue elle est encore bien peu maquillée et il lui manque deux-trois piercings. Et pour un Hellfest elle est trop habillée aussi.
Bon j’avoue elle est encore bien peu maquillée et il lui manque deux-trois piercings. Et pour un Hellfest elle est trop habillée aussi.

Le parallèle est bien fait entre ce personnage, qui est Alex, et Julia, la fille de la gendarme. Le premier a trente ans, l’autre en a quinze, mais les deux sont extrêmes dans leur façon de vivre et de penser le métal, puisqu’il n’y a que ça qui compte à leurs yeux – et ça implique de vivre le cliché à fond. Pour ma part je pense que ce côté très cliché chez ces deux personnages en particulier est totalement intentionnel, malgré ce que j’ai pu lire comme critiques : spoiler, il y a vraiment des gens comme ça, qui se cherchent encore une identité et qui donc vivent le cliché à fond. C’est assez typique de l’adolescence au final.

L'expression même du plaisir. Pour un métalleux.
L’expression même du plaisir. Pour un métalleux.

Sauf que si Julia a le droit de rester une adolescente à la fin du film, nos joyeux drilles de trente ans doivent grandir. Même ceux qui voulaient quitter le groupe du fait du caractère extrême d’Alex y ont le droit, et chose appréciable, grandir ne veut absolument pas dire abandonner le métal et se ranger. Ce sont même leurs épouses qui les encouragent à rester passionnés, en leur disant que c’est aussi pour ça qu’elles les aiment. Pas pour les cheveux longs, les fringues noirs, la musique, mais parce qu’ils ont cette passion en eux, retrouvée en jouant de la pop à la fête de la fraise. Ils s’affirment sur la scène du Hellfest, en rejouant ce morceau (qui, je le rappelle, se nomme « I love Strawberries »), et ils assument : cette fois la guitare noire n’est pas cachée sous une étoffe colorée, et la saturation est de mise. Et Alex y prend part, et prend visiblement plus de plaisir à chanter qu’il n’en a pris auparavant alors qu’il forçait ses musiciens à jouer des morceaux qui ne leur parlaient tout simplement plus.

N'empêche au Hellfest des gens comme eux on les prend en photo et on les trouve cools. Comme ceux déguisés en Power Rangers et en Jésus.
N’empêche au Hellfest des gens comme eux on les prend en photo et on les trouve cools. Comme ceux déguisés en Power Rangers et en Jésus.

D’ailleurs Alex lui-même change, quand bien même il l’admet moins facilement que ses amis. La mort de sa mère-grand n’y est pas pour rien : le porteur de croix de Saint-Pierre et adepte de rituels satanistes (s’ils en sont vraiment) qu’il est entre dans une église en apprenant la nouvelle, ce qui est déjà un pas de sa part. Il y vit une drôle d’inversion : là où il a toujours été le type en noir au milieu de gens en couleurs, il est le gars qui se ramène en chemise à fleurs et pantalon jaune au milieu de personnes en noir, puisqu’elles sont à un enterrement. Et pourtant il n’est pas rejeté par eux, de même qu’il n’est pas rejeté non plus au Hellfest, ni lui ni son groupe, alors qu’ils sont loin d’être habillé comme tout bon métalleux qui veut se faire bien voir de ses congénères festivaliers – t-shirt de groupe, bracelets noirs avec ou sans pointes, cheveux longs et emmêlés si possible. Comme quoi l’habit ne fait vraiment pas le métalleux.

Et on notera qu'en plus pour nous, le pentagramme est inversé, mais pas pour Alex. #SymboleCompteDouble
#GrannyLove, la prochaine chanson des Dead MaKabés ?

Le film se finit sur les quatre hommes allant sur la tombe de la grand-mère d’Alex. Celui-ci décide d’y déposer son crucifix favori. A la caméra, le crucifix nous apparaît à l’envers, donc comme symbole satanique, tout ce qu’on veut. Sauf que pour lui, Alex le dépose à l’endroit, dans le sens d’une croix chrétienne régulière. Peut-être par respect pour sa grand-mère, mais aussi je pense parce qu’il a grandi.

Le sataniste du grenier a compris qu’il était temps de cesser d’être un ado en crise, et plutôt que de crier sur les toits que personne ne le comprend, essayer de comprendre les autres, et même de respecter leurs choix.

En plus Martine ressemble à Simone Simmons. Fallait que ça sorte.
#MummyHug, le troisième titre des Dead MaKabés

Et comme ce film est bien fait, il n’y a pas qu’Alex qui comprenne cela : Martine comprend également mieux sa fille Julia à la fin du film, parce qu’elle a accepté d’écouter ce que sa métalleuse de fille avait à lui dire, là où jusqu’ici elle ne faisait qu’ignorer ce qu’elle pensait être une expression de sa rébellion adolescente.

Je reviens donc au titre : Pop Redemption. La rédemption par la pop. Qu’ont dont sauvé nos quatre musiciens ? Leur amour de la musique, leur bonheur familial et personnel, leurs relations avec les autres. Leur goût pour le métal aussi, qui demandait de passer par un autre genre pour se renouveler, comme je le disais plus haut.

Ainsi donc, je ne demanderai à personne d’aimer ce film, ou sa bande originale, ou ses acteurs, ou la vision qu’il donne du métal, qui effectivement n’est pas complète. Juste de réaliser, comme le disait le poète, que

« des fois quand même on est bien couillons : à croire qu’on est toujours les seuls à avoir raison, on va finir chacun chez soi comme des cons. »

– Usul du 3615

Et OUI, des fois il y a des Power Rangers au Hellfest.
Et OUI, des fois il y a des Power Rangers au Hellfest.

Crédits images

Arthur Benzaquen, Les Nouvelles Aventures d’Aladin, Pathé Distribution, 2015.

Dany Boon, Bienvenue chez les Ch’tis, Pathé, Hirsch, Les Productions du Chicon, TF1 Films Production, 2008.

Martin Le Gall, Pop Redemption, Les Films d’Avalon, 22h22, 2013.

Fabien Onteniente, Camping, Alicéleo, France 2 Cinéma, France 3 Cinéma, Pathé, 2006.

Andy & Lana Wachowski, Matrix, Warner Bros, Village Roadshow Pictures, Groucho II Film Partnering, Silver Pictures, 1999.

Photo d’Ozzy Osbourne en concert trouvée à l’adresse https://www.pinterest.com/pin/221943087856052858/

Photo de Tim Burton trouvée à l’adresse http://1001celebrites.fr/wp-content/images-celebrites2/tim-burton/Tim-Burton1.jpg

Alexandre Astier, Que ma joie demeure !, Universal Pictures, 2012.

Photo des Power Rangers du Hellfest par Ronan Thenadey, Hellfest 2014.

3 commentaires sur « Pop Redemption : un film qui a tout compris ? (Pop Redemption, Martin Le Gall, 2013) »

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