Terminator Genisys – Le Billet du Mercredi

Si vous avez lu tous nos articles, vous avez peut-être repéré que nous sommes de grands fans d’Arnold Schwarzenegger et notamment de la saga Terminator. Ce n’est pas tant que nous le considérons comme un grand acteur, mais il nous est extrêmement sympathique et nous fait très souvent rire. Autant vous dire que nous n’avons pas réfléchi bien longtemps avant d’aller voir Terminator Genisys, ni avant de décider d’écrire ce billet.

Arnold Schwarzenegger au volant d'un camion, se retourne en souriant de toutes ses dents.
Oui, Papy Schwarzy a l’air content d’être là.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Alan Taylor, réalisateur de cet opus, est un fan de la première trilogie et de ce vieil Arnold. Le personnage de ce dernier, nommé « Papy » en raison de ses cheveux grisonnant, est un grand robot sympathique qui tente de s’adapter à la vie humaine. Les situations sont nécessairement amusantes et certaines images grotesques font rire. Le pire, c’est qu’il est évident que Schwarzenegger lui-même s’amuse et c’est un plaisir à regarder.

Les références (volontaires ou non) aux trois premiers films sont d’ailleurs nombreuses (un peu trop peut-être ?). Scénario oblige, une partie du film se déroule pendant le premier Terminator. Plutôt que de changer le point de vue, Alan Taylor a choisi de refilmer les scènes de l’original à l’identique (plan par plan). Les événements s’étant déroulés comme ils se sont déroulés, il est facile de comprendre que les plans soient les mêmes pour insister sur le côté immuable du passé. On reprochera cependant de retrouver trop de ces plans ainsi que trop de répliques tirée directement des premiers opus. Certaines, cultes, sont présentes dans tous les films et servent de signature, mais d’autre paraissent catapultée plus par fan-service que par réelle nécessité.

A gauche, le vrai Schwarzy de 1984, à droite le Schwarzy en images de synthèse de 2015.
A gauche, le vrai Schwarzy de 1984, à droite le Schwarzy en images de synthèse de 2015.

#GameOfSpoils (ça tombe bien, il y a Daenerys) : l’excellent Terminator 2 a également été une source d’inspiration importante pour l’écriture de la relation entre le personnage du Terminator et Sarah Connor. La relation au père est ici développée, le fils laissant cette fois place à la fille. Dommage que Sarah Connor, femme forte légendaire du cinéma d’action, ne soit traitée dans cette relation que comme une jeune adolescente surprotégée par son papa-poule du futur. #FinDuSpoil

Affiche du film avec Sarah et John Connor, Kyle Reese, et le personnage interprété par Matt Smith.
Le film s’essaie au voyage dans le temps et l’espace, mais pour un résultat en demi-teinte. Ce devait être compliqué, même avec un Docteur.

Enfin, difficile de ne pas penser à Terminator 3, malheureusement pas pour les meilleures raisons, mais pour les scènes d’action et de course-poursuite un peu trop longues et beaucoup trop nombreuses. Là où les deux premiers films se concentraient sur les rapports entre les personnages et leur anxiété de ne pas savoir où frappera l’ennemi la prochaine fois,  il y a ici peu de place au développement. Les seuls essais de scénario sont d’ailleurs peu convaincants (pour ne pas dire totalement absurdes et incohérents). Le film voulant apporter sa touche à une histoire pourtant bouclée (littéralement) s’accroche à la trilogie comme une excroissance étrange et disgracieuse. On finit par explorer des continuums temporels parallèles et on est aussi perdu que les personnages. C’est le danger avec le voyage dans le temps : chaque changement créé plusieurs univers de possibilités et explorer chacun d’entre eux n’est pas nécessairement pertinent.

Ce film parait donc être un hybride dérangeant entre fan-service et comédie de SF, ce qui est totalement assumé selon Alan Taylor puisque de son propre aveux, lui non plus n’a pas compris l’histoire, mais ça n’est pas grave puisqu’il y a des blagues…

Ceci dit, on ne peut pas dire qu’il ne faut pas aller le voir pour plusieurs raisons.

Sarah Connor pointe un pistolet sur John, à ses côtés Kyle Reese et le Terminator.
#QuandTonFilsParleMalASonPapy

Déjà parce qu’il a quand même réussi à créer encore un nouveau Terminator, peut-être encore plus dangereux pour l’humain que tous ceux créés auparavant, puisqu’il le touche beaucoup plus directement que lorsqu’il se contente de le terminer. Il y a des scènes qui font sourire, comme ce moment où John Connor débarque de nulle part, apprend à Kyle Reese qu’il est son fils en l’appelant « Papa » (alors que John Connor fait facilement vingt-cinq ans plus vieux que Reese), pour voir débarquer « Papy » dans la foulée.

Autre bonne idée : adapter le film à des problématiques plus actuelles, autrement dit l’hyper-connectivité. Une grande partie de l’intrigue se déroule en 2017, et on voit des personnes dépendantes de leur téléphone. La timeline ayant changé, c’est ainsi que Skynet sera déclenché en 2017 : il est caché sous le programme Genisys, que tout le monde s’arrache comme des iPhones, et… On ne sait pas trop comment ça lance des ogives nucléaires et pourquoi il en a besoin. Mais même si c’est au final survolé, il faut le dire : c’est beaucoup, beaucoup mieux géré qu’Ultron. Du moins on a pas le temps d’être déçus, puisque c’est en trois minutes, là où Ultron on passe trois heures dessus à comprendre que les scénaristes n’ont RIEN compris. Bref, revenons à nos organismes cybernétiques.

Si vous ne connaissez pas encore Terminator, c’est sûrement une bonne façon d’être introduit à cet univers ; vous ne saisirez peut-être pas les clins d’œil (encore que, ils sont tous tellement cultes déjà…), mais tout est expliqué. Pareil, si vous êtes un gros fan inconditionnel peu regardant, ça vous conviendra.

Arnold Schwarzenegger dans Terminator 3, avec des lunettes de soleil à paillettes en forme d'étoile, qui regarde vers la caméra.
Pour résumer : si cette image vous a fait bondir de votre siège pour l’arracher et le jeter au hasard dans la salle, n’allez pas voir Terminator Genisys.

Ou alors vous avez aimé la trilogie originale – bien que le 3 soit plutôt meh – mais vous êtes curieux, ce qui est bien, et vous y allez pour passer un bon moment, sans vous attendre à revivre la claque Terminator 2.

Sinon, vous pouvez aussi y aller juste pour espérer voir Emilia Clarke à nouveau toute nue, mais autant vous le dire tout de suite : Khal Reese ne lui fait pas assez d’effet pour ça. Tant pis pour vous, petits voyeurs.

Extrait de Game of Thrones, Emilia Clarke (Daenerys) avec son dragon Drogon sur l'épaule.
Du coup, on sait son avis pour les mecs. Reste à savoir si elle préfère garder ses dragons ou les échanger contre un bon vieux Terminator des familles. #TeamTerminator

Guillaume & Manon.

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Images

Terminator Genisys, Alan Taylor, Skydance Productions & Paramount Pictures, 2015.

Terminator, James Cameron, Hemdale Film Corporation, Pacific Western Productions, Euro Film Funding & Cinema 84, 1984.

Terminator 3, Jonathan Mostow, C-2 Pictures, Intermedia Films, IMF Internationale Medien und Film GmbH & Co. 3. Produktions KG, Mostow/Lieberman Productions, 2003.

Game of Thrones S1E10, Alan Taylor, HBO, 2011.

5 commentaires sur « Terminator Genisys – Le Billet du Mercredi »

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